Page images
PDF
EPUB

VOCABULAIRE PSYCHOLOGIQUE.

L'écueil le plus sérieux que puisse rencontrer la psychologie dans ses efforts vers une reconstitution devenue nécessaire tient, sans contredit, au manque de précision des expressions dont elle se sert.

Non-seulement le sens de ces expressions n'est plus tout à fait le même que celui d'autrefois, mais encore il est rare que, de nos jours, deux intelligences emploient le même mot dans un sens identique.

De là les dissentiments fréquents qui surgissent entre penseurs; de là les critiques plus ou moins fondées; de là, enfin, le manque d'unité dans des efforts qui tendent néanmoins à un même but.

Ce mal n'est pas nouveau, puisque Bacon en signalait déjà les premiers symptômes å ses contemporains; mais il est arrivé de nos jours à un développement compromettant.

Le seul moyen, à notre avis, de remédier à cet état de choses, doit consister à ramener chacune des expressions psychologiques à son phénomène physiologique correspondant.

Le lecteur s'apercevra que, dans toutes les questions étudiées par nous, cette pensée n'a pas cessé de nous préoccuper. Chaque expression, en effet, a été pesée, examinée, et soumise à la pierre de touche de l'interprétation physiologique. Néanmoins, nous avons pensé qu'il ne serait pas inutile de fixer, dans une sorte de vocabu

laire, le sens précis que, selon nous, on devrait toujours accorder à un certain nombre d'expressions employées en psychologie.

Acquisitions cérébrales. - | groupe pour réunir ensemble Toutes les choses qui restent toutes les activités qui concourent gravées dans notre esprit et qui au développement et à la constisont susccptibles de réapparaitre tution de l'instrument cérébral. A dans le centre de perception sont ce point de vue seul le langage est des acquisitions cérébrales. Les une activité fondamentale. Voy. perceptions simples ne sont pas p. 137. des acquisitions. Pour qu'une perception reste un fait acquis, il

Activité fonctionnelle.- L'acfaut qu'elle soit imprégnée de tivité fonctionnelle représente l'activité psychique. Après cette | l'âme exerçant ses pouvoirs fonimprégnation la perception cons damentaux aux conditions phytitue un composé d'acte et de per siologiques qui se résument dans ception qui porte le nom de no le mot fonction. Voir ce mot tion. Toute acquisition cérébrale et aussi page 135. est une notion sensible ou une notion intelligente. L'idée, cons

Activité motrice. – L'activité tituée en partie par le mot, est motrice est un des pouvoirs fonclassée à l'état de notion intelli

damentaux de l'âme. L'âme est gente. Voir page 97 et suivantes. essentiellement et directement mo

trice. Par son action immédiate Activités fondamentales.-Les sur la matière du corps, elle le activités fondamentales sont des meut. Pour se rendre bien compte activités fonctionnelles que nous de l'étendue de ce pouvoir il faut avons désignées sous les noms de le considérer dans ses rapports notions sensibles et notions intel- avec la vie intime des organes et ligentes, mouvements instinctifs | avec la vie fonctionnelle. Dans le et mouvements intelligents, mé- | premier cas, elle provoque les moire et, par extension, langage. mouvements qui constituent la Ces activités se distinguent des chimie du corps vivant. Dans le autres activités fonctionnelles par second elle provoque les mouveleur simplicité et leur irréductibi- | ments particuliers et propres à lité. En effet, la notion, le mouve- | chaque fonction, ment, la mémoire, le mot, se trou Dans le cerveau seulement elle vent mêlés à toute activité fonc- provoque des mouvements qui ont tionnelle, tandis que, dans la no. le caractère conscient. Que ces tion, dans le mouvement, dans la mouvements soient instinctifs ou mémoire, on ne trouvera aucune intelligents, ils n'en sont pas autre activité fonctionnelle. moins conscients.Voy. Conscience

A ce point de vue le langage | sensible et Conscience intelligente, n'est pas positivement une acti

p. 367. vité fondamentale, car on trouve L'activité motrice est commune chez lui les autres activités : no å l'animal et à l'homme ; mais tions, mouvement, mémoire; mais l'homme seul provoque des mounous l'avons introduit dans ce vements intelligents parce que lui

seul peut s'inspirer, en les provo- | nature de leurs produits, c'est-àquant, de la notion intelligente. dire par la notion sensible et par Voy. p. 169.

la notion intelligente. Quand l'ac

tivité sensible ne recueille,par son Activité psychique. - L'ac

activité, que les caractères sensitivité psychique est l'acte du prin

bles pour constituer une notion cipe de vie sur la matière du

sensible, elle est activité sensible. corps. Il suit de là qu'il y a au

Quand elle recueille, par son actant de modes d'activité que d'or

tivité, les caractères intelligents ganes, car l'acte varie d'expression

pour constituer la notion intelliselon les organes. Cette activité

gente, elle est tout à la fois actiest incessante depuis la naissance

vité sensible et activité intellijusqu'à la mort; elle est la vie.

gente. Chez l'animal le principe de Considérée dans le cerveau,

vie n'est capable que de l'activité l'activité psychique se montre à

sensible; il ne montre jamais le nous sous forme d'activité sen

caractère intelligent. sible et intelligente, et sous forme

Voir le mot Sensibilité et p. 122. d'activité motrice. La première correspond à la sensibilité et à l Ame. – Dans l'antiquité le l'intelligence des auteurs. Nous / motame était employé comme adoptons la dénomination d'acti- synonyme de principe de vie ; rité sensible pour éloigner de mais, comme on acceptait difficil'esprit du lecteur toute idée qui

| lement l'idée que c'est la même pourrait faire considérer, comme | âme qui préside indistinctement on le fait souvent, la sensibilité à tous les phénomènes de la vie, comme un principe passif. Voir

on surajoutait à cette âme une page 121.

âme plus élevée, le vows, affecL'activité psychique, dans ses tée spécialement aux choses de rapports avec le fonctionnement la pensée. du cerveau, est soumise à l'inter Cette manière de voir laissait vention du besoin et de l'excitant la porte ouverte à l'équivoque par fonctionnel. Voir page 116. son manque de précision. Nous

disons aujourd'hui que le corps Activité sensible. - L'activité

est un composé de matière anisensible est un des pouvoirs fon

mée par un principe de vie. C'est damentaux de l'âme. L'âme est | | ce principe qui communique à la sensible par essence et non par matière du corps les propriétés le fait d'un mécanisme physiolo- diverses que nous lui connaissons; gique. L'âme ne manifeste ce pou | mais si la matière a besoin, pour voir que dans un seul organe : l étre vivante, d'être unie à ce prindans les couches optiques. Partout cipe, ce dernier ne manifeste ses ailleurs elle est activité non sen- divers pouvoirs qu'à la faveur des sible. Voy. le mot Sensibilité et variables constitutions et disposip. 122.

tions de la matière. C'est ainsi Chez l'homme, l'activité sensible que le principe de vie ne perçoit est en même temps activité intel.que dans le cerveau; c'est ainsi ligente. L'homme ne peut pas qu'il ne fait de la bile que dans le sentir sans intelligence et il ne foie; c'est ainsi qu'il ne fait des peut pas être intelligent sans contractions que dans les mussentir. On distingue ces deux at- cles. L'âme est donc répandue tributs du même pouvoir par la dans tout le corps, et tout mouve

ment de ce dernier est un acte | leur produit; il y a tension foncde l'âme.

tionnelle; de lå l'impression qui Dans le cerveau, dans ses rap- i provoque dans les couches optiports avec les éléments nerveux, ques le sentiment de besoin. Le l'âme accomplit des actes qui jus- i besoin peut être défini : un appel tifient les noms d'intelligence, 1 adressé à l'activité psychique par d'intellect ou d'entendement qu'on un organe, dans le but d'attirer lui donne parfois. Mais ces actes, le concours général de la vie en qui deviennent conscients et rolon- , rue de la réalisation de sa destitaires, à la faveur d'un mécanismenée physiologique particulière. La qu'il fallait déterminer, n'en sont nature physiologique du besoin pas moins accomplis par la même autorise à le designer, dans tous âme. Dans le cerveau, l'âme per les cas, sous le nom de besoin de coit le sensible et l'intelligent, fonctionner, qui exprime exacteelle se souvient et elle meut la ment tous les caractères du bematière du corps. En conséquence soin. Les besoins sont le point de de ces pouvoirs fondamentaur, départ de l'activité psychique. elle devient, par son activité, dme Voy. p. 45 et 118. consciente, dme volontaire, dme pensante, âme raisonnable.

Centre de perception. – Au Dans ses rapports avec les or- point de vue organique, le centre ganes de la vie de nutrition, l'âme

de perception est le point du cermanifeste d'autres pouvoirs. Ici

veau où viennent aboutir toutes elle se présente avec les attributs

les fibres sensitives et où se déved'un principe de vie formateur; loppe le phénomène-perception. Ce elle préside en effet au dévelop

point est représenté par un orpement et à l'entretien des or gane désigné sous le nom de couganes.

ches optiques. Pour se faire une Dans ses rapports avec les or- | juste idée de la manière dont se ganes de la vie de reproduction, développe en nous le sentiment l'âme se montre avec les attributs

que nous avons de notre unité d'un principe fécondant et repro percevante, il faut voir ce que ducteur.

nous disons sur ce sujet page 42. L'âme est donc le principe de vie lui-même, manifestant des

Conscience. – La conscience pouvoirs différents selon les or

n'est pas une faculté ni un pringanes qu'elle anime. Voir, pour

cipe psychique distinct : c'est une la constitution de l'âme, p. 527.

notion qui représente un certain

mode d'activité fonctionnelle de Besoin. — Le besoin est une | l'âme. Ce mode d'activité nous manière de sentir particulière procure le sentiment de notre dont la cause réside dans chacun unité, de notre individualité en des organes de la vie. Tous les tant qu'être percevant et en tant organes, sans exception, fournis qu'étre agissant. sent un produit de leur vie parti | Il faut distinguer la conscience culière destiné à concourir à l'une | sensible de la conscience intellides trois destinées de l'être vi gente, la conscience simple de la vant : s'entretenir, établir des re conscience réfléchie, raisonnée; lations et se reproduire. Lorsque cette dernière se produit avec ces produits tardent à être utili- l'aide indispensable du langage. ses, les organes sont remplis de 1 Voy. p: 367.

Douleur. – La douleur est le de la triple destinée de l'étre visentiment qui accompagne l'ac- vant : s'entretenir en état, étacomplissement irrégulier de toute blir des relations, se reproduire. fonction. Ce sentiment, comme le Voy. p. 20. sentiment de plaisir, ne se développe qu'à l'occasion de l'activité

Imagination. – L'imagination fonctionnelle. Voy. p. 67.

est une notion qui représente un

mode special de penser. On pense Facultés de l'ame.-On désigne dans le sens de l'imagination sous ce nom les pouvoirs qui dé toutes les fois que, sans se préoccoulent immédiatement de la na cuper de reviser le classement ture de l'âme. Jusqu'ici on a mal général des connaissances, ou déterminé ces pouvoirs ou facul d'acquérir une notion nouvelle, on tės. En général, on a confondu

laisse la pensée libre d'évoquer les vrais pouvoirs avec de simples dans le champ de la mémoire des modes d'activité. C'est ainsi que notions ou des idées, pour établir la conscience, la volonté, la pen entre ces divers éléments des sée, l'imagination, la raison en rapports artificiels destinés à leur acte, sont des modes d'activité donner un semblant de succesdont nous avons déterminé le mé sion logique. En imaginant, la canisme. Par conséquent, on a eu pensée s'exerce, non au point de tort de les considérer comme des vue du développement de l'esfacultés fondamentales de l'âme. I prit, mais au point de vue de son

Pour être dans le vrai, il ne | propre agrément. Voy. p. 412. faut appliquer le mot faculté qu'aux pouvoirs qui font partie

Intelligence. – L'intelligence de l'essence même de l'âme. Ces

représente le voūs impérissable pouvoirs sont :

d'Aristote. Avant d'agir, l'intelli10 Percevoir le sensible et l'in gence est une pure faculté, un telligent;

entendement pur, elle n'est rien 20 Mouvoir la matière du corps;

avant d'avoir connu. Telle est la 30 Acquérir et conserver les

définition d'Aristote. Pour Desconnaissances.

cartes, l'intelligence est une faCes trois pouvoirs représentent culté spirituelle qui connait par bien les puissances irréductibles elle-même. C'est l'entendement de l'âme et n'empruntent rien à pur d'Aristote. Cette méme faculté l'activité fonctionnelle. Cette acti prend le nom d'imagination, souvité n'est pour elles que l'occa

venir ou sens, selon les fonctions sion de se manifester au dehors.

| particulières auxquelles elle s'apIl n'en est pas de même des pou plique voirs qu'on avait désignés jusqu'ici On voit, d'après ces définitions, sous le nom de facultés.

que l'intelligence est loin d'être

définie d'une manière précise. Fonction. -- La fonction réside | L'intelligence ne peut être que essentiellement dans les mouve le principe de vie lui-même, proments à la faveur desquels les voquant, dans ses rapports avec produits de la vie d'un organe | les éléments cérébraux, certains sont expulsés de ce dernier pour modes d'activité qui sont la caracapporter leur concours aux pro téristique même de l'intelligence. duits de la vie des autres orga- | C'est par ces modes que le prinnes, en vue de l'accomplissement I cipe de vie montre qu'il est intel

« PreviousContinue »