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Descartes a personnellement fait plus pour la connaissance de la lumière que pour celle du système du monde. Il a démontré, et sans doute aussi découvert, la loi de la réfraction simple, principal fondement de l'optique; il l'a employée à déterminer les surfaces lenticulaires, à expliquer la merveille de l'arc-en-ciel, et il a ébauché

le système des ondes, qu'on dirait être le secret même de la nature, tant il rend facilement raison des phénomènes.

La loi de la réflection fut aperçue des anciens : Euclide la démontrait à l'aide d'une supposition, moins évidente peut-être que la loi même. D étant

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l'oeil du spectateur, E l'objet, DC, EA, perpendiculaires sur AC, il posait en principe que DC : CB:: EA:A B. Alors les deux triangles B C D et B A E sont semblables, et l'angle DBC=EBA (1). Ptolémée prouvait cetie égalité en la mesurant avec des lames (2). Héron, suivant Héliodore, s'appuyait sur le principe de moindre action, dont il est peut-être l'inventeur (3).

Képler imagine de décomposerle mouvement(4). Descartes s'empare de ceite démonstration (5).

(1) Catopt., theor. 1o.

(2) Voy. le Mémoire de M. Caussin sur les manuscrits de l'optique de cet auteur; Nouv. mémoire de l'Acad. des Inscript. et belles-lettres, t. VI, p. 17.

(3) «Demonstravit Hero in catoptricis, rectas, quæ ad angulos æquales refectuntur, minimas esse rectarum intermediarum, quæadinæquales angulos reflectuntur ad easdem partes, ab eadem et simili linea. » Damiani phisosophi, Heliodori Larissæi, de opticis libri II, in-40, an 1657, lib. 1. cap. XIJI.

(4) Opt., prop. 19, p. 20.
(5) Diopt., deuxième discours.

Nous avons vu que, d'après lui, la lumière résulte de la pression exercée sur la rétine par les globules du second élément, que pousse le corps éclairant. Il compare cette pression réfléchie au mouvement d'une balle qui frappe une toile. Soit B D la direction de la force qui l'anime; celle force ou le mouvement qu'elle produit, peut se décomposer en deux autres, l'un selon B C, l'autre selon B A,

le premier parallèle, le second perpendiculaire à A D. Parvenue au point D, la balle conserve le mouvement qui la portait vers F, et puisque sa vitesse n'est point changée, elle doit, après un temps égal à celui qu'elle a mis pour aller de B en D, parvenir en un point E tel que l'on ait : CE= CB, et DE=BD; d'où angle C D E= angle CDB.

Jl prouve d'une façon analogue la loi de la réfraclion simple. Supposons que la balle perce la toile, et que, par exemple, elle perde la moitié de sa vitesse; ce sera dans la composante verticale C B. Elle emploiera deux fois plus de temps à s'éloigner de 0, de la distance Co, qu’à y venir; et comme, dans cet intervalle, la force horizontale lui fera parcourir deux fois plus de chemin, elle prendra la

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direction 0 E, déterminée par la rencontre de l'extrémité de ( E=C 0 et de la perpendiculaire G E abaissée de l'extrémité de O G=2 B 0. Suppose-t-on au contraire que la balle reçoit en O une vitesse un tiers de fois plus grande, elle suivra OF, O K étant B 0. De là résulte que O G=EQ et OK=F V, sinus des angles de réfraction EOZ et Foz, égalent 2 B 0 et B0 ou 2CM et CM, sinus de l'angle d'incidence, et en général qu'il existe un rapport constant pour chaque milieu, entre le sinus d'incidence et le sinus de réfraction.

Fermat conteste la décomposition du mouve

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