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CHEZ FIRMIN DIDOT FRÈRES, LIBRAIRES,
IMPRIMEURS DE L'INSTITUT DE PRANCE,

RUE JACOB, No 56.

M DCCC XLIII.

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OEUVRES DE P. CORNEILLE.

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PRÉFACE DE L'ÉDITEUR. pour etre insérée dans l'Histoire de l'Académie': mais

pour compléter cette vie, nous avons cru devoir y joindre, sous le titre de Supplément, quelques faits relatifs à Corneille, et recueillis pour la plupart dans les écrits de ses con

temporains. Publier aujourd'hui les Euvres de Corneille, ce n'est pas

Il est presque inutile d'ajouter que nous n'avons cité aules reproduire telles qu'elles ont été livrées pour la première

cune des corrections adoptées par des comédiens qui se fois au public par Corneille lui-même, puisque, dans la suite, il leur a fait subir de nombreuses corrections ; ce n'est pas vés sans doute, s'ils se rappelaient que Baron ayant osé

croient plus délicats que le public; ils seraient plus résernon plus les reimprimer telles qu'elles existent dans les édi- changer quelques vers de Nicomède, fut interrompu par le Lions de 1660 et 1663, car le texte de ces éditions, d'ailleurs

parterre, qui répéta sur-le-champ et tout haut la véritable incomplètes, a également éprouvé plusieurs rectifications

leçon : hommage éclatant qui vengeait Corneille des atteintes importantes; ce n'est pas enfin faire reparaître l'édition don

de la médiocrité, et faisait le plus bel éloge de ses ouvranée par Thomas Corneille en 1692 : quoiqu'elle soit revêtue

ges, puisqu'il prouvait que les vers mêmes qu'on croyait de la formule banale, revu et corrigé par l'auteur, il est

susceptibles d'être corrigés étaient dans la mémoire de tous constant que, depuis la mort de son frère, Thomas Corneille

les spectateurs. L'admiration et le respect de la postérité sont a introduit, soit dans le texte, soit dans la coupe des scènes, éternellement acquis à ce génie puissant qui prépara la plus quelques changements et quelques modifications'.

belle époque de notre histoire ; à cet écrivain fécond qui Pour retrouver le texte de Corneille, il faut le chercher

mit en jeu sur la scène toutes les passions du cæur humain; dans l'édition de 1682, la dernière qu'il ait revue, et la

à ce poëte sublime qui sut réunir l'énergique et savante seale qui contienne tout son théâtre : c'est celle que nous

précision de Tacite à la noble et belle simplicité de Malherbe; avons suivie. Quelques négligences typographiques, faci

à cet homme prodigieux enfin, a véritablement né pour la les à expliquer par le grand âge de l'auteur 2 et par l'état de

gloire (le son pays, comparable, non à tout ce que l'anfaiblesse dans lequel il passa les deux dernières années de

a cienne Rome a produit d'excellents tragiques, puisqu'elle sa vie, ne sauraient Oler à cette édition la confiance que sa

a confesse elle-même qu'en ce genre elle n'a pas été fort date lui assure. Du reste, il nous a suffi de consulter les

heureuse, mais aux Eschyle, aux Sophocle, aux Euripide, précédentes, pour faire disparaitre ces incorrections qui ne

« dont la fameuse Athènes ne s'honore pas moins que des peuvent arrêter un instant le lecteur, et qui détruiraient,

« Thémistocle, des Périclès, des Alcibiade, qui vivaient en au besoin, les conjectures de quelques hommes, fort éclai

a même temps qu'eux". » rés d'ailleurs, suivant lesquels l'édition de 1682 aurait été surveillée et dirigée par les deux frères.

Le véritable texte de Corneille reparait donc ici dans toute sa pureté : il est accompagné du commentaire de Voltaire 3, VIE DE CORNEILLE, des notes de la Harpe, des remarques de Palissot et de tous les écrivains dont ces ouvrages immortels ont exercé la critique ou excité l'admiration. Notre édition renferme en ou

PAR FONTENELLE. tre plusieurs lettres et quelques autres pièces inédiles. Nous reproduisons, avec Voltaire et un grand nombre des édi- Pierre Corneille naquit à Rouen, en 1606, de leurs qui l'ont précédé ou suivi, la vie de Corneille, écrite Pierre Corneille, maître des eaux et forêts en la vipar Fontenelle son neveu, telle qu'il la donna à d'Olivet

comté de Rouen, et de Marthe le Pesant. Il fit ses études aux jésuites de Rouen, et il en a toujours

conservé une extrême reconnaissance pour toute la * Voltaire, qui d'ailleurs a tant fait pour la gloire de CorDeille, n'a pas toajours reproduit fidèlement son texte. Adoptant tantôt celui des premières éditions, tantôt celui des der- i Paris, 1730, in-12, t. II, p. 210. Cette Vie diffère, en niéres, quelquefois les mélant tous ensemble, il a relevé des quelques-unes de ses parties, de celle qui se trouve dans le fautes qui n'existaient plus, et son exemple a séduit ou égaré tome III des OEuvres de Fontenelle, Paris, 1767, in-12. presque tous les éditeurs modernés.

2 RACINE, Discours a l'Académie française pour la récepIl avait alors soixante-seize ans, et mourut deux ans après. tion de Th. Corneille. Voyez, dans le tome II, le n° I des 3 Ses préfaces se retrouvent en notes.

Pièces relatives à Corneille. CORNEILLE.

TOME I.

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it la plus vaste ambition qui

de gouverner la France presSaisser la redoutable maison er toute l'Europe à son gré, ne y voulait joindre encore celle de Quand le Cid parut, il en fut aussi uit vu les Espagnols devant Paris. eurs contre cet ouvrage, ce qui ne

difficile, et il se mit à leur tête 3. Scu* Observations sur le Cid, adressées à rançaise, qu'il en faisait juge, et que le n fondateur, sollicitait puissamment con

accusée. Mais afin que l'Académie pût s statuts voulaient que l'autre partie, c'estorneille, y consentit. On tira donc de lui une

de consentement, qu'il ne donna qu'à la e de déplaire au cardinal, et qu'il donna pouravec assez de fierté. Le moyen de ne pas ménaun pareil ministre, et qui était son bienfaiteur 4 ? ar il récompensait comme ministre ce même mérite dont il était jaloux comme poëte; et il semble que cette grande åme ne pouvait pas avoir des faiblesses qu'elle ne réparât en même temps par quelque chose

de noble. ,ui L'Académie française donna ses sentiments sur le u'il Cid, et cet ouvrage fut digne de la grande réputa

tion de cette compagnie naissante. Elle sut conseru trop

ver tous les égards qu'elle devait et à la passion du

cardinal et à l'estime prodigieuse que le public avait eva plus

conçue du Cid. Elle satisfit le cardinal en reprenant d. Jamais exactement tous les défauts de cette pièce, et le public Je me sou- en les reprenant avec modération, et même soude guerre et vent avec des louanges. comédies du L'horrible barnpêcher le nom ' J'ose plutôt penser qu'il faut s'en prendre à Cinna, qui fut lle avait dans son

mis par toute la cour au-dessus du Cid, quoiqu'il ne fut pas si

touchant. (V.) putes les langues de

2 Le cardinal de Richelieu montra tant de partialité contre turque : elle était en

Corneille, que quand Scudéri eut donné sa mauvaise pièce de ind; et par une exac

l'Amour tyrannique, que le cardinal trouvait divine, Sarrazin, rendue vers pour vers.

par ordre de ce ministre, fit une mauvaise préface, dans la

quelle il louait Hardy sans oser nommer Corneille. (V.) i est plus étonnant, en 3 Rotrou seul refusa de servir la jalousie du ministre, et cette aient bien voulu copier

poble conduite lui assura l'estime et l'amitié de Corneille. riginal leur appartenait.

4 Pierre Corneille avait le malheur de recevoir une petite

pension du cardinal, pour avoir quelque temps travaillé sous oire de l'Académie', dit lui aux pièces des cinq auteurs : l'Étoile, tils du grand audiene France il était passé en cier, dont nous avons les mémoires; Boisrobert, abbé de Chá

tillon-sur-Seine, aumônier du roi, et conseiller d'Etat; Colletet, beau comme le Cid. Si ce

qui n'est plus connu que par les satires de Boileau, mais que le cardinal regardait alors avec estime; Rotrou , lieutenant civil

au bailliage de Dreux, homme de génie; Corneille lui-même, ce que cette HISTOIRE contient assez subordonné aux autres, qui l'emportaient sur lui par la

fortune ou par la faveur. (V.)

ren

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