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COMPLÈTES

DE VOLTAIRE.

TOME TREIZIÈME.

STOUTGART,
CHEZ E. SCHWEIZERBART!

LIBRAIRIE.

M. DCCC. XXX.

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SUR LES MEURS

ET

L'ESPRIT DES NATIONS.

PAR

VOLTAIRE.

TOME IV.

STOUTGART,
CHEŻ E. SCHWEIZERBART.

LIBRAIRIE.

M. DCCC. XXX.

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CHAPITRE CLXIX.

De la reine Marie Stuart. Il est difficile de savoir la vérité toute entière dans une querelle de particuliers ; combien plus dans une querelle de têtes couronnées , lorsque tant de ressorts secrets sont employés, lorsque les deux partis font valoir également la vérité et le mensonge? Lès au teurs contemporains sont alors suspects; ils sont pour la plupart les avocats d'un parti, plutôt que les dépositaires de l'histoire. Je dois donc m'en tenir aux faits avérés, dan's les obscurités de cette grande et fatale aventure.

Toutes les rivalités étaient entre Marie et Élisabeth, rivalité de nation, de couronne, de religion; celle de l'esprit, celle de la beauté. Marie, bien moins puissante, moins maîtresse chez elle, moins ferme et moins politique, n'avait de supériorité sur Elisabeth que celle de ses agréments, qui contribuerent même à son malheur. La reine d'Ecosse encourageait la faetion catholique en Angleterre; et la reine d'Angleterre animait avec plus de succès la faction protestante en Ecosse. Elisabeth porta d'abord la supériorité de ses intrigues jusqu'à empêcher long-temps Marie d'Écosse de se remarier à son choix.

(1565) Cependant Marie, malgré les négociations de sa rivale, malgré les états d'Ecosse composés de protestants, et malgré le

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