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cher de trois jours avec Mylord Elc. : ... ? Je ne vous dirai point le couplet par respect pour le Prophète Fonas, qui se trouve un peu mêlé dans cette afaire; mais l'anecdote est füre , & vous pouvez l'ajouter à vos Mémoires pour servir à l'Histoire des Filles d'Opéra.

SARDANA PALE,tragédie nouvelle, qu'on jouera ici pour la première fois le trois de ce mois, paroitra longue au Parterre, & ne fera point achevée par les Acteurs. J'en suis d'autant plus fâché que la Pièce est d'un jeune Poëte. Je vous le nommerai la pres mière fois qu'il réussira.

LE T

L ET TRE LXXVIII.

Réponse de Londres à quelques ar

ticles des Lettres 73. & 74.

Londres, 15. Juin, 1751.

QUAN

UAND est- donc, Monsieur, que

vous me dirés votre dernier mot sur les nouvelles Observations de Mr. l’Abbé de Mably? Je les ai lues d'un bout à l'autre en vous attendant, & je ne sais si la crainte d'être injuste ne vous a point un peu trop prévenu en faveur de quelqu'un que vous n'aimés pas; non que son ouvrage ne m'ait paru comme à vous profondément réfléchi & plein de grandes vues: ce qui m'en plait davantage c'est fa manière ingénieuse d'indiquer les remè

des

des posibles (a), les moïens qui dans telle ou telle circonstance auroient pu empêcher en tout, ou en partie, la corruption des mours & du Gouvernement. J'aime son idée sur Mithridate, (b) qui à la place d'Antiochus, & sur tout uni avec Annibal, · auroit abîmé les Romains; mais l'un ne fut pas Roi, & l'autre arriva trop tard. La bonne chimère que fa Monarchie universelle ! (c) Qu'il s'élève aujourd'hui en Europe une puisance dont les forces soient supérieures à celles de chaque Etat en particulier , & qui les surpasse tous par la bonté de fa discipline militaire & par son expérience à la guerre; que cette Puissance toujours conduite par les mêmes principes, ne se laissant éblouir par ses

Succès,

(a) Voïez page 92. Ière. Partie, page 237. Ière. Partie, &c.

(6) Vores page 187. 2de. Partie.
(6) Voiez pages 62. & 63. 2de. Partie.

Succès, ni abattre par ses revers, ait la constance de ne jamais renoncer á ses entreprises, & la sagelle hardie de préférer une ruine entière à une paix qui ne seroit pas glorieuse; & l'on verra bientôt disparoitre ces ligues, ces confédérations, ces alliances qui confervent à chaque Etat fon indépendance. C'est un fophisme , n'est-ce pas ? Il falloit dire , & l'on verra ou périr cette Puisance, ou disparoitre ces ligues, &c. La réflexion que l'Auteur ajoute sur les deux ressorts de la politique moderne, ne redresse point son raisonnement, & le succès des Romains dans l'ancienne Italie ne prouve autre chose que la différence totale de la politique d'alors à celle de nos jours.

Ce n'est pas la seule fois que j'ai cru l'avoir surpris en défaut de juster

se:

se: mais après y avoir réfléchi il s'est presque toujours trouvé que c'étoit moi qui avois tort. Est-ce encore ma faute, s'il me paroit dur à lire, sec, froid, fans élégance & fans génie de détail ? Beaucoup de travail & point de façon; tout m'occupe & rien ne me récrée dans cette lecture; il y à (d) plus de pensées dans (e) Mr. de Montesquieu, il m'en fait naitre davantage, & je le lis plus vîte.

Je ne suis pas non plus tout-à-fait de votre avis sur les considérations de Mr. Duclos. Ce n'est pas un penseur ni comme Mr. de Montesquieu , ni comme Mr. de Mably; il n'a guère que les deux premiers coups d'oii, pas toujours justes, & rarement en

grand

(d) Mais moins de suite,

(c) Dans les Considérations sur les causes de la grandeur & de la décadence des Romains,

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