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grecque, et de la rhétorique, les réflexions, les avis de ce célèbre professeur consacrent cette méthode; et non seulement il invite à la suivre, mais même, en plusieurs endroits (1), il demande « des Recueils de morceaux choisis, soit « en latin, soit en français, des livres compo« sés exprès qui épargnent aux maîtres beau« coup de peine pour feuilleter tant de volumes, « et aux élèves des frais considérables pour se

procurer. » Cette autorité, déjà si imposante, de Quintilien, de Rollin, et de tant d'habiles professeurs, sanctionnons-la, pour ainsi dire,

, pour ainsi dire, rendons-la décisive par celle de Nicole (2). On sait qu'il possédait aussi parfaitement le grec et le latin que notre langue. Voici comme il s'exprime sur l'enseignement en général et les différentes thodes d'instruction : « Il ne faut jamais per« mettre que les enfans apprennent rien par « coeur qui ne soit excellent; c'est pourquoi c'est « une fort mauvaise méthode que de leur faire « apprendre des livres entiers, parce que tout « n'est pas également bon dans les livres. On

(1) Traité des Etudes, tom. I et II, passim.

(2) A ce nom, qu'on ajoute ceux de Bossuet et de Fénelon : mêmes principes sur les Extraits et Morceaux choisis, dans l'instituteur du Dauphin, et dans celui du Duc de Bourgogne. D'Aguesseau en reconnait également l'utilité, dans ses Instructions sur les Etudes du Jeune Orateur.

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« pourrait néanmoins excepter Virgile du nom« bre des auteurs dont il ne faut apprendre que « des parties, ou au moins quelques livres de « Virgile, comme le Ilo, le IV et le VI de « l'Enéide. Mais, pour les autres auteurs, il « faut user de discernement; autrement, en con« fondant les endroits communs avec ceux qui « sont excellens, on confond aussi leur jugea ment. Il faut donc choisir dans Cicéron, dans « Tite-Live, dans Tacite, dans Sénèque, cer« tains lieux si éclatans, qu'il soit important de a ne les oublier jamais. Il faut user de la même « réserve dans la lecture des poëtes, tels que « Catulle, Horace, Ovide, Sénèque, Lucain, « Martial, Stace, Claudien, Ausone.

« Cet avis est de la plus grande importance, « et n'a pas seulement pour but de soulager la a mémoire des enfans, mais aussi de leur former

l'esprit et lestyle. Carles choses qu'on apprend « parcæur s'impriment dans la mémoire, et sont « comme des moules ou des formes

que
les

pen« sées prennent lorsqu'ils les veulent exprimer; « de telle sorte que lorsqu'ils n'en ont que d'ex« cellens, il faut, comme par nécessité, qu'ils

s'expriment d'une manière noble et élevée(1).»

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(1) Cette dernière idée est évidemment celle de Quintilien dans ces deux phrases: Optimis assuescent, et habebunt intra se quod imitentur. Etiam non sentientes, formam orationis illam quam mente penitùs acceperint , expriment.

Des vues si justes, si naturelles, et dont l'exécution était impérieusement réclamée par la raison et l'expérience, pour le plus grand bien des études, ont fixé toute notre attention. Nous nous sommes attachés à les remplir avec l'intérêt et le soin dus à l'importance de leur objet. Rien n'a été omis surtout pour rendre ce Recueil dignede l'approbation publique et de l'éducation nationale. Nous espérons qu'il laissera peu

à désirer pour l'utilité, la variété, l'agrément et la disposition des matières.

Nous avons profité de l'avantage inestimable d'une position à laquelle rien n'était à comparer pour la perfection de notre travail. Ce Recueil, en général, embrasse l'ensemble des deux plus beaux siècles de notre littérature, et il en est, pour ainsi dire, l'abrégé. C'est une espèce de Muséum ou d'Elysée français, où nos meilleurs orateurs, historiens, philosophes et poëtes, semblent se réciter entre eux, ou lire à la jeunesse les endroits de leurs écrits qu'ils ont travaillés avec le plus d'intérêt, qui leur plaisent à eux-mêmes davantage pour la pensée, le style, le goût et la morale.

Nous avons multiplié, autant qu'il a été en nous, les rapprochemens, les sujets de comparaison , les oppositions, les contrastes dans les choses, dans les personnes, etc. en mettant les écrivains qui traitent d'objets semblables, ana

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logues ou contraires, en opposition les uns avec les autres, et quelquefois le même auteur avec lui-même, pour comparer le génie, le talent, et faire sentir les ressources inépuisables de l'expression et de la pensée. Ces rapprochemens, ces contrastes , si magiques , si pittoresques dans la nature et dans les arts, ont dans les lettres le même charme, la même puissance, et sont dans l'enseignement, par leur agrément, leur utilité, un des moyens d'instruction les plus féconds et les plus heureux.

Pour répandre sur cet ouvrage le charme et le prix d'une plus riche variété, nous avons réuni aux auteurs fameux qui ne sont plus , les auteurs vivans dont les talens sont depuis longtemps consacrés par la gloire, et même ceux dont le nom, jeune encore, est déjà inauguré par elle à la célébrité.

En cela, nous n'avons fait aussi que nous conformer aux principes et aux idées des maîtres de l'art, Le Batteux (1), Rollin, etc. Ce dernier recommande « de lire aux jeunes gens les meil« leurs ouvrages français, de faire un recueil « des plus beaux endroits , où l'utilité et l'agré« ment se trouvent ensemble, qui leur plairont « infiniment par l'élégance du style et la variété

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(1) « Mon ouvrage, dit-il, sera réellement celui des « bons auteurs morts ou vivans, plutôt que le mien. » Cours de Belli:s-Lettres, distribué par exercices, tom. Ier.

« des matières, et leur feront connaître les sa« vans de notre langue qui ont travaillé à la « porter à ce point de perfection où nous la « voyons, et qui ont fait tant d'honneur à la « France par leur profonde érudition et par « leurs curieuses découvertes en tout genre de « sciences. Il me semble que l'Université de « Paris, la plus ancienne et comme la mère et « la source de toutes les autres Académies, doit « s'intéresser d'une manière particulière à leur

gloire, qui rejaillit sur elle, et met le comble « à la sienne (1). » Et de toutes parts il cite pour modèles, en différens genres, des morceaux extraits indistinctement d'auteurs morts ou vivans.

Chaque morceau de ce Recucil, en offrant un exercice de lecture soignée, de mémoire, de déclamation, d'analyse, de développement oratoire, et de critique, est en même temps une leçon de vertu, d'humanité ou de justice, de religion, de dévouement au Prince et à la

patrie, de désintéressement ou d'amour du bien public, etc. Tout, dans ce Recueil, est le fruit du génie, du talent, de la vertu ; tout y respire et le goût le plus exquis et la morale la plus pure. Pas une pensée, pas un mot qui ne convienne à la délicatesse de la pudeur et à la dignité des meurs. Cette lecture, pleine de charme et d'in

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(1) Traité des Études , tom. Ies, Langue française.

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