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IMPRIMERIE F. RAMBOZ ET cie, RUE DE L'HÔTEL-DE-VILLE, 78.

UNIVERSELLE

DE GENÈVE.

TOME VINGT-DEUXIÈME.

GENÈVE

JOEL CHERBULIEZ, LIBRAIRE, RUE DE LA CITE.

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BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE

DE GENÈVE.

DES REVUES EN GÉNÉRAL

ET DE LA BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE EN PARTICULJER.

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On trouverait difficilement, à l'époque où nous vivons, une seule personne ayant reçu une éducation libérale qui ne lise son journal tous les matins et sa revue lous les soirs. Est-ce un bien? est-ce un mal ? Question oiseuse, à laquelle il suffit de répondre par ces trois mois : c'est une nécessité. – Toutefois cette réponse, suffisante pour le grand nombre, ne l'est peut-être aux yeux de ceux qui entreprennent un travail de ce genre. Il faut à ceux-ci quelque chose de plus pour encourager leurs efforts el ennoblir leur tâche; il leur faut la conscience, que si ce besoin, totalement inconnu il y a un siècle, est devenu tellement impérieux, c'est qu'il a pour origine des mobiles bien plus puissants que le mode ou la simple fantaisie d'esprits oisifs et cultivés, et pour résultat un accroissement de lumières et de nobles jouissances. Ce besoin, si généralement senti, est évidemment la conséquence naturelle du prodigieux mouvement d'idées et de faits qui s'entassent tous les jours depuis le commencement de ce siècle, dans une progres sion constamment croissante, en sorte que sous peine de demeurer un véritable Epimenide, il est indispensable de suivre plus ou moins ce mouvement, dont la puissance entraîne ceux mêmes qui affectent ou essaient d'y demeurer complétement étrangers. Quelques réflexions suffiront pour le faire sentir à nos lecteurs.

L'histoire ne présente à aucune époque une période dans laquelle l'activité humaine ait accumulé, en moins de temps que dans le demi-siècle qui vient de s'écouler, une succession d'événements de loute nature, aussi considérables par leur nombre que par leur importance. Ce demisiècle, en effet, s'ouvre sous les derniers feux d'une révolution qui avait remué la société jusque dans ses fondements, puis il en voit nailre successivement, en 1830 et 1848, deux autres, échos affaiblis, il est vrai, de la première, mais symptômes évidents cependant de l'état de bouillonnement dans lequel sont encore les esprits. Il inaugura ses quinze premières années par ces luttes gigantesques qui changent chaque jour la face de l'Europe, jusqu'au moment où une paix chèrement achetée vient donner au continent la physionomie territoriale qu'il a su jusqu'à ce jour, et non sans difficulté, conserver à peu près intacte. Puis pendant cette longue période de paix à peu près universelle, des changements de forme dans les gouvernements, fréquemment répétés, viennent altester la prodigieuse mobilité de celle race européenne, si intelligente et si passionnée en même temps, et dont l'activité dévorante cherche constamment de nouveaus aliments. A partir de 1789, que de dates viennent enregistrer chacune de ces grandes secousses qui semblent avoir remplacé dans l'ordre moral celles que dans l'ordre physique le globe lerrestre éprouvait de temps à autre, à la grande épouvante des nations. Dix-huit brumaire, 1804, 1814, 1815, 1830, 1848, 1852. Un seul des grands événements que rappelle chacune de ces dates aurait suffi jadis à défrayer un siècle. Et non-seulement par eux-mêmes, mais par le nombre incalculable de conséquences qu'ils entrainent avec eux, ils louchent à tous les intérêts, soit moraux,

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