Page images
PDF
EPUB

Reader, yet, as it contains some of the finest pages of the best authors and thinkers, it will certainly prove to be a powerful help as well in what is mainly sought in education, viz.: moral and mental culture. This will be effected even unconsciously by communing with those masterful minds, who have expressed in the most apt words, the noblest, highest and most fruitful thoughts.

A novel and valuable feature of the book is that it gives all along specific directions as to what to read.

Finally, after studying this Manual, no one will dispute the judgment of the Encyclopedia Britannica: “For volume and merit taken together, the product of (the last) eight centuries of French literature excels that of any European nation."

INTRODUCTION.

ORIGINE DU FRANÇAIS. —SPÉCIMENS DE LITTÉRATURE JUSQU'À

L'AVÈNEMENT DES CLASSIQUES.

Dans la Gaule, conquise par Jules César, le latin était devenu la langue du pays ; il y régua quelques siècles. Mais, déclinant avec la puissance romaine, il finit comme elle, et fut peu à peu remplacé par une langue que le peuple se créa lui-même de ses débris. Cette langue rée du latin, entre le VIIe et le VIII° siècle, était destinée à devenir, de longues années après, le français que nous parlons aujourd'hui.

Ce n'est évidemment que par transformations insensibles que, de patois latin qu'il était d'abord, l'idiome du peuple franc est arrivé à la dignité d'une langue si belle. Le plus ancien monument écrit qui vous en reste date de 842. Le voici, accompagné d'une traduction bien nécessaire, comme on verra. C'est le serment prononcé à Strasbourg par Louis le Germanique :

Pro Deo amur et pro christian poplo et nostro commun

Pour l'amour de Dieu et pour le (salut du) peuple chrétien et notre salvament, d'ist di in avant in quant Deus savir et poder me commun salut, de ce jour en avant, autant que Dieu me donne savoir dunat, si salvarai jeo cist meon fradre Karlo et in adjudha et pouvoir, sauverai-je mon frère Charles et (lui serai) en aide et en et in cadhuna cosa, si com om per dreit son fradre salvar chaque chose, ainsi qu'on doit, selon la justice, sauver son frère, à

dist in o quid il mi altresi fazet; el ab Ludher nul plaid condizion qu'il en fasse autant pour moi; et je ne ferai avec Lothaire numquam prindrai, qui meon vol cist meon fradre Karle in aucun accord qui,parma volonté, porte préjudice à mon frère Charles damno sit. ici présent.

Jusque là, et plus tard inême, la littérature telle qu'elle pouvait être, était purement latine. Mais sitôt que le puple eut une langue à lui, ses instincts littéraires, ir't istiques si l'on veut, se développèrent. Du XI° siècle jusqu'au XVII° siècle, époque où le français atteignit sa perfection, c'est une floraison riche et perpétuelle d'@uvres agréables et charmantes pour la plupart: on y compte même plusieurs chefs-d'æuvre.

Il n'est pas dans notre cadre de nous attarder à cette littérature naissante dont la langue n'est pas tout à fait la nôtre. Elle a aussi besoin d'études toutes spéciales, en grande partie philologiques. Il sera, néanmoins, curieux et intéressant d'en suivre le développement siècle par siècle dans un choix aussi bref que possible de documents.

SIÈCLE. Du X° siècle il reste peu de fragments. Les lignes qui suivent donnent pourtant une idée de la poésie à cette époque, et aussi des changements introduits dans la langue depuis le IXe siècle.

CANTILÈNE DE SAINTE EULALIE.
Buona pulcella fut Eulalia.
Bonne pucelle (fille) fut Eulalie.
Bel avret corps, bellezour anima.
Beau corps elle avait, âme plus belle.

.

Voldrent la veintre li deo inimi;
Voulurent la vaincre les dieux ennemis;
Voldrent la faire diaule servir; ,
Voulurent la faire servir le diable;
Elle non eskollet les mals conseillers
Elle n'écouta pas les mauvais conseillers
Qu'elle deo raneiet chi maent su en ciel,
Qu'elle reniât Dieu qui demeure au ciel,
Ne por or ned argent ne paramenz,
Ni pour or, ni argent, ni parure.
Por manatce regiel, ne preismert.
Pour menace royale, ni prière.
Neulle cose non la pouret omgi pleier.
Nulle chose ne la pourrait jamais plier.

Le poème en tout ne contient que vingt-neuf vers.

XI° SIÈCLE.

Avec le XIe siècle nous entrons dans un champ des plus riches En fait, à ce siècle appartient l'un des plus beaux poèmes épiques qui existent après l'Iliade d'Homère, auquel il ressemble du reste par ses récits continuels de batailles, la Chanson de Roland.

Roland est le neveu de Charlemagne, le preux des preux. Charlemagne retournant en France après une expédition en Espagne (788) laisse son arrière-garde sous le commande. ment de Roland. Le traître Ganelon attire l'élite de l'armée dans un piége. Toutefois, si Roland faisait retentir le son terrible de son oliphant (cor d'ivoire), Charlemagne averti rebrousserait chemin. C'est le conseil du brave Olivier qui dit à Roland:

Cumpainz Rollant, sunez vostre oliphant ;
Compagron Roland, sonnez votre olifant;
Si l'orrat Carles qui est as porz passant,
Ainsi l'entendra Charles qui est aux ports passauw,
Je vous plevis ja returnerunt Franc !
Je vous jure déjà les Français retourneront !

Mais Roland rejette ce conseil comme une faiblesse insigne :

Ne placet Deu, ço li respunt Rollant,
Ne plaise à Dieu, lui répond Roland,
Que ço seit dit de nul hume vivant
Qu'il soit dit que pour nul homme vivant
Ne pur paien que ja sei jo cornant :

Ni même pour un paien sonnè-je du cor! Le combat s'engage : Roland, l'archevêque Turpin, Olivier font des prodiges de valeur, les Francs jonchent le sol de cadavres; mais comme ils succombent sous les coups d'ennemis toujours renaissants, Roland sonne enfin de son cor merveilleux. Le roi accourt. Il n'arrive qu'après la mort du héros ; mais celui-ci est vengé par la destruction d'une nouvelle et plus formidable armée d'infidèles et par le supplice du traître Ganelon.

Il suffit d'en citer un épisode. Roland blessé, harassé, se retire pour mourir en paix sous un grand rocher à l'ombre d’un pin. Là il veut briser sa fameuse épée, sa Durandal, de peur qu'elle ne tombe entre les mains des infidèles :

Ço sent Follant la veue ad perdue ;
Alors sent Roland qu'il a perdu la vue;
Met sei sur piez, quanqu'il poet s'esvertuet ;
Il se met sur ses pieds, s'évertue tant qu'il peui;
En sun visage sa couleur ad perdue
En son visage sa couleur a perdue

« PreviousContinue »