Essai sur les pensées et la correspondance de J. Joubert

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Didier, 1877 - 244 pages

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Popular passages

Page 220 - ... dix heures et demie. Je ne sais pas s'il ya couché. Il y était attablé le lendemain jeudi. Ceci est sûr, car j'y ai dîné avec lui. Ce jour-là, ils se sont encore promenés seuls pendant toute la soirée, car ils n'étaient pas rentrés à dix heures. Je ne sais pas ce qu'ils ont fait hier. Voilà le bulletin exact de tout ce que j'ai vu. Quant à ce que j'ai entendu, je puis vous assurer qu'ils rient aux grands éclats, comme des fous, et qu'ils ne parlent pas trop comme des sages. C'est...
Page 74 - La pudeur est on ne sait quelle peur attachée à notre sensibilité, qui fait que l'âme, comme la fleur qui est son image, se replie et se recèle en elle-même, tant qu'elle est délicate et tendre, à la moindre apparence de ce qui pourrait la blesser par des impressions trop vives ou des clartés prématurées. De là cette confusion qui, s'élevant à la présence du désordre, trouble et mêle nos pensées, et les rend comme insaisissables à ses atteintes. De- là ce tact mis en avant de...
Page 198 - Je ne vous ai pas encore parlé de ma bonne et pauvre mère. Il faudrait de trop longues lettres pour vous dire tout ce que notre réunion me fait éprouver de triste et de doux. Elle a eu bien des chagrins, et moi-même je lui en ai donné de grands, par ma vie éloignée et philosophique. Que ne puis-je les réparer tous, en lui rendant un fils à qui aucun de ses souvenirs ne peut reprocher du moins de l'avoir trop peu aimée!
Page 211 - Adieu, s'écriait-il en finissant, adieu, cause de tant de peines, qui avez été pour moi si souvent la source de tant de biens. Adieu ! conservez-vous, ménagez-vous, et revenez quelque jour parmi nous, ne fût-ce que pour me donner un seul moment l'inexprimable plaisir de vous revoir.
Page 126 - ... des connaissances, la singularité des faits, la nouveauté même des découvertes ne sont pas de sûrs garants de l'immortalité. Si les ouvrages qui les contiennent ne roulent que sur de petits objets, s'ils sont écrits sans goût, sans noblesse et sans génie, ils périront, parce que les connaissances, les faits et les découvertes s'enlèvent aisément, se transportent, et gagnent même à être mis en œuvre par des mains plus habiles. Ces choses sont hors de l'homme ; le style est l'homme...
Page 231 - Je voudrais qu'ils pussent penser à moi, au sein de leurs plus vives joies, sans qu'elles en fussent troublées, et qu'à table même, au milieu de leurs festins, et en se réjouissant avec des étrangers, ils fissent quelque mention de moi, en comptant parmi leurs plaisirs le plaisir de m'avoir aimé et d'avoir été aimés de moi. Je voudrais avoir eu assez de bonheur et assez de bonnes qualités pour qu'il leur plût de citer souvent...
Page 182 - Austrasie, tolérant en Allemagne : si, dis-je, la patrie avait produit un écrivain de ce caractère, je suis persuadé qu'en faveur de ses talents on ferait grâce aux travers de son esprit et aux vices de son cœur...
Page 30 - Chaque jour il faut le prier, attacher sa pensée sur cette lumière qui épure, sur ce feu qui consume nos corruptions, sur ce modèle qui nous règle, sur cette paix qui calme nos agitations, sur ce principe de Mit être qui ravive notre vertu.
Page 172 - C'est un écrivain supérieur — et en littérature c'est tout dire. Mais, quoi qu'on en dise, ce n'est point un écrivain inimitable : il n'y en a point. Pradon a fait beaucoup de vers pareils aux siens.

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