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Lorgueil s'assortit mal avec le mauvais sort,
Et tous deux, insolents, font un mauvais accord.
(ROTROU, Antigone. Acte IV, Sc. 3.)

Accorder. > Il faut accorder les contradictions qui ne sont qu'apparentes ; il faut faire un choix bien raisonné quand elles sont réelles.

(FONTENELLE, De Lisle.) > Combien se sont liés et'accordés ensemble aux dépens du pauvre et de l'innocent.

(BOURDALOUE, Pensées.)

Adieu. > Lorsqu'en prenant congé d'un ami, il créa pour la première fois le mot adieu, l'homme n'a-t-il pas voulu dire à la personne aimée : « Je ne suis plus la pour veiller sur toi, mais je te recommande à Dieu qui veille sur tous ».

(AL. DUMAS père, Antony. Acte II, Sc. 3.) Admiration. > L'admiration est un sentiment qui écrase et n'attendrit pas.

(LACORDAIRE, Pensées. Ame.) > Le peuple écoute avidement, les yeux élevés et la bouche ouverte, croit que cela lui plaît, et, à mesure qu'il y comprend moins, admire davantage.

(LA BRUYÈRE, Les Caractères. Chap. I. Des ouvrages de l'es

prit.) > L'homme admire de se voir placé dans l'univers, sans savoir comment il y a été mis.

(FÉNELON, Existence de Dieu, 10.) Affaires. > Dans les affaires, on n'a point d'amis, on n'a que des correspondants.

(AL. DUMAS père, Monte Cristo. 2° partie, Acte III, Sc. 5.

> Les affaires sont les affaires; on les termine en discutant, on les embrouille en se battant.

(Al. Dumas père, Le Gentilhomme de la Montagne. Pro

logue, 1er tableau, Sc. 10.) > Les mouches ne nous inquiètent pas par leur effort, mais par la multitude : ainsi les grandes affaires ne nous troublent pas tant comme les menues quand elles sont en grand nombre.

(SAINT FRANÇOIS DE SALES, Introduction à la vie dévote. 3° partie, Chap. X.)

Affliction (Voir Douleur).

Aimer (Voir Amour). > Aimer, c'est vivre par le cœur, par l'endroit le plus vif et le plus consolant de notre être.

(LACORDAIRE, Pensées. Amitié.) Ambition. > L'ambition déplait quand elle est assouvie ; D'une contraire ardeur son ardeur est suivie.

(P. CORNEILLE, Cinna. Acte II, Sc. 1.) Toute mon ambition est de rendre service aux gens de nom et de mérite.

(MOLIÈRE, Le Sicilien. Scène 11.) > De l'éclat du pouvoir ne soyez pas tenté L'ambition détruit l'appétit, la santé.

(BERCHOUX, La Gastronomie. Chant IV.) > L'ambition de dominer sur les esprits est la plus forte de toutes les passions.

(NAPOLÉON Jer, Pensées.)
> L'avide ambition pour mère a l'ignorance,

Le sot orgueil pour père, et l'enter pour pays ;
Pour désirs l'univers, pour plaisirs les ennuis;
Et trouve son tyran dans son impatience.
(PIBRAC.)

Ame.
> Oui, Platon, tu dis vrai : notre âme est immortelle ;

C'est un Dieu qui lui parle, un Dieu qui vit en elle.
Et d'où viendrait sans lui ce grand pressentiment,
Ce dégoût des faux biens, cette horreur du néant?

(VOLTAIRE, L'Immortalité de l'âme.)
2 0 Mort! est-il donc vrai que nos âmes heureuses

Vont rien à redouter de les fureurs affreuses,
Et qu'au moment cruel qui nous ravit le jour,
Tes victimes ne font que changer de séjour ?

(Louis RACINE, Poème de la Religion.)
> Malheureux l'insensé dont la vue asservie

Ne sent point qu'un esprit s'agite dans la vie !
Mortel, il reste sourd à la voix du tombeau;
Sa pensée est sans aide, et son cœur est sans flamme.

Car il marche ignorant son Ame,
Tel qu'un aveugle errant qui porte un vain flambeau.

(V. Hugo, Odes. Livre IV, 10. L'Ame.)
> Le désir du néant convient aux scélérats.

Non, je ne puis penser que la nuit du trépas
Éteigne avec nos jours ce flambeau de notre âme,
Qu'alluma l'Immortel d'une céleste flamme.

(GRESSET, Édouard III.) > Mon âme est ou n'est pas. Si elle est, elle est de toute éternité.

(AL. DUMAS père, Le Comle Hermann. Épilogue.) > L'immortalité de l'âme est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu'il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l'indifférence de savoir ce qui en est.

(PASCAL, Pensées. Section III, 194.)

Amis. Amitié, > Ce n'est pas tout d'acquérir des amis, il les faut garder.

(FRANÇOIS D'AMBOISE, Les Napolitaines. Acte II, Sc. 7.)

L'amitié qui se recelle,
Rend mille fois plus de plaisir
A ceux qui en peuvent jouyr,
Que celle qui est descouverte.

(FR. PERRIN, Les Escoliers. Acte 1, Sc. 3.)
L'amitié des hommes flouette (fugitive)
N'est jamais entière et perlaicte,
Si pense-je avoir un amy
Qui n'est ny fat, ny endormy,
Qui m'aime, chérit, et honore
Autant que luy, ou plus encore.

(FR. PERRIN, Les Escoliers. Acte III, Sc. 1.)
L'amitié plus chère et première
Doibt tousjours demeurer entière.

(FR. PERRIN, Les Escoliers. Acte III, Sc. 5.)
Les amis sont des biens nécessaires
Qu'on ne doit employer qu'aux extres mes affaires.

(P. DU RYER, Les Vendanges de Suresne. Acte IV, Sc. 6.) > Je ne crois pas à l'amitié qui suit l'amour.

(AL. DUMAS PÈRE, Antony. Acte 1, Sc. 2.) > Il faut de ses amis endurer quelque chose.

(Molière, L'Étourdi. Acte I, Sc. 10.) > Le véritable ami est le plus grand de tous les biens.

(SAINT-RÉAL.) Dans tes amis tu dois mettre ta confiance, Déposer dans leur sein les secrets de ton cœur, Partager leurs plaisirs, partager leur douleur, Et ne voir leurs défauts que d'un ail d'indulgence. (PIBRAC.)

L'amitié doit surtout éclater Aux choses qui le plus nous peuvent importer. (MOLIÈRE, Le Misanthrope. Acte III, Sc. 5.)

Un lièvre de bon caractère

Voulait avoir beaucoup d'amis. « Beaucoup! me direz-vous, c'est une grande affaire :

Un seul est rare en ce pays. »

...

J'en conviens, mais mon lièvre avait cette marotte,

Et ne savait pas qu'Aristote
Disait aux jeunes Grecs à son école admis :

« Mes amis, il n'est point d'amis. » (FLORIAN, Livre III, Fable 7. Le Lièvre, ses Amis et les deux

Chevreuils.) > Pius on aime quelqu'un, moins il faut qu'on le flatte.

(MOLIÈRE, Le Misanthrope. Acte II, Sc. 5.) » La plupart des amis dégoûtent de l'amitié, et la plupart des dévots dégoûtent de la dévotion.

(LA ROCHEFOUCAULD, Maximes, 449.) > Quand nos amis nous ont trompés, on ne doit que de l'indifférence aux marques de leur amitié, mais on doit toujours de la sensibilité à leurs malheurs.

(LA ROCHEFOUCAULD, Marimes, 456.) > Quelque rare que soit le véritable amour, il l'est encore moins

que

la véritable amitié. (LA ROCHEFOUCAULD, Maximes, 196.) >> Entre amis il ne faut jamais qu'on s'abandonne

Aux traits d'un courroux sérieux. (LA FONTAINE, Livre XII, Fable 2. Le Chat et les deux lor

neaux.)
> Qu'aisément l'amitié jusqu'à l'amour nous mène

C'est un penchant si doux qu'on y tombe sans peine ;
Mais, quand il faut changer l'amour en amitié,
Que l'âme qui s'y force est digne de pitié.

(P. CORNEILLE, Héraclius. Acle III, Sc. 1.)
D... Quelque apparence où l'amitié se fonde,

Ne cherchons plus ni foi, ni vertu dans le monde ;
L'amitié, les serments et la foi d'aujourd'hui
Ne servent qu'à tromper la bonne foi d'autrui.
(ROTROC, La Sæur. Acle 1, Sc. 3.)

Je compatis aux misères du monde,
Où tout souci, tout trouble et tout malheur abonde
Depois que l'amitié n'y connait plus de loi,
Et que la foi n'y sert qu'à séduire la foi ;

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