Grammaire générale: ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de l'art de parler, considéré dans l'esprit et dans le discours, au moyen des usages comparés des langues hèbraïque, grecque, latine, allemande, anglaise, italienne, espagnole, française et autres, Volumes 1-2

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Page 168 - La Nature envers vous me semble bien injuste. — Votre compassion, lui répondit l'arbuste. Part d'un bon naturel; mais quittez ce souci. Les vents me sont moins qu'à vous redoutables: Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici Contre leurs coups épouvantables Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin.
Page 168 - Le chêne un jour dit au roseau : "Vous avez bien sujet d'accuser la nature : Un roitelet pour vous est un pesant fardeau. Le moindre vent qui d'aventure Fait rider la face de l'eau Vous oblige à baisser la tête : Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d'arrêter les rayons du soleil, Brave l'effort de la tempête.
Page 193 - II n'est point de serpent ni de monstre odieux, Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux : D'un pinceau délicat l'artifice agréable Du plus affreux objet fait un objet aimable.
Page 179 - C'est ce qu'il faut ici montrer en peu de mots. Suis-moi donc. Mais je vois, sur ce début de prône, Que ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune, Et que, les yeux fermés, tu baisses le menton. Ma foi, le plus sûr est de finir ce sermon.
Page 191 - L'autre d'un trait plaisant aiguiser l'épigramme : Malherbe d'un héros peut vanter les exploits ; Racan , chanter Philis , les bergers et les bois. Mais souvent un esprit qui se flatte et qui s'aime Méconnaît son génie , et s'ignore soi-même...
Page 194 - Telle qu'une bergère, au plus beau jour de fête, De superbes rubis ne charge point sa tête, Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements; Telle, aimable en son air, mais humble dans son style, Doit éclater sans pompe une élégante Idylle.
Page 191 - Oh ! que j'aime bien mieux cet auteur plein d'adresse Qui, sans faire d'abord de si haute promesse, Me dit d'un ton aisé, doux, simple, harmonieux : « Je chante les combats et cet homme pieux Qui, des bords phrygiens conduit dans l'Ausonie, Le premier aborda les champs de Lavinie...
Page 195 - Un auteur quelquefois , trop plein de son objet , Jamais sans l'épuiser n'abandonne un sujet. S'il rencontre un palais , il m'en dépeint la face ; II me promène après de terrasse en terrasse ; Ici s'offre un perron ; là règne un corridor; Là ce balcon s'enferme en un balustre d'or. Il compte des plafonds les ronds et les ovales ; Ce ne sont que festons , ce ne sont qu'astragales ' . Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin , Et je me sauve à peine au travers du jardin.
Page 197 - II réprime des mots l'ambitieuse emphase ; Ici le sens le choque, et plus loin c'est la phrase. Votre construction semble un peu s'obscurcir ; Ce terme est équivoque, il le faut éclaircir : C'est ainsi que vous parle un ami véritable. Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable A les protéger tous se croit intéressé, Et d'abord prend en main le droit de l'offensé. De ce vers, direz-vous, l'expression est basse.
Page 195 - A ce nouvel appât courut avidement. La faveur du public excitant leur audace, Leur nombre impétueux inonda le Parnasse. Le madrigal...

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