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Page Ligne 99.–18. "Un peu plus outre,” in a little while. OUTRE n'est plus usité ilans

ce sens. Il ne s'emploie guère que comme préposition, ou

dans la locution: passer outre. 25. “Que... Félix," let Felix...

29. “Garantir” = protéger. 100.-10. “Ne veuillez pas vous perdre.” Cette expression, comme beau

coup d'autres, du reste, de Corneille, ne saurait se traduire par une seule phrase anglaise. C'est le propre de notre poète de concentrer une pensée profonde en peu de mots. On pourrait dire: Were you not bent on destroying yourself, you would be

safe.
21. Quel est l'ordre régulier dans ce vers ?
33. Cette méme idée est exprimée dans la fable de La Fontaine, LE
VIEILLARD ET LES TROIS JEUNES GENS:

Est-il aucun moment
Qui vous puisse assurer d'un second seulement ?

(Voir p. 139 de ce Manuel.) 101.-14. "Tout beau,” gently. Ce mot est maintenant d'usage familier

(not so fast).

17. "Comme vous les voulez," as you please to have them. 102.- 1. La douleur de Pauline "éclate" en effet en accents passionnés.

C'est pour cela qu'elle en revient au tu et TOI. 2. “Feu” = ardeur ou flamme de l'amour. 13. “A ces tristes appas," my saddened charms. 14. “Se figure," pictures to itself. 16. “Que cet hélas a de peine à sortir!” How reluctantly that alas

came out !
18. “Que, tout forcé qu'il est, j'y trouverais de charmes." How

pleased with it I should be, though you utter it unwillingly.
20. “A force d'en verser," by shedding them long enough.
21. “Ce cæur se pût percer." Your heart might be moved.

25. “Au ciel,” in Heaven. 103.- 3. “Malheureus." Le sens est assez curieux pour une oreille pure

ment française; ce n'est pas du tout unfortunate ou wretched En conversation, ce mot a une idée presque de porte-malheur,

bringing ill luck. 7. “Lorsque moins on y pense." Nous mettrions: le moins. 10. "M'aimez.” La forme moderne est: aimez-moi. 26. “No t'en mets plus en peine.Let this not worry you. C'est

encore là un de ces dialogues qui frappent vivement, même à la lecture, par la vigueur et la promptitude des reparties et la

hauteur des sentiments. 31. Il nous semble maintenant, dans notre siècle si positif, que

c'est une idée étrange, plutôt digne de don Quichotte que d'un homme de sens, que de vouloir céder ainsi sa femme à un autre. Elle était cependant acceptable au temps de Corneille.

Page Ligno 104.-12. “Désire," mot impropre, pour la rime. Quand le désir est pour

un autre, l'expression exacte est: souhaiter. 28. Cérès Éleusine, déesse grecque dont les fêtes se célébraient

avec mystère à Eleusis, près d'Athènes. - La Bonne Déesse, à Rome, était Cybèle, déesse de la terre, adorée par les matrones

romaines et les vestales. 105.- 6. Un empereur mourant disait: Sentio me fieri deum.

11. “Me dût leur colère." L'ordre est: dût leur colère m'écraser...

Were even their anger to crush me...

22. “Allons trouver," I will go now and see. 106.-18. "Gagner temps,” licence poétique pour: gagner du temps.

29. Vers obscur; il signifie: Whatever our love may suggest to me for

you. 107.-18. "Maître,teacher. 108.- 6. "A la gloire!” Les dernières paroles de Polyeucte, cette affir

mation deux fois répétée: "Je suis chrétien,” sont vraiment

sublimes.
23. "D'une âme apaisée,” in a calmer mood.

30. "Entendre" signifie comprendre. 109.– 8. "Je le suis” = je suis chrétien.

QUESTIONS.

CORNEILLE ET SES EUVRES, - 1. Pour quelles raisons les Français goûtent-ils surtout Corneille? – 2. Quelle influence a-t-il exercée sur ses compatriotes? — 3. Qu'est-ce qui caractérise principalement les personnages de Corneille? Donnez des exemples. – 4. Qu'est-ce que le Cid? et quel accueil reçut-il? -5. Quels sont les autres chefs-d'ouvre de Corneille?–6. Donnez une idée de chacun. - 7. Que savez-vous des dernières années de Corneille?

POLYEUCTE. – 1. Quelles sont les principales qualités de ce drame? – 2. Principaux personnages? — 3. Que demande Néarque à son ami (sc. I)? – 4. Polyeucte part-il, malgré les instances de Pauline? et lui dit-il son secret (sc. II)? — 5. Quel récit fait Pauline? Donnez-en un résumé (sc. IV)? - 6. Quels regrets exprime Félix en apprenant le retour de Sévère (sc. IV)? et que veut-il que fasse sa fille? — 7. Quel est le sujet de la conversation entre Sévère et Fabian (Acte II, sc. I)? – 8. Résultat de l'entrevue de Sévère et de Pauline (8C, II). – 9. Résumez les idées principales du dialogue entre Polyeucte et Néarque (sc. IV). – 10. Quel récit fait Stratonice à Pauline (Acte III, sc. II)? – 11. Quels ordres donne Félix? et comment accueille-t-il l'intercession de Pauline (sc. IV)? – 12. Quelles idées exprime Polyeucte dans son monologue (Acte IV, sc. I et II)? – 13, Quels arguments Polyeucte et Pauline développent-ils dans leur entrevue? et quelle prière Polyeucte intercalet-il? avec quel résultat (sc. III)? – 11. Quelle étrange proposition fait Polyeucte à Sévère? – 15. Que demande Pauline à Sévère? et quelle est l'opinion de Sévère par rapport aux chrétiens? — 16, Que propose Félix à Polyeucte? et avec quel succès (Acte V, sc. I et II)? – 17. Quel nouvel assaut Polyeucte a-t-il à soutenir? et comment se termine-t-il (sc. III)? - 18. Comment se termine la pièce?19. Quelle est votre impression de chacun des personnages? — 20. Donnez un résumé de la pièce,

CHAPITRE V.

MADAME DE SÉVIGNÉ (1626–1696). — SES LETTRES.

Qui n'a entendu parler de Madame de Sévigné? Il n'est certainement personne qui ignore qu'elle a écrit des lettres, de très belles lettres. Ce qu'on sait moins, c'est qu'elle est le type de la mère française, aimante, tendrement dévouée, jusqu'à la mort même, à sa fille; tout à la fois instruite et spirituelle, enjouée et sympa. thique, d'un cour généreux et d'une réputation sans tâche.

Ce sont précisément ses lettres, publiées après sa mort, qui nous révèlent ainsi sa vie et son caractère, en même temps qu'elles ont donné au monde des modèles charmants de presque tous les genres de style.

Marie de Rabutin-Chantal - c'était son nom de famille - était Parisienne de naissance. Elle eut une éducation très soignée, apprit le latin et — non pas le grec -— mais l'italien. Mariée à dixhuit ans, elle devint veuve à vingt-cinq ans. Bien que fort recherchée dans la société la plus aristocratique, à cause de son esprit délicat et des charmes de sa conversation, elle se consacra presque exclusivement à l'éducation de ses enfants, un fils et une fille. En 1671 sa fille bien-aimée, son “idole," la comtesse de Grignan, dut accompagner dans le midi de la France son mari nommé gouverneur de la Provence. La séparation fut cruelle pour Madame de Sévigné. Elle s'en dédommagea par une correspondance suivie avec la comtesse.

Ses lettres, d'une grâce inimitable et d'un naturel parfait, vivent encore du sentiment passionné qui les a dictées. Rien de plus charmant et de plus piquant à la fois que ce style plein d'abandon et de saveur gauloise; rien de plus intéressant que ses histoires de la cour, de ses amis, de la société à cette époque. Sous ce rapport encore, les lettres de Madame de Sévigné ont une grande valeur historique.

Madame de Sévigné nourut de la petite vérole.

On a publié dans un volume d'environ 200 pages, avec notes, pour les écoles, un choix fort bien fait des lettres les plus intéressantes de Madame de Sévigné (1).

(1) Ce volume est en vente chez l'éditeur du Manuel de Littérature,

Madame de Sévigné à Madame de Grignan, sa fille, qui venait de partir pour la Provence.

Paris, 6 avril 1671. Ma douleur serait bien médiocre si je pouvais vous la 5 dépeindre : je ne l'entreprendrai pas aussi. J'ai beau

chercher ma chère fille, je ne la trouve plus, et tous les pas qu'elle fait l'éloignent de moi. Je m'en allai donc à SainteMarie, toujours pleurant et toujours mourant: il me sem

blait qu'on m'arrachait le cour et l'âme ; et en effet, quelle 10 rude séparation! Je demandai la liberté d'être seule : on

me mena dans la chambre de Madame du Housset, on me fit du feu ; j'y passai jusqu'à cinq heures sans cesser de sangloter ; toutes mes pensées me faisaient inourir. J'allai

ensuite chez Madame de La Fayette, qui redoubla mes 15 douleurs par l'intérêt qu'elle y prit; elle était seule, et

malade et triste de la mort d'une sour religieuse : elle était comme je la pouvais désirer. Je revins enfin à huit heures de chez Madame de La Fayette : mais, en entrant

ici, bon Dieu! comprenez-vous bien ce que je sentis en 20 montant ce degré! Cette chambre où j'entrais toujours,

hélas ! j'en trouvai les portes ouvertes ; mais je vis tout démeublé, tout dérangé. Comprenez-vous bien tout ce que je souffris ? Les réveils de la nuit ont été noirs, et le

matin je n'étais point avancée d'un pas pour le repos de 25 mon esprit.

Je reçois vos lettres comme vous avez reçu ma bague ; je fonds en larmes en les lisant; il semble que mon coeur veuille se fendre par la moitié ; on croirait que vous

m'écrivez des injures, ou que vous êtes malade, ou qu'il 30 vous est arrivé quelque accident, et c'est tout le contraire :

vous m'aimez, ma chère enfant, et vous me le dites d'une manière que je ne puis soutenir sans des pleurs en abondance. Vous continuez votre voyage sans aucune aventure fâcheuse ; et lorsque j'apprends tout cela, qui est

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