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trompeuses. Lorsque tu cèdes à | Allorchè ti lasci trasportare a une passion subite , tu sais me nudva passione, sài prevenirmi prévenir avec beaucoup d'adresse; in sùo favore con somma detu sèmes de fleurs le bord de l'a- | strèzza ; spargi di fiori l'orlo del bîme; tu couvres la vérité d'un precipìzio, e còpri la verità d'un voile qui la dérobe aux regards vélo, che la nasconde agli sguàrles plus pénétrants. Instruit par di più acuti. Ora istrutto da crùla triste expérience, je veux main- da sperienza, riprender voglio tenant ressaisir toute mon indé- | tutta l' indipendenza mia', e non pendance, et ne plus t'écouter. ascoltàrti più. Ubbidisci, e tàchi. Obéis, et tais-toi.

C. Tu me parles de ton pouvoir; C. Tu mi parli del potèr tùo ; je ne prétends pas te le ravir ; tu io non pretendo rapirtelo; ma lo le partageras avec moi, ingrat! dividerài con me, ingrato! Senza Que ferais-tu sans moi ? toi qui di me che farèsti? Dimmi , tu che m’accables de reproches ; ne me mi carichi di rimproveri , non mi dois-tu pas tous les moments sèi tu debitore di tutte le ore graagréables dont tu as joui ? et si dite, di che godèsti mài ? Se avètu as éprouvé quelques peines sti talvolta qualche brève affànno, passagères, à qui la faute ? quant di chi è la colpa ? Non sài dùnà moi , mes sentiments se diri- que, che i sentimenti miei sono gent d'après ta manière de voir: diretti da' tuoi pensieri? Se m'in. si je me trompe et que j'en fasse ganno, se da me vengono male une fausse application, c'est parce applicati, non è per altro se non que tu t'es trompé dans ton juge- perchè l'ingannàsti tu stesso ment. Cesse d'errer, et je recti- ne' tuòi giudìzj. Lascia gli errori fierai mes penchants.

tuòi , ed io rettificherò le mie in

clinazioni. E. Tu murmures en vain, cesse S. Indàrno mòrmori : cèssa di de répondre, je ne t'écoute plus. rispondere, più non t'ascolto.

C. *Crois-moi, nous sommes Ĉ. Crédi a me, siàm nàti per faits pour être unis; chaque nuage essere unìti; ogni contèsa, che qui vient troubler l'harmonie de tùrba l’armonia della nostra allènotre alliance, doit nécessaire- anza, dèbbe necessariamente èsment être préjudiciable à tous ser nocèvole ad ambidùe. Senza deux. Sans toi, je m'égare et me di te io mi sinarrisco, mi pèrdo, perds; sans moi, tu ne peux goû- e senza di me tu gustàr non sater aucun plaisir. Règne, j'y con- prèsti alcùn piacère. Règna , il sens; mais que ce soit pour être consento ; non per opprimermi, heureux par moi et avec moi, et ma soltànto per renderti felice non pour m'opprimer.

per me, è insieme con me. E. Tu sais si bien t'y prendre, S. Tu sei così, dèstro che sèmque tu me persuades toujours.

pre mi vinci.

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DIALOGUE CXIX. Entre le Bonheur et le Malheur. Fra la Felicità e ľ Infortunio.

M. Te voilà, mon frère ? que I. Sèi quì, sorella mia ? che fais-tu dans ce palais?

fài in codèsto palazzo ? B. C'est à moi à te demander F. A me stà il domandàrti , ce que tu cherches ici , et pour- quello che vài cercando, e perquoi tu suis mes pas. Je règne chè siègui i miei pàssi. Io règno ici, et je te défends d'y entrer. qui, e ti proibìsco l'entràrvi. M. Tu es bien arrogant !

1. Sèi mòlto arrogante?. B. Et toi , bien téméraire de F. E tu, mòlto sfacciato per me retenir.

trattenermi. M. As-tu donc oublié que nous I. Hài tu dùnque dimenticato sommes frères, et que le hasard che siamo fratelli, e che il caso è est notre père commun ?

nostro padre comůne ? B. Que m'importe notre ori- F. Che c'entra la nostra origine? va-t'en!

gine ? vanne. M. Te souvient-il que nous

1. Ti ricordi che fùmmo insiesommes allés ensemble à l'école ? me a scuola ?

B. Je me souviens que per- F. Mi rammento che nessuno sonne ne pouvait te souffrir, à poteva soffrir , per cotèsta tùa cause de ta laide figure, qu’on brutta fàccia; che ti faceano stut'a fait travailler, et que tu as diàre a fùria di bastonate, mènreçu des coups, tandis qu'on tre io èra vagheggiata , ed accam'aimait et qu'on m'accablait de rezzata. caresses.

M. Cela est vrai ; tu fus gâté , I. E verissimo, (tu fòsti educata et moi traité fort durement; mais con troppa dolcezza, ed' ìo asprisaussi , j'appris bien des choses : simamente ; quindi imparài mòltoi, au contraire, tu fus toujours to laddove tu fosti sèmpre dèbole faible d'esprit, et il paraît que tu di spirito ; e sembrani che non n'as pas encore acquis beaucoup àbbia ancora imparato troppo. de connaissances.

B. Je n'ai pas besoin de tant F. Non ho d'uopo di tànto saen savoir. Je suis beau, et je père. Sono di bell'aspetto, e piacplais à tout le monde; chacun cio ad ognùno; ciascùno mi còrre court après moi, et toi, on te fuit. dietro, e fùgge da te.

M. Le sentiment de mon inno- I. Vèngo consolàto dal senticence et de ma supériorité me mento della mia innocènza e del console; l'espérance me soutient. mio sènno; e la speranza mi con

forta. B. Tu peux garder tes vaines F. Tienti la våna tùa consolaconsolations; mais je ne peux ziòne : non voglio tèco fermàrmi m'arrêter plus longtemps avec più a lungo. Mòmo m' aspetta. toi. Momus m'attend.

M. Eh bien ! je m'en vais ; je I. Ebbene, io me ne vado ;

ma

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ne te dirai qu'une chose : dans ti dirò soltanto questo : in comla société de Momus , tu devien- pagnia di Mòmo diverrài ben dras bientôt léger, inconstant, presto leggera , incostànte, sciadissipateur, débauché; tes char- Îacquatrice, scapestrata ; scememes diminueront, et tu perdras rànno le tùe attrattive, e perderài ton crédit. Alors peut-être on me la fàma. Allora fòrse mi sarà fàtta rendra justice, et l'on reconnai- ragione, e si conoscerà, che il tra que ma société vaut mieux que consorzio mio è, più che il tùo la tienne pour apprendre aux non fù mài, àtto ad avvertire gli hommes à ne suivre que le che- uòmini di non seguire che il cammin de la vertu.

mino della virtù.

DIALOGUE CXX.

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Les souhaits.

I desidèrj. Un savant. Depuis trente ans je Un dotto. Da trent'anni in quà m'occupe sans relâche de deux sòno unicamente occupato di dùe choses, du problème de la quadra- cose: del problema della quadrature du cercle et de celui du mou- tùra del circolo , e di quello del vement perpétuel. Que je serais moto perpetuo. Quanto felice saheureux, si un jour je pouvais par- rèi , se arrivare io potėssi ad una venir à une découverte aussi pré- si preziosa scoperta, che ha fàtto cieuse, qui a fait le désespoir des disperare i dòtti di tùtti i secoli ! savants de tous les temps ! Mon Allora il mio nòme passerebbe nom alors passerait à la postérité. àlla posterità.

Un militaire. Vous faites consis- Un militare. Vòi fàte consistere ter votre bonheur en bien peu de la felicità vòstra in pòca cosa ; chose. Moi, je suis au service du quànto a me, sono al servizio del roi depuis vingt ans. De simple re da venť ànni in quà : di sèmfantassin que j'étais, je suis pär- plice soldato giùnsi al grado di venu au grade de capitaine, sans capitano, senza grandi sforzi d'inde grands efforts de génie; pour gégno; dve la fortuna, e la guerra peu que la fortune et la guerre vogliano un po' secondàrmi, sarò me secondent, je serai dans un an fra un ànno colonèllo, e pòscia colonel, et par suite général. Ce generale. Una tale celebrità sarà genre de célébrité vaudra bien le cèrto pari alla vostra. vôtre.

Un campagnard. La gloire et les Un campagnuolo. La glòria, e honneurs ne m'éblouissent pas. gli onori non m'abbagliano, $iJe vous laisserai , Messieurs, l'un, gnòri mièi. Lascierò volentieri , courir après une chimère, l'autre, vòi, còrrere dietro ad una chis'exposer à mille dangers pour mèra , vòi , espòrvi a mille peparvenir aux grandeurs. Au sein rigli per salire alle grandezze. In du repos et de la paix , je sème, sèno al riposo, ed alla pace, io je plante, je cultive ; et sous mes sèmino, pianto, coltivo, e sotto yeux, mes champs se couvrent gli occhi miei si còprono i miei d'une abondante moisson, mes I càmpi di abbondànte mèsse, si

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gnes, et

bois se garnissent d'arbres touf-, forniscono le mièi foreste d'alberi fus, et mes bestiaux se multiplient. fronzùti, e si moltiplicano i miei Le seul veu que je puisse former armènti. La sòla grazia che lo est que la grèle épargne mes vi- pòssa chieder è, che la gràndine

que

la clavelée n'atteigne non cada sopra le mie vigne, e pas mes moutons.

le mie pècore non sièno tormen

tàte dal fuoco di Sant'Antonio. Un joueur. A votre compte , Un giuocatòre. Secondo vòi, simonsieur l'agriculteur, il ne vous gnòre agricoltore, non ci vogliono faudrait pas moins de vingt ans mèno di vent'anni di risparmj, d'épargnes et de petites écono- e d'economia per fàrvi un pò di mies pour acquérir une assez peculio. A me, un quarto d'ora , mince fortune. Pour moi, je n'au- anzi un minuto basta ad arricrais besoin que d'un quart d'heu-chirmi. Non chièggo al Cielo altro re, d'une minute pour m'enrichir. | favore se non di farmi conoscere Je ne demande au Ciel d'autre il dissòtto d'una càrta, o i pùnti faveur que celle de me faire con- nascosti d'un dàdo. naitre le dessous d'une carte, ou les points cachés d’un dé.

Une jeune coquette. Votre Una giovane civetta. Ottimo moyen, assurément, est fort bon; mezzo gli è certo cotèsto. Pure cependant j'en connais un plus io ne vaghèggio uno che m’agagréable. Je voudrais avoir tou-gradirèbbe assài più ne vorrei jours dix-huit ans, et rester aver sèmpre diciòtt’ ànni, e ricomme je suis.

manère quàl sòno. Un bel esprit. Eh , Messieurs, à Un bello spirito. Eh, Signori, quoi vous serviraient vos riches.. a che gioverebbero le vostre rises, si vous ne savez pas en jouir? chèzze, se non sapete godèrne ? Ce sont les connaissances, les ta- Le cogniziòni, i talènti, l'immalents, l'imagination, le goût et ginaziòne, il buon gusto, e lo l'esprit qui donnent de la consi- spirito son quelli che procacciano dération et qui rendent heureux. fåma, e rèndon l'uomo felice. Viva Vivent les gens d'esprit !

la gente di spirito!

Un uomo di mòndo. Per èssere heureux, on n'a pas besoin de tout felice non c'è bisogno di tùtto cela. Les gens d'esprit se laissent quèsto. Le persone di spirito si laemporter par leur vive imagina- sciàno trasportàre dalla fòga della tion ; leur tête et leur cæur sont loro immaginazione; la loro tètoujours, pour ainsi dire, en ef-sta, il loro cuore sono sempre, fervescence, et ils ne sont jamais dirèi quàsi, in effervescenza, e satisfaits. C'est dans le contente- non sono mai pàghi di nulla ; sólo ment intérieur qu'il faut chercher nel contento interno, cercar conle vrai bonheur. Les sots ne s'af-viène la vera felicità. Gli sciòcchi fectent de rien, ils n'ont pas de non si sgomèntano di cosa alcùpassions, ils pensent peu à l'a- na; non hànno passioni, poco venir et' oublient facilement le pensano all'avvenire, e dimentipassé. Leurs jouissances, pour être cano agevolmente il passato. I moins vives, n'en sont que plus loro godimenti mèno vivi, sòno

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our être 1

durables. Vivent les sots! più durevoli che in altrùi. Vivano

gli sciòcchi! Un homme sensé. Moi de- Un uomo sensàto. Io bràmo un mande un peu de fortune, un peu po'di richèzza, un po'd'ingegno d'esprit, un peu d'instruction, un po'd'istruzione, un'ottima sabeaucoup de santé, et surtout un lute, e sopra tutto un gran fòndo grand fonds de gaîté, que je con- d'allegrìa, ch'io serberò fino al serverai jusqu'à la fin de ma car- tèrmine della mia vita. rière.

Un ecclésiastique. Quel aveu- Un ecclesiàstico. Quàl cecità è glement est le vòtre, Messieurs ! la vostra , Signori miei! vòi cervous demandez des trésors, des càte tesòri, titoli, bellezza, ingètitres, de la beauté, de l'esprit, gno, dòni funèsti che vi traggono dons funestes qui conduisent à ad inevità bile pèrdita; e dimenune perte inévitable, et vous ou- ticàte il solo bène desideràbile, bliez le seul bien que vous devez il sòlo che dève stàrvi a cuore di être jaloux de posséder, le salut possedère, la salute dell'anima de votre âme!

vostra.

DIALOGUE CXXI.

Le Sommeil et la Mort.

Il Sònno, e la Mòrte. M. Bonjour, mon ami !

M. Buon giorno amico! S. Laisse-moi, ton aspect hi- S. Làsciami, l'òrrido tùo asdeux m'effraie.

petto mi spaventa. M. Suis-je donc si épouvanta- M. Che mài c'è di si spaventėble! regarde-moi; on dit que tu vole in me? guàrdami; si dice che me ressembles.

tu mi rassomigli. S. Cruelle ! si je te ressemble, S. Crudèle! se ti rassomiglio, ce n'est pas du moins de par ton non è per certo nell’orrènda tùa affreuse figure.

fàccia. M. Tu m'appelles cruelle ; ap- M. Mi chiàmi crudèle perchè prends à me connaître et à m'ap- non sài conoscermi, nè apprezprécier. Je suis nécessaire aux zàrmi, sono necessària agli uomi

: sans de l la terre serait trop petite pour les della tèrra sarebbe troppo angusta contenir ; sans moi, l'on verrait per contenerli. Senza di me vedes crimes sans nombre. Moi drèbbonsi innumerabili delitti. seule je retiens les humains dans Sòla tengo gli uomini ne' limiti les bornes de leurs devoirs, je de' lòro dovėri; li rèndo sensibili les rends sensibles à la gloire, et alla glòria, e li porto ad intrales porte à entreprendre de prendere cose gràndi. Io conforto, grandes choses. Je fais la conso- e libero gli infelici dalle loro pène. lation des malheureux, et les délivre de leurs peines.

S. Quelle différence entre nous S. Qual differenza fra nòi dùe! deux ! les hommes généralement | gli uomini in generale ti dete

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