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NOTES.

Page. Ligne, 20.- 7. "Nos sons....” Notez la vigueur expressive de tout co para

graphe.
27.– 2. "Consonances.Unbroken harmony of chords.

4. "Sensibles" = perceptibles.
10. "Échappent.” Are beyond our grasp.
10. “Nous à elles,” c.-à-d. nous leur échappons.
17. "Nos prises.” Grasp, reach. Le nom "une prise" n'est plus

employé dans ce sens de nos jours. “Se dérobe." Slips away.
17. "Fuit d'une fuite éternelle.” La répétition fait image.
22. “Une vapeur.” A mist.
23. “Quand l'univers l'écraserait” = si même l'univers l'écrasait.
28. “De là.From there, c.-à d. de la pensée.

31. “Que de se connaître." Le DE no se traduit pas.
28.– 5. "D'en être méprisés,” c.-à-d.: d'être méprisés de (par) l'âme.

11. “Paraître.” Show off.
14. “Le faire savoir,Make it known.
21. “Un goujat,hodman; un marmiton,” scullion;' 'un crocheteur,"

rag picker. Pascal choisit à dessein les professions les plus

méprisables pour rendre le contraste plus frappant. 29.–10. “Si imprudents.... si vains...." etc. ; "nous sommes" est sous

entendu. La phrase n'en est que plus rapide pour cette

ellipse. 11. "Nous errons,” expression bien pittoresque. 13. "A ceux,” c.-à-d. aux temps. 28. La "chrétienté,” à cette époque, voulait dire l'Europe, c.-à-d.

le monde chrétien. 30.-30. "Le nez de Cléopâtre”; pensée très souvent citée. Si le nez de

Cléopâtre eût été plus court, elle n'aurait pas eu cette beauté

d'un effet si funeste pour Rome. 7. "Et encore intéressé,” C.-à.-d. cet homme qui juge seul est inté.

ressé.

8. "Un tiers indifférent." A disinterested party.
12. “Le temps que dure la vie"=le temps que la vie dure. The time

that life lasts. Voyez note 1, page 24.
17. "Le perdre.” Get rid of it.
25. “Qui ne l'afflige.That does not grieve it. Le mot PAS est omis à

cause de la précédente négation RIEN. 31. “On charge.” We burden. 31.4. "S'ils ne font en sorte.” If they do not accomplish this. Notez la

suppression de Pas dans la négation après si. 9. “Tracasser." Fuss, worry.

QUESTIONS.

PASCAL. - 1. Ditez ce que vous savez de l'enfance de Pascal et de ses dispositions. — 2. Où se retire-t il? - Et qu'écrit-il d'abord ? - 3. Quel est le sujet des Pensées? — 4. Qu'est-ce qu'elles offrent de remarquable sous le rapport du style? — 5. Sous quel aspect considère-t-il la vie?

LES PENSÉES. - 1. Donnez quelques exemples prouvant que “nos sens n'aperçoivent rien d'extrême.” – 2. Quel est donc notre état véritable? - 3. Quelles comparaisons montrent mieux la fiblesse et la grandeur de l'homme? - 4. L'homme est-il misérable? - Quelle misère est-ce? - 5. Que désire l'homme avant tout? - 6. A quoi travaillons-nous incessamment? – 7. Donnez des exemples de la vanité de l'homme.- 8. Pensons-nous au présent?9. Où notre pensée erre-t-elle constamment? – 10. Vivons-nous dans le présent?-11. Donnez des exemples de petites causes et de grands effets. — 12. L'âme a-t-elle beaucoup de temps à sa disposi. tion? - 13. Qu'en fait-elle? – 14. Pourquoi les occupations et les divertissements? — 15. Quelles sont les erreurs de l'éducation dont parle Pascal? – 16. Citez d'autres pensées ? -- 17. Expliquez par un exemple l'idée renfermée dans le paragraphe “Pourquoi me tuezvous?

CHAPITRE III.

MOLIÈRE (1622-1673).-Ses EUVRES. -L'AVARE.

Un jour Kemble, le grand acteur anglais, se trouvant à Paris, des acteurs français lui dirent: “Si vous avez Shukespeare, nous avons Molière.” – “Mais Molière, s'écria-t-il, n'est pas fiançais ; il appartient au monde entier! Dieu, voulant donner à la terre un auteur comique parfait, a laissé tomber Molière du haut de l'empyrée, et c'est par hasard qu'il est tombé sur la terre de France. Partout ailleurs il eût été le même grand génie.”

Cette boutade nous donne peut-être la meilleure idée du génie de Molière. Les ouvres du comiq ie français sont en effet d'un intérêt universel parce qu'il y peint, comme nul autre ne l'a jamais fait, les travers de la vie humaine entière. Il est vraiment, dans la comédie, ce que Shakespeare est dans la tragédie. Et encore dans quelques unes de ses comédies, il y a des effets d'un tragique d'autant plus poignant que ce tragique est tout moral.

La vie des deux grands auteurs présente du reste des points de ressemblance singulière. Comme Shakespeare, Molière (parisien de naissance) se fit comédien bien qu'il eût reçu uno éducation très soignée, alla jouer en province, et y composa ses premières comédies. Il ne revint dans la capitale que lorsque sa réputation fut bien établie. Il y jouit de la faveur du souverain. Comme Shakespeare enfin, il a écrit des pièces en prose et en vers.

Ce qu'il y a de plus à admirer dans Molière, c'est que sor. comique, qui est d'une verve incomparable, est en même temps tout à fait naturel ; il coule de source, il ressort du caractère de ses personnages et des situations même. Aussi est-ce une jouissance d'autant plus grande de le lire qu'il n'y faut pas d'effort de notre part.

Molière a surtout réalisé le dicton latin; castigat ridendo mores. Ses comédies ont eu certainement une influence plus grande qu'on ne saurait croire à corriger les meurs du temps. Par sa fine et joyeuse ironie, prenant les formes les plus diverses, il a énormément contribué, par exemple, à tuer la médecine empirique et pédante qui régnait alors; il a flagellé sans pitié la sotte vanité des marquis et des bourgeois entichés de noblesse. Ses critiques du pédantisme ont enseigné où se trouve le bon gout. Que dire du ridicule qu'il a jeté sur la misanthropie et surtout sur l'hypocrisie ? Depuis lors cet odieux vice est à peu près inconnu en France; notre caractère est franc, ouvert: ce n'est pas chez nous qu'on trouve des Tartuffes !

Molière est au moins aussi apprécié au dehors qu'en France. Les Allemands l'honorent d'autant de commentaires qu'ils font Shakespeare; Gæthe, certainement le meilleur juge en pareille matière, l'estime incomparable de tous points. On a déjà vu l'opinion des Anglais.

Molière a été critiqué pour sa langue : sa langue a survécu à ses critiques. Ils sont morts et elle vit. Molière est encore, sauf pour certains termes spéciaux qui ont nécessairement changé, le modèle de la conversation de nos jours.

Les comédiens étant alors excommuniés par l'Eglise, Molière n'eut une sépulture décente qu'après qu'on l'eût bien sollicitée de l'archevêque de Paris. Il ne fut pas non plus de l'Académie Française.

Molière n'a presque composé que des chefs-d'ouvre, des comédies naturellement. Il a cependant écrit des pièces en partie lyriques pour les divertissements donnés par le roi dans ses grandes fêtes de Versailles. A lire surtout : Les Précieuses Ridicules, Don Juan, Le Misanthrope (en vers), Le Médecin Malgré lui, Tartuffe (en vers), Le Bourgeois Gentilhomme, Les Femmes Savantes, L'Avare, Le Malade Imaginaire,

Le Bourgeois Gentilhomme nous représente un marchand enrichi, qui veut apprendre les manières et le beau ton des nobles. Comme il est ignorant, il prend différents maîtres pour se donner l'éducation qui lui manque; et il veut que sa fille épouse aussi un noble. Sur ce fond assez simple, Molière a construit une série de scènes du plus franc comique: il touche même au burlesque et à la farce; mais l'ouvre n'en est que plus amusante.

Dans le Misanthrope, qui est en vers, Molière a fait une critique piquante de la société de son temps. Le personnage principal, Alceste, veut se conduire dans le monde absolument selon les règles inflexibles de la vérité et d'une morale austère; il en résulte qu'il se heurte à toutes les habitudes reçues, froisse toutes les susceptibilités. Sa franchise lui fait un ennemi d'un jeune seigneur bel esprit dont il critique les vers; il perd un procès dans lequel son bon droit était incontestable, faute de s'être fait bien venir des juges; enfin il se brouille avec une jeune veuve qu'il voulait épouser, mais qui était une franche coquette; il en prend le beau sexe en horreur. Ce caractère a bien quelque chose qui commande le respect; mais il manque à Alceste l'indulgence, la charité qui rend la vertu aimable. C'est probablement de cette vertu incomplète qui est presque un vice, que Molière a voulu montrer le ridicule.

Tartuffe, aussi en vers, est encore une comédie qui renferme bien des traits d'une vérité tragique. Molière y a peint l'hypocrisie dans ce qu'elle a de plus odieus, dans la fausse dévotion cachant sous le masque religieux une immoralité révoltante. Un dévot hypocrite, Tartuffe, profite de l'aveuglement de sa dupe, le bonhomme Orgon, pour s'emparer de sa fortune et mettre le trouble dans une famille respectable: tel est en deux mots le sujet de la pièce, l'une des plus puissantes du théâtre moderne.

Dans les Précieuses ridicules et les Femmes savantes, le ridicule est jeté, à pleines mains sur les femmes qui ont des prétentions au bel esprit, les bas bleus: c'est le bon sens qui se moque de l'affectation outrée de ces esprits féminins qui non seulement visent à réformer la langue et le goût littéraire, mais s'aventurent au hasard dans le domaine des hautes sciences et de la métaphysique.

L'AVARE.

L'Avare est intitulé "comédie." C'est aussi une tragédie sans catastrophe sanglante il est vrai, mais toute morale. On y voit l'effet fatal du vice de l'avarice; les liens de famille détruits, le père sacrifiant sans remords ses enfants à sa passion, les enfants perdant tout respect pour leur père. Toutefois la forme en général est du comique le plus pur, le plus amusant qu'on puisse voir: ily a des traits d'une drôlerie irrésistible. Les principaux personnages sont:

HARPAGON, l'avare. Il est veuf, il a deux enfants, savoir:
CLÉANTE, qui désire épouser Mariane, et
ÉLISE, qui aime Valère.
VALÈRE, fils d'Anselme et amant d'Élise.
MARIANE, fille d'Anselme.
FROSINE, femme d'intrigue.
Maître SIMON, courtier.

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