Mémoires de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans, Volume 19

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Page 168 - Et puis ose accuser le destin d'injustice Quand tu vois que les tiens s'arment pour ton supplice, Et que, par ton exemple à ta perte guidés, Ils violent des droits que tu n'as pas gardés!
Page 176 - Je suis maître de moi comme de l'univers ; Je le suis, je veux l'être. O siècles ! ô mémoire ! Conservez à jamais ma dernière victoire : Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux De qui le souvenir puisse aller jusqu'à vous. Soyons amis, Cinna; c'est moi qui t'en convie...
Page 174 - D'un étrange malheur son destin le menace, Si, pour monter au trône et lui donner la loi, Tu ne trouves dans Rome autre obstacle que moi ; Si jusques à ce point son sort est déplorable, Que tu sois, après moi, le plus considérable, Et que ce grand fardeau de l'empire romain Ne puisse, après ma mort, tomber mieux qu'en ta main. Apprends à...
Page 168 - Punissons l'assassin, proscrivons les complices. Mais quoi ! toujours du sang, et toujours des supplices! Ma cruauté se lasse, et ne peut s'arrêter ; Je veux me faire craindre, et ne fais qu'irriter.
Page 170 - Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose Observe exactement la loi que je t'impose : Prête, sans me troubler, l'oreille à mes discours; D'aucun mot, d'aucun cri, n'en interromps le cours; Tiens ta langue captive; et si ce grand silence A ton émotion fait quelque violence, Tu pourras me répondre après tout à loisir : Sur ce point seulement, contente mon désir.
Page 172 - Écoute cependant, et tiens mieux ta parole. Tu veux m'assassiner, demain, au Capitole, Pendant le sacrifice, et ta main pour signal Me doit, au lieu d'encens, donner le coup fatal ; La moitié de tes gens doit occuper la porte, 1485 L'autre moitié te suivre et te prêter main-forte.
Page 164 - La vostre vous a conseillé de me tuer sans m'ouïr, n'ayant receu de moy aucune offencé, et la mienne me commande que je vous pardonne, tout convaincu que vous estes de m'avoir voulu homicider sans raison.
Page 174 - Mais tu ferais pitié, môme à ceux qu'elle irrite, Si je t'abandonnais à ton peu de mérite. Ose me démentir, dis-moi ce que tu vaux ; Conte-moi tes vertus, tes glorieux travaux, Les rares qualités par où tu m'as dû plaire, Et tout ce qui t'élève au-dessus du vulgaire.
Page 163 - Des dieux que nous servons connais la différence : Les tiens t'ont commandé le meurtre et la vengeance ; Et le mien , quand ton bras vient de m'assassiner , M'ordonne de te plaindre et de te pardonner.
Page 174 - C'est elle qu'on adore, et non pas ta personne; Tu n'as crédit ni rang qu'autant qu'elle t'en donne ; Et pour te faire choir je n'aurais aujourd'hui Qu'à retirer la main qui seule est ton appui. J'aime mieux toutefois céder à ton envie : Règne, si tu le peux , aux dépens de ma vie...

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