Page images
PDF
EPUB
[blocks in formation]

Vostro buòn cuòre mi rallègra assài.

Affè, che non ho bèlle paròle in prònto à esprimere i miei sentimènti; non sono stàto mài álla commèdia, dòve si dice che si possono imparare.

Questo è il linguaggio del cuore, e lo preferisco alle frasi studiàte. Un altro augurio aggiungerò àgli altri; ed è quèsto: ch'èlla mi continui la benevolènza dimostràtami fin quì.

Non mi sarà difficile, poichè sono stato sempre contènto di vòi.

Non ho finito ancòra: dèbbo domandarle unà grazia.

[blocks in formation]

DIALOGUE CXVII.

Entre un méchant critique et son secrétaire.

Bonne récolte, Monsieur! bonne récolte les livres arrivent de toutes parts.

Tant mieux! ils rempliront quelques rayons de ma bibliothèque.

Comment faire maintenant pour annoncer tout cela? vous le savez, nous sommes en retard de près de deux ans.

Que cela ne vous inquiète pas: nous nous contenterons de co

diez les titres des ouvrages dont

Fra un critico cattivo, ed il suo segretario.

Buona, buonissima raccolta, Signòre! da tutte le parti giùngono

libri.

Tànto meglio! saranno così riempite alcune scanzie della mia libreria.

Còme farèmo adèsso per annunziàrli tùtti? èlla sa che siamo in ritàrdo di quàsi dùe ànni.

Ciò non vi stùrbi: ci contenterèmo di copiare i titoli di quèlle 'òpere, delle quali non potrèmo

nous ne saurons rien dire de pi- | dir nùlla di piccànte. quant.

Les libraires crieront si vous n'en faites pas l'analyse. Laissez-les crier.

Mais vous les ruinez, si vous ne dites pas un mot en faveur de leurs livres, dont l'impression leur coûte souvent de très fortes

sommes.

S'il fallait les écouter, on n'aurait que des éloges à donner; notre besogne alors se bornerait à peu de chose; autant vaudrait qu'ils fissent eux-mêmes la crítique de leurs livres.

En décourageant ces pauvres gens, n'est-il pas à craindre que la littérature en souffre ?

Le grand nombre de productions qui paraissent journellement démontre le contraire. L'amourpropre des auteurs et la cupidité des imprimeurs ne finiront qu'avec le monde. Quel est ce gros volume?

C'est un recueil de poésies. Y avez-vous donné un coupd'œil?

Je l'ai lu tout entier.

Voilà ce qu'on appelle perdre son temps! il suffisait de parcourir la préface. Comment l'avez-vous trouvé ?

Le choix m'a paru bien fait. Tout vous semble bon! vous n'avez pas encore le tact pour trouver des défauts. Je vous l'ai dit cent fois il faut considérer un livre sous tous les rapports, sous celui de l'érudition, de l'ortographe, du style, de l'impression, du caractère, du papier, etc. Mais quand il s'agit de vers, la chose est beaucoup plus facile. On a la rime, la mesure, la césure: il serait bien étonnant que la critique ne trouvât pas à y mordre.

|

[ocr errors]

I libraj griderànno s'èlla non ne fa l'analisi.

Lasciateli gridàre.

Ma, saranno rovinàti, s'èlla non parla in favore de' lòro libri, la stampa còsta lòro spessissimo sòmme grandissime.

Se si dovessero ascoltàre, ci bisognerebbe far sèmpre elògj; e il nostro lavòro si ridurèbbe così a pòca còsa tal caso potrebbero far da se critica de lòro libri.

Scoraggiando quella povera gente, non è da temèrsi che abbia a patirne la letteratura?

1l gran número de' libri, che si dànno ògni giòrno àlla lùce, pròva il contràrio. L'amòr pròprio dègli autòri e la cupidìgia dègli stampatòri non cesseranno che àlla fine del mòndo. Còsa è quèl volumàccio?

E una raccolta di poesie.
Vi avète dàto un occhiàta ?

Le ho lètte tutte.

Questo si chiama pèrdere il tèmpo! bastàva una sèmplice scòrsa sulla prefazione. Che ve ne père ?

Mi pare che la scèlta sìa buona. Tutto vi sèmbra buòno? non avète per anche acùme di trovàre difètti. Ve l'ho detto mille vòlte: bisogna consideràre un libro sòpra ogni punto; quello dell' erudizione, dello stile, de l'ortografia, della stampa, del carattere, della càrta. Ma quando si tratta di vèrsi, la còsa è molto più fàcile: vi è la rima, la misùra, la cesùra: sarebbe un miracolo se il critico non vi trovasse da mòrdere.

Est-il donc si nécessaire de déchirer un auteur?

Vous êtes un sot! Que deviendrions-nous si nous accordions à un autre autant de connaissances, autant d'esprit qu'à nous-mêmes, comment vivrions-nous? Si vous ne voulez changer de manière de voir, je serai forcé de me pourvoir d'un autre secrétaire.

DIALOGUE

Entre l'Esprit et le Cœur.

E. Toi qui fais tour à tour mon bonheur et mon tourment, aimable auteur de mes plaisirs, cruel artisan de mes malheurs, quand cesseras-tu d'exercer sur moi ta tyrannie? Esclave de tes penchants, je suis toujours conduit par toi d'erreur en erreur; va, garde tes bienfaits, rends-moi la liberté que tu m'as ravie?

C. Depuis quand méritai-je ces reproches?

E. Il est vrai, je commence tard à me plaindre; depuis longtemps j'aurais dû revendiquer mes droits.

C. Tes droits? je n'ai jamais voulu les usurper.

E. Tyran rusé! ce n'est pas de vive force que tu exerces ton despotisme; tu caches ta puissance, qui n'en devient que plus dangereuse et plus terrible. Combien de fois tes charmes trompeurs ne m'ont-ils pas séduit?

C. Tu ne dois attribuer qu'à tes fausses idées la cause d'une in- | fortune, qu'au reste, je partage |

avec toi..

E. Tu sais embellir l'objet de tes désirs des couleurs les plus séduisantes, mais aussi les plus

Gli è dunque ben necessàrio di screditàre un autòre?

Siète un sciòcco. Che sarebbe di nòi, se accordàssimo ad altri ingègno e sapère pàri al nòstro? Come viverèmmo nòi? Se non volète cambiare il vostro mòdo di osservare le còse, mi provvederò d'un àltro segretàrio.

CXVIII.

[blocks in formation]

trompeuses. Lorsque tu cèdes à une passion subite, tu sais me prévenir avec beaucoup d'adresse; tu sèmes de fleurs le bord de l'abîme; tu couvres la vérité d'un voile qui la dérobe aux regards les plus pénétrants. Instruit par la triste expérience, je veux maintenant ressaisir toute mon indépendance, et ne plus t'écouter. Obéis, et tais-toi.

C. Tu me parles de ton pouvoir; je ne prétends pas te le ravir; tu le partageras avec moi, ingrat! Que ferais-tu sans moi? toi qui m'accables de reproches; ne me dois-tu pas tous les moments agréables dont tu as joui? et si tu as éprouvé quelques peines passagères, à qui la faute ? quant à moi, mes sentiments se dirigent d'après ta manière de voir: si je me trompe et que j'en fasse une fausse application, c'est parce que tu t'es trompé dans ton jugement. Cesse d'errer, et je rectifierai mes penchants.

E. Tu murmures en vain, cesse de répondre, je ne t'écoute plus. C. Crois-moi, nous sommes faits pour être unis; chaque nuage qui vient troubler l'harmonie de notre alliance, doit nécessairement être préjudiciable à tous deux. Sans toi, je m'égare et me perds; sans moi, tu ne peux goûter aucun plaisir. Règne, j'y consens; mais que ce soit pour être heureux par moi et avec moi, et non pour m'opprimer.

E. Tu sais si bien t'y prendre, que tu me persuades toujours.

|

Allorchè ti lasci trasportare a nuova passione, sài prevenirmi in sùo favòre con sòmma destrèzza; spàrgi di fiòri l'òrlo del precipizio, e copri la verità d'un velo, che la nascònde àgli sguàrdi più acuti. Ora istrutto da crùda speriènza, riprènder vòglio tutta l'indipendenza mia, e non ascoltàrti più. Ubbidisci, e tàchi.

C. Tu mi pàrli del potèr tùo; io non pretendo rapìrtelo; ma lo dividerai con me, ingrato! Senza di me che farèsti? Dimmi, tu che mi carichi di rimpròveri, non mi sèi tu debitore di tutte le òre gradite, di che godèsti mài? Se avèsti talvòlta qualche brève affànno, di chi è la còlpa? Non sài dùnque, che i sentimènti mièi sòno diretti da' tuoi pensièri? Se m'ingànno, se da me vengono màle applicati, non è per àltro se non perchè t'ingannàsti tu stèsso ne' tuòi giudizj. Làscia gli errori tuòi, ed io rettificherò le mìe inclinazioni.

S. Indàrno mòrmori: cèssa di rispondere, più non t'ascolto.

C. Crèdi a me, siàm nàti per èssere unìti; ògni contèsa, che tùrba l'armonia della nòstra allèanza, dèbbe necessariamènte èsser nocèvole ad ambidùe. Sènza di te ìo mi smarrìsco, mi pèrdo, e senza di me tu gustàr non saprèsti alcun piacère. Règna, il consènto; non per opprimermi, ma soltanto per renderti felice per me, è insième con me.

S. Tu sei così, dèstro che sèmpre mi vinci.

DIALOGUE CXIX.

Entre le Bonheur et le Malheur.

M. Te voilà, mon frère? que fais-tu dans ce palais?

B. C'est à moi à te demander ce que tu cherches ici, et pourquoi tu suis mes pas. Je règne ici, et je te défends d'y entrer.

M. Tu es bien arrogant ! B. Et toi, bien téméraire de me retenir.

M. As-tu donc oublié que nous sommes frères, et que le hasard est notre père commun?

B. Que m'importe notre origine? va-t'en!

M. Te souvient-il que nous sommes allés ensemble à l'école?

B. Je me souviens que personne ne pouvait te souffrir, à cause de ta laide figure, qu'on t'a fait travailler, et que tu as reçu des coups, tandis qu'on m'aimait et qu'on m'accablait de

caresses.

M. Cela est vrai; tu fus gâté, et moi traité fort durement; mais aussi, j'appris bien des choses : toi, au contraire, tu fus toujours faible d'esprit, et il paraît que tu n'as pas encore acquis beaucoup de connaissances.

B. Je n'ai pas besoin de tant en savoir. Je suis beau, et je plais à tout le monde; chacun court après moi, et toi, on te fuit.

M. Le sentiment de mon innocence et de ma supériorité me console; l'espérance me soutient.

B. Tu peux garder tes vaines consolations; mais je ne peux m'arrêter plus longtemps avec toi. Momus m'attend.

M. Eh bien! je m'en vais; je

Fra la Felicità e l' Infortunio. I. Sèi quì, sorèlla mia ? che fài in codèsto palazzo ?

F. A me stà il domandàrti, quello che vài cercàndo, e perchè siègui i miei pàssi. Io règno quì, e ti proibisco l'entràrvi. I. Sei mòlto arrogante?

F. E tu, mòlto sfacciato per trattenèrmi.

I. Hài tu dùnque dimenticato che siamo fratelli, e che il càso è nòstro padre comune?

F. Che c'entra la nòstra orìgine ? vànne.

I. Ti ricòrdi che fùmmo insième a scuola ?

F. Mi rammènto che nessuno potèva soffrir, per cotèsta tùa brùtta fàccia; che ti facèano studiàre a fùria di bastonàte, mèntre ìo èra vagheggiàta, ed accarezzata.

I. E verissimo, [tu fòsti educàta con troppa dolcezza, ed' ìo asprìssimamente; quindi imparài mòlto laddove tu fòsti sèmpre dèbole di spirito; e sèmbrani che non àbbià ancòra imparato troppo.

F. Non ho d'uòpo di tànto sapère. Sòno di bell' aspètto, e piaccio ad ognuno; ciascuno mi còrre dietro, e fùgge da te.

I. Vèngo consolàto dal sentimènto della mìa innocènza e del mìo sènno; e la sperànza mi confòrta.

F. Tiènti la vàna tùa consolazione non voglio tèco fermàrmi più a lungo. Mòmo m' aspètta.

I. Ebbène, ìo me ne vàdo; ma

« PreviousContinue »