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ne te dirai qu'une chose dans la société de Momus, tu deviendras bientôt léger, inconstant, dissipateur, débauché; tes charmes diminueront, et tu perdras ton crédit. Alors peut-être on me rendra justice, et l'on reconnaîtra que ma société vaut mieux que la tienne pour apprendre aux hommes à ne suivre que le chemin de la vertu.

Les souhaits.

ti dirò soltanto quèsto: in compagnia di Momo diverrài ben prèsto leggèra, incostante, scialacquatrice, scapestràta; scemeranno le tue attrattive, e perderài la fàma. Allòra fòrse mi sarà fàtta ragiòne, e si conoscerà, che il consorzio mìo è, più che il tuo non fù mài, àtto ad avvertìre gli uòmini di non seguìre che il cammino della virtù.

DIALOGUE CXX.

Un savant. Depuis trente ans je m'occupe sans relâche de deux choses, du problème de la quadrature du cercle et de celui du mouvement perpétuel. Que je serais heureux, si un jour je pouvais parvenir à une découverte aussi précieuse, qui a fait le désespoir des savants de tous les temps! Mon nom alors passerait à la postérité.

Un militaire. Vous faites consister votre bonheur en bien peu de chose. Moi, je suis au service du roi depuis vingt ans. De simple fantassin que j'étais, je suis parvenu au grade de capitaine, sans de grands efforts de génie; pour peu que la fortune et la guerre me secondent, je serai dans un an colonel, et par suite général. Ce genre de célébrité vaudra bien le vôtre.

Un campagnard. La gloire et les honneurs ne m'éblouissent pas. Je vous laisserai, Messieurs, l'un, courir après une chimère, l'autre, s'exposer à mille dangers pour parvenir aux grandeurs. Au sein du repos et de la paix, je sème, je plante, je cultive; et sous mes yeux, mes champs se couvrent d'une abondante moisson, mes

I desidèrj.

Un dòtto. Da trent' ànni in quà sono unicamente occupàto di dùe còse: del problèma della quadratùra del circolo, e di quello del mòto perpètuo. Quànto felice sarèi, se arrivàre ìo potèssi ad una si preziòsa scoperta, che ha fatto disperare i dòtti di tutti i sècoli! Allora il mio nòme passerèbbe àlla posterità.

Un militare. Vòi fàte consistere la felicità vòstra in pòca còsa; quànto a me, sòno al servizio del re da vent'anni in quà: di sèmplice soldato giùnsi al grado di capitano, senza grandi sforzi d'ingegno; òve la fortuna, e la guèrra vògliano un pò' secondàrmi, sarò fra un anno colonèllo, e pòscia generàle. Una tàle celebrità sarà cèrto pàri àlla vòstra.

Un campagnuolo. La glòria, e gli onòri non m' abbagliano, Signòri mièi. Lascierò volentièri, vòi, còrrere dietro ad ùna chimèra, vòi, espòrvi a mille perigli per salire alle grandezze. In sèno al ripòso, ed ålla pàce, ìo sèmino, pianto, coltivo, e sotto gli occhi miei si còprono i mièi campi di abbondante mèsse, si

bois se garnissent d'arbres touffus, et mes bestiaux se multiplient. Le seul vœu que je puisse former est que la grêle épargne mes vignes, et que la clavelée n'atteigne pas mes moutons.

Un joueur. A votre compte, monsieur l'agriculteur, il ne vous faudrait pas moins de vingt ans d'épargnes et de petites économies pour acquérir une assez mince fortune. Pour moi, je n'aurais besoin que d'un quart-d'heure, d'une minute pour m'enrichir. Je ne demande au Ciel d'autre faveur que celle de me faire connaître le dessous d'une carte, ou les points cachés d'un dé.

Une jeune coquette. Votre moyen, assurément, est fort bon; cependant j'en connais un plus agréable. Je voudrais avoir toujours dix-huit ans, et rester comme je suis.

Un bel esprit. Eh, Messieurs, à quoi vous serviraient vos richesses, si vous ne savez pas en jouir? Ce sont les connaissances, les talents, l'imagination, le goût et l'esprit qui donnent de la considération et qui rendent heureux. Vivent les gens d'esprit !

Un homme du monde. Pour être heureux, on n'a pas besoin de tout cela. Les gens d'esprit se laissent emporter par leur vive imagination; leur tête et leur cœur sont toujours, pour ainsi dire, en effervescence, et ils ne sont jamais satisfaits. C'est dans le contentement intérieur qu'il faut chercher le vrai bonheur. Les sots ne s'affectent de rien, ils n'ont pas de passions, ils pensent peu à l'avenir et oublient facilement le passé. Leurs jouissances, pour être moins vives, n'en sont que plus

forniscono le mièi forèste d'àlberi fronzùti, e si moltiplicano i miei armènti. La sòla grazia che io pòssa chieder è, che la grandine non cada sopra le mie vigne, e le mie pècore non sièno tormentàte dal fuoco di Sant' Antònio.

Un giuocatore. Secòndo vòi, signòre agricoltore, non ci vogliono mèno di vent' ànni di risparmj, e d'economia per fàrvi un pò di peculio. A me, un quarto d'òra, ànzi un minùto bàsta ad arricchìrmi. Non chièggo al Cielo àltro favòre se non di fàrmi conoscere il dissòtto d'una càrta, o i pùnti nascosti d'un dàdo.

Una giovane civetta. Ottimo mèzzo gli è cèrto cotèsto. Pùre ìo ne vaghèggio ùno che m'aggradirebbe assai più ne vorrei avèr sempre diciòtt' ànni, e rimanère quàl sòno.

Un bello spirito. Eh, Signòri, a che gioverebbero le vòstre richèzze, se non sapète godèrne? Le cognizioni, i talènti, l'immaginazione, il buòn gùsto, e lo spirito son quelli che procàcciano fàma, e rèndon l' uomo felice.Viva la gente di spirito!

Un uomo di mondo. Per èssere felice non c'è bisogno di tutto quèsto. Le persone di spirito si lasciano trasportare dalla fòga della lòro immaginaziòne; la lòro tèsta, il loro cuòre sòno sèmpre, dirèi quàsi, in effervescènza, e non sono mai pàghi di nulla; sòlo nel contènto interno, cercàr conviène la vèra felicità. Gli sciocchi non si sgomèntano di còsa alcùna; non hanno passioni, pòco pènsano all' avvenire, e dimentìcano agevolmente il passato. I lòro godimènti mèno vivi, sòno

durables. Vivent les sots!

Un homme sensé. Moi je demande un peu de fortune, un peu d'esprit, un peu d'instruction, beaucoup de santé, et surtout un grand fonds de gaîté, que je conserverai jusqu'à la fin de ma carrière.

Un ecclésiastique. Quel aveuglement est le vôtre, Messieurs! vous demandez des trésors, des titres, de la beauté, de l'esprit, dons funestes qui conduisent à une perte inévitable, et vous oubliez le seul bien que vous devez être jaloux de posséder, le salut de votre âme!

più durèvoli che in altrui. Vivano gli sciocchi!

Un uomo sensato. Io bràmo un po'di richèzza, un po'd'ingègno un po' d'istruzione, un'ottima salute, e sopra tutto un gran fòndo d'allegria, ch' io serberò fino al tèrmine della mia vita.

Un ecclesiàstico. Quàl cecità è la vòstra, Signori miei! vòi cercàte tesòri, titoli, bellezza, ingègno, dòni funèsti che vi tràggono ad inevitàbile pèrdita; e dimenticàte il sòlo bène desiderabile, il sòlo che dève stàrvi a cuore di possedère, la salute dell' ànima vòstra.

DIALOGUE CXXI.

Le Sommeil et la Mort. M. Bonjour, mon ami! S. Laisse-moi, ton aspect hideux m'effraie.

M. Suis-je donc si épouvantable! regarde-moi; on dit que tu me ressembles.

S. Cruelle si je te ressemble, ce n'est pas du moins de par ton affreuse figure.

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M. Tu m'appelles cruelle; apprends à me connaître et à m'apprécier. Je suis nécessaire aux hommes sans moi, la surface de la terre serait trop petite pour les | contenir; sans moi, l'on verrait des crimes sans nombre. Moi seule je retiens les humains dans les bornes de leurs devoirs, je les rends sensibles à la gloire, et les porte à entreprendre de grandes choses. Je fais la consolation des malheureux, et les délivre de leurs peines.

S. Quelle différence entre nous deux les hommes généralement

Il Sonno, e la Mòrte. M. Buòn giòrno amìco! S. Lasciami, l'òrrido tùo aspètto mi spaventa.

M. Che mài c'è di si spaventèvole in me? guàrdami; si dice che tu mi rassomigli.

S. Crudèle! se ti rassomiglio, non è per cèrto nell'orrènda tùa fàccia.

M. Mi chiami crudèle perchè non sài conòscermi, nè apprezzármi, sono necessària àgli uomini; e sènza di me la superficie della tèrra sarebbe troppo angùsta per contenèrli. Sènza di me vedrèbbonsi innumerabili delitti. Sòla tèngo gli uomini ne' limiti de' lòro dovèri; li rèndo sensibili àlla glòria, e li pòrto ad intraprèndere còse grandi. Io conforto, e libèro gli infelici dalle lòro pène.

S. Qual differènza fra nòi dùe! gli uomini in generàle ti detè

te détestent, et moi, ils m'aiment,, ils m'appellent par les noms les plus gracieux; je les soulage | dans leurs peines et dans leurs fatigues, ils viennent toutes les nuits se jeter entre mes bras; et, par un agréable enchantement, je calme leurs inquiétudes, je suspends leurs ennuis, je répare leurs forces, je leur fais même parfois éprouver des plaisirs plus doux que ceux qu'ils goûtent étant éveillés. Enfin tu es l'effroi du genre humain, tandis que j'en suis les délices.

M. Les hommes me détestent, dis-tu? cela ne me paraît point ainsi; ils me cherchent au contraire. Ne se tuent-ils pas les uns les autres pour une bagatelle? ne donnent-ils pas dans tous les excès pour me rendre plus précoce? Que je me plais à voir toutes ces machines qu'ils préparent pour un siége ou pour une bataille! ils travaillent pour moi seule; et quel que soit le parti vaincu, je suis toujours sûre de triompher. Qu'as-tu à répondre ? qui sont ceux qui travaillent pour toi? si ce n'est les pharmaciens et les froids orateurs.

S. J'avoue que tout ce que tu as d'épouvantable ne suffit pas pour empêcher les hommes de s'abandonner à leurs folles passions; mais ces occasions à part, ils t'évitent avec soin, ils te craigent, et ils tremblent quand on les menace de toi.

M. Les hommes me craignent? j'en connais beaucoup qui ont prouvé tout le contraire. Mais I'habitude seule fait qu'ils ne te craignent point. Peut-être que, s'ils ne s'endormaient que deux ou trois fois dans leur vie, ils auraient également peur de toi.

stano, ed io sono amàto, invocàto còi più graziosi nòmi; ìo li ristoro nelle loro fatiche; vèngono ògni notte a gettarsi nelle mie bràccia: e con un piacevole incànto, càlmo le loro inquietudini, suspèndo le lòro cùre, rèndo lòro le forze perdute; fo spesso gustare ad èssi piacèri ancor più dòlci di quelli che godono quando son dèsti. Insomma tu sei lo spavento dell' umàn gènere, ìo ne son la delìzia,

M. Tu dìci che gli uomini mi detèstano? tàl non mi sembra il fatto, quando li vèggo ànzi corrèrmi incontro. Non si ammazzano èssi l' un l'altro per un nonnùlla? non si abbandonano ad ogni intemperànza per raggiungermi più prèsto? Quanto mi compiàccio nel vedère tutte quèlle macchine che apprèstano per un assèdio, o per una battaglia! Per me lavorano; e qualunque siasi il vinto, io son sempre cèrta della vittòria. Che hài tu da rispondere? Chi son quèlli che lavorano per te, se non fòrse gli speziàli, ed i frèddi oratòri?

S. Confèsso, che quànto hài di spaventòso non basta a distòrre gli uomini dal seguire le lòro insane passiòni; ma trànne in questo caso di acciecamento, sèmpre ti sfuggòno a lor potère, ti paventano, e trèmano, quando àltri li minàccia in tuo nome.

M. Mi tèmono? ìo ne conosco mòlti che han dimostràto il contràrio. Ma se te non tèmono, gli è per forza di consuetudine: se non si addormentàssero che dùe, o tre vòlte in vita lòro, fòrse avrebbero così di te còme di me paùra.

S. Quoi! nierais-tu que tes approches ne fassent souffrir aux hommes les plus cruelles douleurs?

M. L'homme ne souffre presque pas quand il quitte la vie naturellement. Son corps est affaibli, son imagination est éteinte, et il manque de sentiment pour éprouver les peines du corps et de l'esprit avec cette vivacité qui lui est naturelle, lorsqu'il jouit d'une santé parfaite.

S. Les hommes te craignent encore, parce qu'ils savent que tu les prives de tous leurs plaisirs et de ce qu'ils ont de plus cher au monde.

Ma Voilà comme ils se laissent surprendre par leur imagination! Ils croient qu'après leur mort ils conserveront encore les mêmes désirs, même les attachements qu'ils avaient lorsqu'ils étaient sur la terre. Au reste, la différence entre nous deux n'est pas si grande: on t'appelle une courte mort, et moi un sommeil éternel on ne nous distingue donc que par la durée.

S. C'est précisément cette durée qui fait frémir; ne revenir jamais plus est une pensée insupportable.

M. Que l'homme est injuste et bizarre! se plaint-il de ce que sa naissance ne date pas de l'origine du monde? non, sans doute: pourquoi donc se plaint-il de ce qu'il n'existera pas durant tous les siècles qui doivent venir après lui?

S. C'est qu'il sent qu'il existe, et qu'étant une fois, il ne peut supporter l'idée que bientôt il ne sera plus.

M. Il doit savoir que la vie est pour lui un don du Ciel; que le

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S. E che? negherài tu che il tùo avvicinarti non fàccia àgli uòmini soffrire crudèli dolòri?

M. L'uomo quàsi nùlla sòffre quàndo lascia la vita naturalmènte. Il corpo sùo è indebolito, estinta la sua immaginaziòne, e mancàgli il sentimento per provàre le pène del corpo e dello spirito con quella forza a lùi naturàle, quàndo trovàsi in perfètta salute.

S. Gli uomini in òltre ti tèmono, perchè sanno che tu li prìvi d'ogni loro piacère, e di quànto hànno di più caro al mondo.

M. Ve' còme si lasciano sedurre dalla loro immaginazione! Crèdono che serberànno ancòra, dòpo il lòro trànsito, gli stèssi desidèrj e le stesse affezioni che aveàno quand' èrano sùlla tèrra. Per àltro, la differènza fra nòi dùe non è sì grande chiamano te ùna mòrte brève, e me un sònno eterno; sicchè non ci distinguono che per la durata.

S. Quèsta durata appunto è quèlla che fa tremàre: è un orrìbile pensièro, quèllo di non tornàre mài più.

M. Quanto è ingiùsto, e bizzàrro l'uomo si lagna ègli fòrse perchè la sua nascita non sia dell'origine del mòndo? no cèrto: e perchè dunque si querèla di non esistere i sècoli che verranno dòpo di lùi ?

S. La ragione è quèsta; sènte di èssere quindi lo sgomènta il pensare che ben prèsto non sarà più.

M. Sapèr dèbbe che la vita è un dono del Cièlo, che la sùa orì

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