Choix d'éloges couronnés par l'Académie Française: composé des Éloges de Marc-Aurèle, d'Aguesseau, Dugnuay-Trouin et Descartes, par Thomas; de La Fontaine et Moliére, par Chamfort; de Fénélon, Racine et Catinat, par Laharpe; de Suger, Fontenelle et Montausier, par M. Garat, et de Louis XII, par Noel : précédé de l'Essai sur les Éloges par Thomas, Volume 1

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Chaumerot, 1812 - French literature
 

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Page 251 - Tertullien, parce qu'il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps : il devient un je ne sais quoi, qui n'a plus de nom dans aucune langue; tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux...
Page 253 - Jouissez, prince, de cette victoire; jouissez-en éternellement par l'immortelle vertu de ce sacrifice. Agréez ces derniers efforts d'une voix qui vous fut connue. Vous mettrez fin à tous ces discours. Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant je veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte; heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une voix...
Page 252 - Jetez les yeux de toutes parts : voilà tout ce qu'a pu faire la magnificence et la piété pour honorer un héros ; des titres, des inscriptions, vaines marques de ce qui n'est plus; des figures qui...
Page 250 - Job; avec ces rois et ces princes anéantis, parmi lesquels à peine peut-on la placer, tant les rangs y sont pressés, tant la mort est prompte à remplir ces places.
Page 253 - Pour moi, s'il m'est permis, après tous les autres, de venir rendre les derniers devoirs à ce tombeau, 6 prince, le digne sujet de nos louanges et de nos regrets! vous vivrez éternellement dans ma mémoire : votre image y sera tracée, non point avec cette audace qui promettait la victoire; non, je ne veux rien voir en vous de ce que la mort y efface; vous aurez dans cette image des traits immortels...
Page 250 - Turenne meurt : tout se confond, la fortune chancelle, la victoire se lasse, la paix s'éloigne, les bonnes intentions des alliés se ralentissent, le courage des troupes est abattu par la douleur et ranimé par la vengeance; tout le camp demeure immobile.
Page 253 - Il ne s'abandonne jamais ; il n'a aucun de ces mouvements qui annoncent que l'orateur s'oublie , et prend parti dans ce qu'il raconte. Son défaut est de toujours écrire , et de ne jamais parler. Je le vois qui arrange méthodiquement une phrase , et en arrondit les sons. Il marche ensuite à une autre ; il y applique le compas , et de là à une troisième. On remarque et l'on sent tous les repos de son imagination : au lieu que les discours de son rival, et peut-être tous les grands ouvrages...
Page 395 - Marc-Aurèle ! ô mon fils ! permets ce nom à un vieillard qui t'a vu naître , et qui t'a tenu enfant dans ses bras ; songe au fardeau que t'ont imposé les dieux ; songe aux devoirs de celui qui commande , aux droits de ceux qui obéissent. Destiné à régner , il faut que tu sois ou le plus juste ou le plus coupable des hommes...
Page 105 - On l'a blâmé, on le blâmera encore. Je ne l'accuse, ni ne le justifie : je remarquerai seulement que plus un peuple a de vanité au lieu d'orgueil, plus il met de prix à l'art important de flatter et d'être flatté ; plus il cherche à se faire valoir par de petites choses au défaut des grandes, et plus il est blessé de cette franchise altière, ou de la naïve simplicité d'une âme qui s'estime de bonne foi, et ne craint pas de le dire. J'ai vu des hommes s'indigner de ce que Montesquieu...
Page 373 - Marc-Aurèle eut en horreur cette justice tyrannique, qui met la volonté d'un homme à la place de la décision de la loi; qui fait dépendre ou d'une surprise ou d'une erreur la vie et la fortune d'un citoyen; dont les coups sont d'autant plus terribles, que souvent ils sont sourds et cachés ; qui ne laisse que sentir au malheureux le trait qui le perce, sans qu'il puisse voir la main d'où il part; ou qui , le séparant de l'univers entier, et ne le condamnant à vivre que pour mourir sans cesse...

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