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Page Ligne 376.– 1. "La Morée.” presqu'ile au sud de la Grèce, l'ancienne Pélo

ponèse.
6. "Curzon” l'un des camarades d'About à l'école d'Athènes.
8. “Prit les devants" took the lead, went ahead.
19. “Et de partir.” Cet infinitif précédé de DE est un gallicisme.

Traduire ici simplement and he started.
23. "Cheval de bagage" pack horse.
24. “Paysanne" countrified.
27. “Cartons" ici boites en carton.

33. “Leftéri,” le propriétaire et loueur des chevaux. 377.- 3. "Garnier” autre camarade d'About, devenu fameux comme

architecte. Ce fut lui qui bâtit le nouvel Opéra à Paris. 13. “D'une assez belle venue" of good size. 22. “Mazeppa” chef des cosaques de l'Ukraine. La légende a con

sacré l'histoire de sa longue course à travers les steppes,

attaché au dos d'un cheval.
26. “De plus belle” with renewed vigor.

27. "J'avais fait de l'herbe”=j'avais coupé ou fauché de l'herbe. 378.-10. “N'avait pas la rate malade” were in good trim for running. La

rate est un viscère qui dans le langage populaire règle l'ha

leine, breath or wind.

22. “Du trainat the rate. 379.– 5. Allusion aux exploits étonnants des armées françaises au début

de la Révolution. Comparez la proclamation de Bonaparte,

p. 314.

12. "De but en blanc" bluntly.
26. “Les mercuriales"=les prix.

34. “Entrait en jeu" became the main topic. 380.–28. “De laine” woolen, pour marquer la pauvreté héroique de ces

temps.
381.- 9. “Planter ses choux"=cultiver son champ.

16. “Freluquet" un dude de cette époque.
19. “Mal en point” in not very good condition. De même, embonpoint

(stoutness) c'est-à-dire en bon point.

QUESTIONS.

1. Quelles sont les qualités particulières de Ed. About?—2. De qui surtout est-il apprécié?–3. Donnez une idée de sa vie?–4. De ses ouvrages?-5. Où se passe l'épisode raconté ici?–6. Quels sont les personnages mentionnés?–7. Comment commence la débandade?-8. Et comment continue-t-elle?-9. Quels efforts successifs fait le cavalier? — 10. Dans quelle position se trouve-t-il? – 11. Racontez sa chute?-12. Quel est le sujet du fragment suivant?13. De qui est-il question?-14. Décrivez cette scène de la veillée,

les personnages, etc. ?–15. Qui étaient les ennemis pour Pierre Dumont? Et pourquoi les haïssait-il? - 16. Rapportez les traits principaux de la guerre défensive.-17. Comment Pierre Dumont combattait-il?–18. Comment et quand eut-il son congé?–19. Quels étaient ses sentiments sur l'invasion?

TAINE.

Comme son ami et condisciple About, Taine était Lorrain et remporta des succès non moins brillants au collège. Comme lui aussi il dévia quand il s'agit d'entrer dans la carrière universitaire; il était né critique et publiciste, ainsi que le prouvèrent ses premiers écrits, Essai sur Tite-Live, les Philosophes français au XIXe siècle, et ses articles dans la Revue des Deux Mondes. Ses talents hors ligne le firent nommer professeur d'esthétique et d'histoire de l'art à l'École des Beaux-Arts. Dans cette position, qu'il conserva jusqu'à la fin de sa vie, il s'est montré le digne émule de Ruskin par la hauteur de ses vues et la largeur de ses idées ; seulement il est moins mystique, plus pratique, plus scientifique si l'on veut, que l'auteur anglais.

Les relations de son Voyage aux Pyrénées et de son Voyage en Italie, où il observa surtout les chefs-d'oeuvres artistiques, sont fort instructives et intéressantes. Toutefois l'ouvrage par lequel il est sans doute le plus connu est l'Histoire de la Littérature anglaise. Soit sous sa forme complète, soit en abrégé, c'est encore ce qu'il y a de mieux sur ce sujet en aucune langue : il fait autorité dans les grandes universités anglaises elles-mêmes. Le peuple anglais, et le pays lui-même sont du reste admirablement décrits dans un livre sans aucune prétention mais fort intéressant: Notes sur l'Angleterre.

En ces derniers temps, un autre ouvrage de grandes proportions et témoignant de recherches originales et approfondies, les Origines de la France contemporaine, a attiré l'attention de tous ceux qui s'occupent d'histoire. Beaucoup de personnes toutefois n'acceptent pas cette partie de ses théories où il ne montre que le mauvais côté des hommes qui ont fait la Révolution.

Taine était de l'Académie française depuis 1880.

DICKENS.

Dickens ne décrit point, comme Walter Scott, pour offrir une carte de géographie au lecteur et pour faire la

topographie de son drame. Il ne décrit point comme lord 5 Byron par amour de la magnifique nature et pour étaler

une suite splendide de tableaux grandioses. Il ne songe ni à obtenir l'exactitude ni à choisir la beauté. Frappé d'un spectacle quelconque, il s'exalte et éclate en figures

imprévues. Tantôt.ce sont les feuilles jaunies que le vent 10 poursuit, et qui s'enfuient en se culbutant, frissonnantes,

effarées d'une course éperdue; se collant aux sillons, se noyant dans les fossés, se penchant sur les arbres. Ici, c'est le vent de la nuit qui tourne autour d'une église, qui

tâte en gémissant, de sa main invisible, les fenêtres et les 15 portes, qui s'enfonce dans les crevasses, et qui, renfermé

dans sa prison de pierre, hurle et se lamente pour sortir. Jusqu'ici vous ne reconnaissez que l'imagination sombre d'un homme du Nord. Un peu plus loin vous apercevez la

religion passionnée d'un protestant révolutionnaire, lors20 qu'il vous parle des sons funèbres que jette le vent attardé

autour de l'autel, des accents sauvages avec lesquels il semble chanter les attentats que l'homme commet et les faux dieux que l'homme adore. Mais au bout d'un in

stant l'artiste reprend la parole : Il vous conduit au clo25 cher, et dans le cliquetis des mots qu'il entasse, il donne

à vos nerfs la sensation de la tourmente aérienne. Le vent souffle et gambade dans les arcades, dans les dentelures, dans les clochetons grimaçants de la tour ; il se

roule et s'entortille autour de l'escalier tremblant ; il fait 30 pirouetter la girouette qui grince. Dickens a tout vu

dans le vieux beffroi ; sa pensée est un miroir. Il n'y a pas un des détails les plus minutieux et les plus laids qui lui échappe. Il a compté les barres de fer rongées par la

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rouille, les feuilles de plomb ridées et recoquillées qui craquent et se soulèvent étonnées sous le pied qui les foule, ces nids d'oiseaux délabrés et empilés dans les recoins des madriers moisis, la poussière grise entassée, les araignées mouchetées, indolentes, engraissées par une longue sécurité, qui, pendues par un fil, se balancent paresseusement aux vibrations des cloches et qui, sur une alarme soudaine, grimpent ainsi que les matelots après leurs cordages, ou se glissent à terre, et jouent prestement de leurs vingt pattes agiles, comme pour sauver leur vie. 10 Cette peinture fait illusion. Suspendue à cette hauteur, entre les nuages volants qui promènent leurs ombres sur la ville et les lumières affaiblies qu'on distingue à peine dans la vapeur, l'imagination éprouve une sorte de vertige ; et l'on n'est pas loin de découvrir, comme Dickens, 15 une âme dans la voix métallique des cloches qui habitent ce château tremblant.

Dickens est un poète ; il se trouve aussi bien dans le monde imaginaire que dans le ciel. Ici, ce sont les cloches qui causent avec un pauvre vieux commissionnaire du 20 coin, et le consolent. Ailleurs, c'est le grillon du foyer qui chante toutes les joies domestiques, et ramène sous les yeux du maître désolé les heureuses soirées, les entretiens confiants, le bien-être, la tranquille gaieté dont il a joui et qu'il n'a plus. Ailleurs, c'est l'histoire d'un en- 25 fant malade et précoce qui se sent mourir, et qui, en s'endormant dans les bras de sa soeur, entend la chanson lointaine des vagues murmurantes qui l'ont bercé. Les objets chez Dickens prennent la couleur des pensées de ses personnages. Son imagination est si vive qu'elle en- 30 traîne tout avec elle dans la voie qu'elle choisit. personnage est heureux, il faut que les pierres, les fleurs et les nuages le soient aussi ; s'il est triste, il faut

que

la nature pleure avec lui. Jusqu'aux vilaines maisons des

Si son

rues, tout parle. Le style court à travers un essaim de visions ; il s'emporte jusqu'aux plus étranges bizarreries. Voici une jeune fille jolie et honnête qui traverse la cour

des Fontaines et le quartier des légistes pour aller re5 trouver son frère. Quoi de plus simple! quoi de plus vul

gaire même! Dickens s'exalte là-dessus. Pour lui faire fête il provoque les oiseaux, les arbres, les maisons, la fontaine, la boîte aux lettres et bien d'autres choses encore. C'est une folie, et c'est presque un enchantement.

10 NOTES SUR L'ANGLETERRE (FRAGMENTS DU ser CHAPITRE).

Un dimanche à Londres par la pluie : boutiques fermées, rues presque vides ; c'est l'aspect d'un cimetière immense et décent. Les rares passants, sous leur para

pluie, dans le désert des squares et des rues, ont l'air 15 d'ombres inquiètes qui reviennent; cela est horrible.

Je n'avais pas l'idée d'un pareil spectacle, et l'on dit qu'il est fréquent à Londres. Petite pluie fine, serrée, impitoyable ; à la voir il n'y a pas de raison pour qu'elle

ne dure jusqu'à la fin des siècles. Les pieds clapotent; 20 il y a de l'eau partout, de l'eau sale, imprégnée d'une

odeur de suie. Une brume jaunâtre, épaisse, emplit l'air, rampe jusqu'à terre ; à trente pas, une maison, un bateau à

vapeur semblent des taches sur du papier brouillard. Dans le Strand surtout, et dans le reste de la cité, après 25 une heure de marche, on a le spleen, on conçoit le suicide.

Les hautes façades alignées sont en briques sombres; le brouillard et la suie y ont incrusté leurs suintements. Monotonie et silence ; mais les adresses en cuivre et en

marbre parlent, indiquent le maître absent, comme dans 30 une grande manufacture de noir animal fermée pour cause

de décès.

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