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en grandeur le globe de la terre. Mais pour celui-ci, il me parut bien fi petit, que notre empire , dont l'étendue n'en occupe que comme un point , me fit pitié.

Je continuois à regarder fixement la terre. Jusqu'à quand, me dit l'africain , aurez-vous l'esprit attaché sur cet objet ? Quoi ! les temples superbes, où vous voici , ne méritent pas votre attention? Voyez comme le tout est composé (1) de

nir jusqu'aux étoiles fixes; & il suppose que ce boulec , allant toujours de la même vi. cesse, parcourt environ cent toises en une se. conde. Ainsi c'est trois mille six cens toiles par heure. L'imagination se perd dans ce calcul. (0) Pour cout commentaire, il ne faus' qu'avoir ici une sphère devant les yeux

neuf cercles , ou plutôt de neuf globes, l'un desquels est ce globe céleste, qui, placé au-dessus de tous les autres,

les embrasse tous, & les foutient de tous côtés. A celui-là sont attachées les étoiles fixes, qui de toute éternité se meuvent dans le même sens que ce premier ciel. Plus bas font sept autres globes, qui ont un mouve ment de rétrogradation. Un de ces globes est celui que les habitans de la terre appellent Saturne. Un autre nommé Jupiter, dont les influences font favorables & falutai. res aux hommes. Après on voit le feu étincelant & terrible, que vous appelez Mars. Presqu'au milieu de ce grand espace, vous voyez le soleil qui est le conducteur & le chef des autres planètes, l'intelligence & la règle de l'univers, & dont la grandeur est telle, que de fes rayons , il éclaire, il remplit tout. A fa suite,

&
comme pour

l'accompagner, sont Vénus & Mercure. Vous avez enfin la lune , dont le globe n’a de lumière que ce qu'il en reçoit du soleil. Au-dessous il n'y a plus rien, qui ne soit corruptible & mortel ; fi ce n'eft les ames humaines, présent des dieux. Au-dessus de la lune tout est (1)

(1) On peut conclure de-là, que Cicéo : ron n'étoit pas pour la pluralité des mondes

éternel. Quant à la terre , qui est le neuvième globe, & qui occupe le centre, elle n'a point de mouvement; elle est placée au lieu le plus bas; & c'est où tendent naturellement tous les corps entraînés par leur poids.

J'étois saisi d'étonnement à la vue d'un tel spectacle. Quand je me fus un peu remis : Mais, dis-je à l'africain, 'quel est ce son fi écla. tant & fi agréable, dont j'ai l'oreille remplie? C'est, dit-il, l'harmonia

peuplés. Car, s'il n'y a point de corruption au-dessus de la lune, il n'y a donc point de génération, & par conséquent point d'animaux. A l'égard de la lune, beaucoup d'anciens la croyoient habitée comme la terre. Voyez Acad. II, 39.

qui résulte du mouvement des sphères; & qui composée (1) d'inter

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(1) « Cicéron, conformément au systême

imaginaire de Pythagore, compare ici les w mouvemens des sept planères, & de l'orbe » des étoiles fixes, (ce qui remplit le nom» bre de huit ) aux vibrations ou ébranle. » mens de huit cordes , qui composoienc , » l'ancien instrument appellé octacorde , for» mé de deux tétracordes disjoints , ou de w huit cordes en tour, qui , dans le genre

diaronique, rendoient ces huit fons de » norré musique, mi, fa, fol, la , fi , ut , » ré, mi ; en sorte que la lune, la plus » basse des planères, répond au mi , le plus » grave des huit sons ; Mercure , au fa; Véwnus, au fol ; le Soleil, au la; Mars, au fi;

Jupiter, à l'ut; Saturne, au ré; & l'orbe » des étoiles , qui est le plus élevé de tous, w au mi , le son le plus aigu, & faisant l'oc

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