Le livre de Job vengé des interprétations fausses et impies de m. Ernest Renan

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C. Douniol, 1860 - 85 pages
 

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Page 81 - ... ce que la raison détruit ou laisse crouler. Grâce à cette révélation sans équivoque ni obscurité , nous affirmons que celui qui aura choisi le bien aura été le vrai sage. Celui-là sera immortel; car ses œuvres vivront dans le triomphe définitif de la justice, le résumé de l'œuvre divine qui s'accomplit par l'humanité.
Page 19 - Salan est sans contredit celui qui a le plus gagné au progrès des lumières et de l'universelle civilisation. Il s'est adouci peu à peu dans son long voyage depuis la Perse jusqu'à nous; il a dépouillé toute sa méchanceté d'Ahrimane.
Page 6 - Mais jamais la position si éminemment poétique de l'homme en ce monde, sa mystérieuse lutte contre une force ennemie qu'il ne voit pas, ses alternatives également justifiées de soumission et de révolte, n'ont inspiré une plainte si éloquente. La grandeur de la nature humaine consiste en une contradiction qui a frappé tous les sages et a été la mère féconde de toute haute pensée et de toute noble philosophie ; d'une part, la conscience affirmant le droit et le devoir comme des réalités...
Page 77 - L'avenir de l'homme individuel n'est pas devenu plus clair , et peut-être est-il bon qu'un voile éternel couvre des vérités qui n'ont leur prix que quand elles sont le fruit d'un cœur pur. Mais un mot que ni Job ni ses amis ne prononcent a acquis un sens et une valeur sublimes : le devoir, avec ses incalculables conséquences philosophiques, en s'imposant à tous, résout tous les doutes, concilie toutes les oppositions et sert de base pour réédifier ce que la raison détruit ou laisse crouler....
Page 65 - Trois mille ans ont passé sur le problème agité par les sages de l'Idumée, et, malgré les progrès de la méthode philosophique, on ne peut dire qu'il ait fait un pas vers sa solution. Envisagé au point de vue des récompenses ou des châtiments de l'individu, ce monde-ci sera un sujet de dispute éternelle, et Dieu infligera toujours d'énergiques démentis aux maladroits apologistes qui voudront défendre la Providence sur cette base désespérée. Le scandale qu'éprouvait le psalmiste en...
Page 14 - ... tranchante qui prétend imposer silence aux doutes de la raison par des réponses d'une apparente clarté. La contradiction, en de pareilles matières, est le signe de la vérité; car le peu qui se révèle à l'homme du plan de l'univers se réduit à quelques courbes et à quelques nervures, dont on ne voit pas bien la loi fondamentale et qui vont se réunir à la hauteur de l'infini.
Page 57 - ... et de Job ne préoccupent-ils le peuple qu'aux moments où il n'a pas une vue très-claire de ses devoirs. Nulle trace d'un tel doute chez les prophètes. On ne le trouve que chez les sages, presque étrangers au grand esprit théocratique et à la mission universelle d'Israël. Aux époques mêmes où les Juifs imposèrent leur pensée au monde, peut-on dire que ce soit par l'immortalité philosophique qu'ils aient consolé l'homme et l'aient élevé à l'héroïsme du martyre? Non certes. La...
Page 81 - Car, je le sais, mon vengeur existe, Et il apparaîtra enfin sur la terre. Quand cette peau sera tombée en lambeaux, Privé de ma chair, je verrai Dieu '. Je le verrai par moi-même ; Mes yeux le contempleront, non ceux d'un autre ; Mes reins se consument d'attente au-dedans de moi.
Page 19 - Milton comprit enfin ce pauvre calomnié et commença la métamorphose que la haute impartialité de notre temps devait achever. Un siècle aussi fécond que le nôtre en réhabilitations de toutes sortes ne pouvait manquer de raisons pour excuser un révolutionnaire malheureux, que le besoin d'action jeta dans les entreprises hasardées.
Page 4 - ... il faut le restituer par la pensée à la race qui l'a créé et dont il est la plus parfaite expression. Nulle part la sécheresse, l'austérité, la grandeur qui caractérisent les œuvres originales de la race sémitique ne se montrent plus à nu. Pas un moment, dans ce livre étrange, on ne sent vibrer les touches fines et délicates qui font des grandes créations poétiques de la Grèce et de l'Inde une si parfaite imitation de la nature; des côtés entiers de l'âme humaine y font défaut;...

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