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Corrompre le peuple est l'affaire, la grande affaire maintenant. A l'église et dans les écoles, on lui enseigne l'hypocrisie, authéâtre l'ancien régime et toutes ses ordures.On lui tient prêtes des maisons où il va pratiquer ces leçons.

En Angleterre tout au contraire, les caricatures et les farces se font contre les grands, livrés à la risée du peuple qui conservé ses mæurs et corrige la cour.

-Un homme que j'ai vu , arrive d'Amérique. Il y est resté trois ans sans entendre parler de ce que nous appelons ici l'autorité. Nul ne lui a demandé son nom , sa qualité, ni ce qu'il venait faire, ni d'où , ni pourquoi, ni comment. Il a vécu trois ans sans être gouverné, s'ennuyant à périr. Il n'y a point là de salons. Se passer de salons, impossible au Français , peuple éminemment courtisan. La cour s'étend partout en France; le premier des besoins c'est de faire sa cour. Tel brave à la tribune les grands , les potcntats, et le soir devant..... s'indine profondément, n'ose s'asseoir chez......, qui lui frappe sur l'épaule et l'appelle mon cher. Que de maux naissent, dit Labruyère, de ne pouvoir être seul.

- A Boulogne-sur-Mer, M. Léon de Chanlaire avait établi une école d'enseignement mutuel, dans une salle bâtie

par avec beaucoup de dépenses. Là, trois cents

lui exprès

enfants apprenaient l'arithmétique et le des* sin. Les riches paient pour

les

pauvres, et de ceux-ci cinquante se trouvaient habillés sur la rétribution des autres; tout allait le mieux du monde. Ces cnfants s'instruisaient et n'étaient point fouettés. Les frères ignorantins qui fouettent et n'instruisent pas, ont fait fermer l'école, et de plus ont demandé que la salle de M.de Chanlaire leur fût donnée par les jésui: tes, maîtres de tout; Chanlaire est accouru ici pour parler aux jésuites et défendre son bien. (Nota, que toute affaire se décide à Paris; les provinces sont traitées comme pays conquis); il va voir Frayssinous qui lui répond ces mots : Се que j'ai décidé, nulle puissance au monde ne le saurait changer. Parole mémorable et digne seulement d'Alexandre ou de lui.

Tous ces célibataires fouettant les petits garçons et confessant les filles, me sont un peu suspects. Je voudrais que les confesseurs fussent au moins mariés ; mais les frères fouetteurs, il faudrait, sauf meilleur avis; les mettre aux galères , ce me semble. Ils cassent les bras aux enfants qui ne se laissent point fouet. ter. On a vu cela dans les journaux de la semaine passée. Quelle rage! Flagellandi tàm dira cupido.

Un Anglais m'a dit : Nos ministres ne valent pas mieux que les vôtres. Ils corrom.

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pour

pent la nation pour le gouvernement, récompensent la bassesse, punissent toute espèce de générosité. Ils font de fausses conspirations, où ils mettent ceux qui leur déplaisent, puis de faux jurys pour juger ces conspirations. C'est tout comme chez vous. Mais il n'y a point de police. Voilà la différence.

Grande, très-grande cette différence à l'avantage de l'Anglais. La police est le plus puissant de tous les

moyens inventés rendre un peuple vil et lâche. Quel courage peut avoir l'homme élevé dans la peur des gendarmes , n'osant ni parler haut, ni bou. ger sans passeport, à qui tout est espion, et qui craint que son ombre ne le prenne au collet?

Pour faire fuir nos conscrits, les Espagnols n'ont qu'à s'habiller en gendarmes.

Quaud Marchangy voulut parler aux députés, il fut tout étonné de se voir contredit et perdit la tête d'abord. Il lui échappa de dire , croyant être au Palais : Qu'on le raie du tableau ; en prison les perturbateurs ; M. le président, nous vous requérons..... Plaisante chose qu’un Marchangy à la tribune, sans robe et sans bonnet carré ; mais avec son bonnet..... Jefferies , Laubardemont ! Il sera, dit-on, réélu et songe à exclure les indignes.

Les journaux de la cour insultent le duc d'Orléans. On le hait; on le craint; on veut

le faire voyager. Le roi lui disait l'autre jour Eh bien, M. le duc d'Orléans , vous allez donc en Italie ? Non pas , Sire, que je sache. Mon Dieu si , vous y allez ; c'est moi qui vous le dis , et vous m'entendez bien. Non , Sire, je n'entends point , et je ne quitte la France que quand je ne puis faire aulrement.

Ce Deffiat, député en ma place , est petit-fils de Ruzé Deffiat qui donna l'eau de chicorée à Madame Henriette d'Angleterre. Leur fortune vient de là. Monsieur récompensa ce serviteur fidèle. Monsieur vivait avec le chevalier de Loraine , que Madame n'aimait pas. Le ménage était trouble. Def. fiat arrangea tout avec l'eau de chicorée. Monsieur, depuis ce temps, eut toujours du contre-poison dans sa poche, et Deffiat le lui fournissait. Ce sont là de ces services que les grands n'oublient point , et qui élèyent une famille noble. Mon remplaçant n'est pas un homme à donner aux princes , ni poison, ni contre-poison ; il ferait quelques quiproquo. C'est une espèce d'imbécille qui sert la messe, et communie le plus souvent qu'il peut. Il n'avait , dit-on , que cinquante voix dans le collége électoral : ses scrutateurs ont fait le reste. J'en avais deux cent vingt connues.

L'empereur Alexandre a dit à M. de Châteaubriand : Pour l'intérêt de mon peu

ple et de ma religion, je devais faire la guerre au Turc; mais j'ai cru voir qu'il s'agissait de révolution entre la Grèce et le Turc: je n'ai point fait la guerre. J'aime bien moins mon peuple et ma religion , que je ne hais la révolution, qui est proprement ma bête noire. Je me réjouis que vous soyez venu; je voulais vous conter cela. Quelle confidence d'un empereur ! Et le romancier qui publie cette confidence ! Tout dans son discours est bizarre.

Il entend sortir les paroles de la bouche de l'empereur. On entend sortir un carosse ou des chevaux de l'écurie; mais qui diantre entendit jamais sortir des paroles ? Et que ne dit-il: Je les ai vu sortir, ces paroles, de la bouche de mon bon ami qui a huit cent mille hommes sur pied ? cela serait plus positif, et l'on douterait moins de sa haute faveur à la cour de Russie.

Notez qu'il avait lu cette belle pièce aux dames ; et quand on lui parla d'en retrancher quelque chose, avant de la lire à la Chambre , il n'en voulut rien faire, se fondant sur l'approbation de madame Récamier. Or, dites maintenant qu'il n'y a rien de nouveau. Avait-on vu cela ? Nous citons les An. glais : Est-ce que M. Canning , voulant

parler aux Chambres, de la paix , de la guerre, consulte les ladys , les mistriss de la cité?

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