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LIVRE QUATRIEME CHAPITRE HUITIEME

quelques enfants. 21. Vigueur d'esprit Des Naturalistes.

dans quelques vieillars. 2.... Exemples

de mémoires prodigieuses. 2 3. Figures SOMMAIRE.

monstrueuses d'hommes.24. Accouché1.Fables débitées par les anciens Natura. ments monstrueux. 25. Changements

listes.2.Projet d'une histoire naturelle. de sexes, 26. E.xemples de forces ex3. Quatre fortes d'effets naturels rap traordinaires.21. Delagénération des portés dans ce chapitre.4. Perte des li animaux.28.Productions irréguliéres vres de Salomon, s.Principaux au de la nature. 29. Opinion sur les éléteurs parmi les naturalistes, 6.De la phants et les castors.30.Grandeur de fympathie ó antipathie. 7. Des sympa force de certains animaux.31.Petitesse chies naturelles artificielles. 8. Hif inconcevable d'autres animaux. 32. toire tragique de Garsas de Medicis. De la longeur de la vie des animaux. 9.Des Psylles. 10. De la petite le du 33. Quelques animaux en guerne avec ceur.n1.Tempéramenis singuliers.12. leur propre espéce 3 4. Animaux lumiExemples de blancheurs survenuës su neux. 35.Hirondelles blories pendant bitement. 13.vies extraordinaires. 14. I hy ver.36.Venins fort febriles.37. DifLa Zone torride est tempérée contre ferentes remarques sur les téres. 38. Topinion des anciens. 15. Dela gran. Receites ridicules. 39. Du pélican. deur ancienne des villes. 16. Opinions 40. Des salamandres, 41. Du phodifferentes sur les Géants.17.Des Pyg nix. 42. Lesplantes regardées commées. 1 8.De la longue vie des Patriar me des animaux. 43. De lheliotrope. ches. 19. Exemples de vieillesses fort 44.Superstitions sur quelques plantes. exaggérées.20. Destalents précoces de 48. Dela poutre coupée dans le

cours.46. De quelques arbres merveils attribué à Démocrite & autres anciens
leux.47.Moien de prévenir l'yvresse. auteurs, les opinions les plus insensées
48.Calcul de l'accroissement des plan- sur les vertus des animaux, des plantes
tes.49.Soins d'Hortensius pour ses pla- & des pierres .
tanes.so.Fruits apportes en Italie par

Ce feroit un magnifique ouvrage,sul- projet d'une
Lucullus autres Romains. 51. Lon- vant la pensée d'un moderne [d],que de histoire na-
gue vie de quelques plantes. ;2. Opis réformer l'histoire naturelle,& de la ré. turelle.
nions superstitienfes sur les pierres.53. duire aux bornes de la vérité.La matiére
Figures naturelles sur des pierres'. 54. est belle & abondante ; & li l'on remon-
Dulac Asphalide.is. Propriétés fa- toit jusqu'à l'origine des fables,elle seroic
buleuse's åttribuées à plusieurs e avx .

eaux. également curieuse & instructive.Il s'en
56. Des merveilles du Dauphiné : 57. ' faut beaucoup qu’on ait faic jusqu'à pré-
Arbres fruitiers c forêts dans la mer. sent tout ce qu'il faut pour démêler la
58. La surface de la mer couverte véricé d'avec le mensonge dans la plân
d'herbes. 59. Sympathie des métaux. part des merveilles de la nature : &ce
60. Incertitude sur la formation des quien a été dic,ve se trouve qu'en divers
métaux.67. Neiges rouges en quelques endroits écartés,quiéchapent presque à
païs.6 2. Végirution des métaux. 63. tout le monde.
Pétrifications étonnantes.

L'Académie rožale des sciences a déja

fait beaucoup de progrés, qui pourront
'HOMME dans touts les être fort utiles à rendre une hiltoire na-
temps s'est appliqué à con- turelle compléte. Ce projet ne peut être
noître la nature, soit pour exécuté que par les découvertes suivies
le soulagement de ses & accumulées de plusieurs sçavants. Il

maux,soit pour la satisfac- n'y a que les recherches laborieuses de
tion de la curiosité.LesTyriens offroient plusieurs Aristotes , qui puissent parve.
chaque année les prémices des plan. nir à l'accomplissement d'un ouvrage
tes[a]à Cadmus,comme au prémier qui aufliétendu:& dont l'éxécution , en lui
en avoit enseigné les usages. Mais les na- supposant toute la perfection que les
turalistes ont le plus souvent débité des hommes sont capables de lui donner, se
conjectures pour des découvertes,& des ressentiroit toujours des bornes étroites
opinions pour des verités:& il y a peu de imposées à notre curiosité. Car, suivant
sçavants qui aïent poussé ausiloin lali. Pline [e], les effets naturels font incer-
cence de hazarder les idées les plus in- tains & cachés à nos yeux, par le voile
certaines, & quelquefois les plus extra- majestueux de la nature.
vagantes.

Les effets naturels que je rapporte, Le livre des trente-six herbes servant fone de quatre espéces: il y en a de vrais Quatre cortécs par les aux horoscopes, qui a été attribuée à dont nous ignorons les causes; ils prou- naturels anciens na- Mercure Trismegiste[b]ja été craité par vent que nous sommes peu instruits des fanpoetes

Galien de pures visions. Orphée le pré- resorts emploiés par la nature : il y en a pitre.
mier des auteurs connus en ce genre, sui- de douteux, qui doivent nous convaine
vant Pline [c], avoit écrit des plantes cre que nous ignorons même la plớpart
avecheaucoup de superstition: & ona des opérations de la nature:il s'en trouve

[a] Putarch fympofiac.lib.3.quet. 1. prodidit. Plin.lib.25.6.2.
[b]Gal.de fimp! medic facultatib,lib.6. [d] Le P.le Brun , hift. critiq. des prati

{r}Primus omnium , quos memoria no. Superstic.r.1.0.22 2. seconde édit.
vit, Orpheus de herbis aliqua curiofiùs [e]Omnia incertâ ratione, & in naturæ

Fables débi

turalistes.

.

Perte des li.

lomon.

de faux, & c'est le plus grand nombre; neurs, fauconniers & pescheurs de l'Asie
l'incertitude qui régne perpétuellement & de la Gréce obéir à Ariftote, & de
dans le discernement du vrai & du faux lui rendre compte de leurs découver-
sur cette matiére, sert à montrer jur. tes
qu’où l'opinion y dominc:enfin plusieurs Aristote n'a traité que des animaux,&
récits des naturalistes contiennent des il ne s'est attaché qu'à la physique.Théo-
exaggerations si outrées,que ce sont les phraste n'a eu pour objet de les recher-
exemples les plus marqués de la har. ches,que les plantes,& il ne les a exami-
diesle avec laquelle on a insulté des nées qu'en physicien:il a fait la descri-
hommes. Dans une matiére si suspecte, ption de cinq a lix cents plantes. L'ou.
on ne doit recevoir pour vrai,que ce qui vrage de Dioscoride en contient environ
est confirmé par des expériences suffi une centaine de plus. Cet auteur a joint
samment connuës, ou attestées par des aux plantes les animaux & lesminéraux,
auteurs dignes de foi. Après cet avertisse & il a remplison sujet en medecin. Pline
ment qui sera sous entendu en général, s'étant proposé d'écrire une histoire na-
comme si je le répécois à chaque article, curelle compléte, a embrassé tout ce
je n'hésiterai point à exposer simplenient qu'Aristote, Théophraste & Dioscoride
toute sorte d'opinions, pour faire con ont traité,& beaucoup davantage,asant
noître,non ce que l'on doit croire, mais suivi underlein si étendu,en philosophe,
ce que les naturalistes ont avancé. en médecin & en historien.

Cette science seroit fort étenduë & Pline en parlant de beaucoup de favres de Sa- fort assurée, si les livres de Salomon sur bles absurdes, débitées par les anciens

les plantes & les animaux s'étoient con naturalistes, a le plus souvent marqué
servés jusqu'à nous. Ce monarque inf. qu'il n'y ajoutoit aucune foi, non plus
truit par la sagesse même,traita de cours qu'à tout ce qui concerne les effets ma-
les arbres, depuis le cédre quiest sur le giques des plantes & des pierres. Les sça-
Liban[f] jusqu'à l'hyllope qui fort de la vants ont disputé entr'eux lequel a été le
muraille; & il fic connoître les proprié plus ancien de Pline & de Diofcoride
tés des animaux de la terre,des oiseaux, Saumaise croit qu'ils ont vécû en même
des reptibles & des poislons. La perte temps;le P.Hardouin estime que Dior-
d'un ouvrage si prétieux n'a pû être ré. coride est un peu plus ancien.
parée par les foibles lumiéres des natu En parlant des naturalistes, je ne dois
ralistes.

pas omettre les poëmes Grecs d'Oppien Parmi eux, les principaux auteurs [i],qui dédia fes cinq livres de la pesche lutecipaux, font Aristote, Théophraste, Pline, & à Antonin Caracalla pendant le régne mi .es natu- Dioscoride.Alexandre fournit a Aristote de l'empereur Sévére fon pére, & les

huit cents calents[] pour l'histoire des quatre livres de la chasse au même Caanim aux:& il ordonna [h] à tous les ve- racalla devenu empereur. Ce fut alors

A 3 majestate abdita. Plin. lib. 2.6. 37:

Dacier en plusieurs endroits de son commenIf] Et disputavit super lignis,à cedro, taire sur les hommes illustres de Plutarque,fait quæ eit Libano, usque ad hyffopum, quæ noonter la valeur du ralent Grec a mille écus, egreditur de pariete:& differuit in jumen es suivant son calcul,huit cents talents montis, & volucribus,& reptilibus,& piscibus. tent à deux millions quatre cents mille livres.

[b] Athen.déipnol.liv.9.c-20. Plin.liv. 8.c. [&]suivant l'évaluation de Budé,huit cents :

16.Plutarchiin Aléx. Talents valoient un million , quatre cenes qua [i] Euseb.in Chronic.Jul. Scalig. de poëtic. rante mille liv, de notre monnože Bud,de afe. lib. 5. Baillet jugement des sçavants sur les

3.

saliftes.

que ce prince lui fit donner une piéce de Boulogne l'histoire naturelle [1] , dans
monnoie d'or pour cliaque vers ce qui a laquelle il a effacé touts ceux qui l'ont
fait appeller les vers d'Oppien, des vers dovancé.Il n'a épargnéni peines[m], ni
dorés. Ils pourroient d'ailleurs soutenir dépense,ni voiages; & il avoit à la suite
ce nom pár leur élégance qui est accom- des dessinateurs, des peintres, des scul.
pagnée d'une grande érudition.Ce poëte preurs & des graveurs à qui il donnoit
mourut de la peste en son pais deCilicie, de gros gages.
âgé de trente ans seulement.Sescitoïens Jonston & Lycostliéne ont rapporté
lui dressérent une statuë , & mirent sur plusieurs effets naturels crès extraordi.
son combeau une épitaphe , dont le sens naires, & propres à faire croire que ces
écoit,que les dieux l'avoient faic mourir; deux auteurs avoient formé le deffein
parce qu'il surpasfoit tout les mortels. que je me propose, de montrer jusqu'où

La connoillance qu'Albert le Grand ont été les opinions bizarres des natura-
avoit des secrets de la nature, l'a exposé listes.
à passer pour auteur de beaucoup de re-

Ne pouvant traiter ce sujet avec la cetres frivoles d'opinions superstitieuses, précision du discernement, qui démêle& des traités apocryphes, indignes de la roit le vrai du fabuleux, je vais tâcher science & de la gravité de cet illustre & d'y apporter d'ailleurs le plus d'ordre saint évêque.Albere le Grand enseigna à qu'il ne sera possible.J'exposerai lesopiParis avec tant de réputation dans le nions des naturalistes, int sur la sympatreiziéme fiécle,que l'échole n'étant pas pathie; 2 nt, sur les hommes ; 3. nc sur les assez grande pour contenir touts susdil

. animaux; 4nt sur les plantes, sat sur les
ciples il fut contraint de continuer ses le- pierres;6 nt sur les caux,7nt, surles miné-
çons au milieu d'une place,qui depuis a raux.
été nommée la place Maubert, comme SECTION PREMIERE.
qui diroit la place de maître Aubert.
S. Thomas d'Aquin a été son disciple.

D: la Sympathie.
Abeure el Granit après avoir été élu L Escaprieins naturaliftes attribuoient

volontiers à la sympathie & à l'an. Dela fymcecte dignité pour reprendre ses exer- tipathie, touts les effets nacurels qu'ils antipathic. cicesordinaires dans les académies. n'entendoient pas. Jean-Baptiste de la

Ulysse Aldobrandi [k] a profeffé à Porte ( a ) s'exprime comme eux , poètes Latins 7.4 Dięt.de Moréri,art. Oppien. piatori in eà arte unico, triginta & amplius

[k] Ulysse Aldobrandi étoit issu de l'ancien annos,annuum aureorum ducentorum sti. rie maison de ce nom. Il s'appelle en Latin Ulyfjes pendiuin perfolvi , delineatores celeberriAldrovandas.

mos , Benninum Florentinum, & Corne[1] Petr. Caftellan,de vitis illuftr, medicor. lium Suintum Francofurtensem meo ære. in Uly]. Aldrov.

conduxi : nec non Jacobi Ligotii, fere. [m] Voici comment il parle lui-m me de les nissimi Etruriæ ducis , pictoris eximii recherches. Ego in fingulâ avium noftrarum opera, in hâc eâdem provincia Florenhistoriâ, ut tàm interna quàm externa no. tiæ quandoque ufus fum ut , quo maxi.. ta redderem , & eorum oculatus teftis ef- mo fieri poffit artificio,aves eæ designarenfem,ingentem pecuniæ vim , cùm in variis tur.Tandem sculptorem habui, & adhuc peregrinationibus in diversas orbis regio- habeo infignem , Chriftophoram Coriolanes a vium potiffimum, ac aliarum etiam nun Norimbergenfem, atque ejus nepo. rerum naturalium caulà susceptis, tùm in tem,qui eas adcò venustè, adeoque c!eganiisdem defcribendis, acin tabulis ex pyro ter exculpferunt,ut non in ligno,fed in ære confectis,delineandis, exsculpendisque at factæ videantur. que tandem excudendis confumpfi.Idcoque [n] Joann. Bapr.Port mag natur. lib.3.6 24

6.

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