Esprit de l'encycloped́ie: ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophie, Volume 12

Front Cover
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Other editions - View all

Common terms and phrases

Popular passages

Page 458 - Là pour nous enchanter tout est mis en usage; Tout prend un corps, une âme, un esprit, un visage. Chaque vertu devient une divinité: Minerve est la prudence, et Vénus la beauté. Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre, C'est Jupiter armé pour effrayer la terre...
Page 445 - Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.
Page 157 - La grâce détermine le chrétien à agir; la raison détermine le philosophe. Les autres hommes sont emportés par leurs passions sans que les actions qu'ils font soient précédées de la réflexion : ce sont des hommes qui marchent dans les ténèbres ; au lieu que le philosophe, dans ses passions mêmes, n'agit qu'après la réflexion ; il marche la nuit, mais il est précédé d'un flambeau.
Page 159 - Notre philosophe ne se croit pas en exil dans ce monde; il ne croit point être en pays ennemi ; il veut jouir en sage économe des biens que la nature lui offre...
Page 367 - Les Vandales, les Goths, dans leurs écrits bizarres. Dédaignèrent le goût des Grecs et des Romains : Nos aïeux ont marché dans ces nouveaux chemins ; Nos aïeux étaient des barbares. (*) L'abus règne, l'art tombe, et la raison s'enfuit. Qui veut écrire avec décence, Avec art, avec goût, n'en recueille aucun fruit : II vit dans le mépris, et meurt dans l'indigence.
Page 445 - J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux, Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Page 157 - Les autres hommes sont déterminés à agir sans sentir ni connaître les causes qui les font mouvoir, sans même songer qu'il y en ait. Le philosophe, au contraire, démêle les causes autant qu'il est en lui, et souvent même les prévient, et se livre à elles avec connaissance : c'est une horloge qui se monte, pour ainsi dire, quelquefois ellemême.
Page 277 - Son ouvrage est bien conduit; presque tout y est lié avec art; il amène adroitement les aventures; il distribue sagement les lumières et les ombres. Il fait passer le lecteur des alarmes de la guerre aux délices de l'amour, et de la peinture des voluptés il le ramène aux combats; il excite la sensibilité par degrés; il s'élève au-dessus de lui-même de livre en livre. Son...
Page 448 - N'admet point en ses vers de tragiques douleurs ; Mais son emploi n'est pas d'aller, dans une place, De mots sales et bas charmer la populace. Il faut que ses acteurs badinent noblement ; Que son nœud bien formé se dénoue aisément ; Que l'action, marchant où la raison la guide, Ne se perde jamais dans une scène vide ; Que son style humble et doux se relève à propos...
Page 458 - Chaque vertu devient une divinité : Minerve est la prudence, et Vénus la beauté. Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre, C'est Jupiter armé pour effrayer la terre ; Un orage terrible aux yeux des matelots, C'est Neptune en courroux qui gourmande les flots ; Echo n'est plus un son qui dans l'air retentisse, C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse.

Bibliographic information