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tércs.

9+

fur le fecret.

97.

» divitec » entre

95. Paisons

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rêté à l'endroit où ces trois cents soldats la ressemblance des humeurs & des cha- contraires
écoient étendus les uns près des autres, racteres est la disposition la plus propre semblance
touts percés pardevant de coups de ja- à faire naître l'amitié, & à la rendre du des charac-
velines ou d'épées reçus de près , il fut rable. Platon dans le dialogue de Lysis,
rempli d'admiration & aïant appris que & Saci dans le traité de l'amitié,eftiment
c'étoit là ce bataillon fi célebre des amis, au contraire, que la diverfité des hu.
il fe mit à pleurer & dit tout haut: Pé. meurs, & le contraste des chara&teres
riffent malheureusement toutsceux qui contribuë davantage à produire & à
font capables de soupçonner, que de fi conferver l'amitié.
braves gens aïent jamais pû faire ou Casaubony & Scaliger ont donné
foutlrir des choses honteufes.

l'exemple d'une amitié finguliére, qui Orinlon de : L'amitié n’autorise jamais à confierà commença entr'eux , & dura jufqu'à la Alontagne son ami le fecret qui n'est pas à for Mono mort, fans qu'ils se fuftent jamais vús.

tagne eft d'une opinion contraire, & Montagne foutient que la véritable & Montagne
» voici comment il s'en explique., Le fe- & parfaite amitié ne peut être divilée Croitorie
» cree que j'ai juré de ne déceler à autre , entre plufieurs , Celt un aflez grand partaite te
» je 'le puis.sans parjure communiquer à miracle, dit-il[d], de le doubler, & n'en » peutérre

celui qui n'est pas autre, c'est moi. comwoifíent pas la haureur ceux qui
Mais il ne m'est jamais permis de dispo- parlent de se tripler: rien n'est extrême, tidur

Geurs. contraises. ser de ce qui ne m'appartient pas.J'igno- qui a fon pareil.»

re ce qui m'a été confié sous la loi du fc- Lucien [e] a remarqué que parmi les
cret: je ne dois pas doubler les accidents Scythes, il n'y avoit pas une moindrein-
qui peuvent le faire connoître. Cet au- fidélité à un homme, de partager son a-
tre moi-même, quelque aturé que j'en mitié, qu'à une femme de manquer de
lois, ne peut-il pas être indiscret dans le fidélité à son mari, ou à fon amant .
vin ? ne peut-il pas découvrir ce que je Mais les douceurs de l'amitié doivent
lui aurai appris dans le délire d'une ma- être exeniptes du poison de la jaloufie:
ladie, ou dans les accis d'une démence, & c'est même un sentiment digne de l'as
à laquelle il deviendra sujet, après que mitié,de fouhaiter qu'un bien aussi pré-
mon secret me sera échapé? Je ne man- tieux fe multiplie à l'avantage & à la
que point à mon ami, lorsque je lui ca- fatisfaction de son ami.
che ce que je voudrois me caclier à moj- Eudamidas de Corinthe fit un tefta.
même, ce que je ne fçais que par une ment par lequel illégua à un de fes amis
nécessité indispensable, en vûë de l'exé fa mére à nourrir, & à Hautre fa fille à
cution, & sous l'engagement d'une con- marier, fubstituant en cas de mort le
noissance unique & non communicable. survivant. Charixéne un des légataires
SAmbroise dicde Satyrus fon frére: étant mort cinq jours après Eudamidas,
Nous n'avions, mon frére & moi [c], la substitution fuc ouverte au profit
qu’un esprit & qu'une volonté : tout d'Aréthée quieut les soins les plus cm-
écoic commun entre nous, hors le fe- pressés de la mére de fon ami,& pouvant
crec de nos amis.

difpofer de cinq talents,il en donna deux Oneft communément persuadé que & demi en dot à sa fille unique , & deux Opinions

[c] Cum omnia nobis effent noftra Saryr. fratr. Comunia , individuus fpiritus , indivi. (d] Montagn.liv. I ch.27. duus affectus; lolum tamen comniupe non [6] Lucien dans le dial.de Toxaris erat secretum amicorum , S. Ambr.de obit.

95.

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& demi à la fille d'Eudamidas,& les ma- ' tions, 22. Quelle feroit la vraie VH-
ria toutes deux le même jour. Il seroit leur.23. Défants de lavaleur d'Ale-
difficile de décider, de quel côté il y eut i candre. 24. Réfutation de Machia-
plus
de générosité, ou du côtédu tefla-

vel. 25. Hymne d'Aristote. 26. Res teur dans la confiance ou du côté des

proebes faits à la vertu par Herculo légataires , dans leur fidélité à y ré- ing par Brutus. 27. Delbéroïsme inpondre.

wintérieur. 28. Du sublime dans les

mours. 29. Du trouble d'une con

science criminelle . 30. De l'examen -1 du soir. 31. Traits de morale d'An

toninó d' Epitéte.:3 2. Noms des verCHAPITRE SECOND.

26x tus donnés à des passions déguisées.33.

Les motifs humains ne peuvent proDes vertus & des vices. duire des vertus véritables. 34. Lt

".. vertu depend des usages. 35. Dudes SO MM AIRE, i fintérelement des Romains. 36. De

l'hospitalite 37. Opinion de la Bruye. 1. Raisonnements opposés sur la vertui. diskrefurée. 38. Contradiction préren

2. Différents jugements de la vertu , duë des vertus . 39. Réfutation de par le vulgaire ó par les Philosophes. Charron. 40. Objections contre la ma3. La vertu placée par quelques-uns jixime, de ne pas faire à autrui ce que dans le milieu . 4. Par d'autres dans nous ne voudrions pas qui nous fict les extrémités. s.Opinions fingulières fait. 41. L'excès des vices érigé en des Stoiciens. 6. Del'égalité des ver- -- vertus . 42. Dogmes honteux de quel tus des vices. 7. Le sage ne peut re- : ques Philosophes. 43. Déregleinents cevoir d'injure, 8.Beaux traits de mo. 1 de l'esprit bumain . 44. Exemples rale dans les Philosophes payens. 9.

d'horribles méchancere's. Portrait d'une vertu parfaite dans Pla

.
ton. 1o.Comparaison des quatre ver- A vertu quoique très indépendan-
tus principales ; 11. L'humilité se te par elle-même de l'opinion, a
trouve dans Platon G dans Epiftéte. été exposée , comme toutes les autres
73. Clemence de Cés 17. 13. Autres idées des hommes, aux caprices de leurs

exemples du pardon des injures. 14. divers raisonnements. Heriode, [ a ] &
Grandes idees de la vertu. is. De Lucile [b]ont placé la veriu sur une
l'amour de la patrie. 16. Exemples montagne escarpée , dont les' abords
de justice . 17. Palage de Sénéque font rudes &. pénibles : Sénéque au-
sur les devoirs envers la société. i 8. contraire a loûtenu (c)que la route qui
Charité d' Epaminondas. 19. Samo- conduit à la vertu, n'a rien que de faci-
dération, 20. for ale sévére des an- le & d'agréable.
ciens. 21. Des motifs des bonnes ac-

Les Stoiciens recherchoient la ver. polés fut la

vertu.

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LA

1. Raisonnes ments op

[*] Της δ'ερετης ιδρώτα θεοί προπάροιθεν

έθηκαν A'Sάνατοι μακρύς δε και ήρθιος Τμος ες αυ

Arduus eft ad eam; longufque per ardua

τύν. . Hefiod. in operib. [b] Virtutem voluere dii fudore parari,

tractus, Lucil. [6] Non, ut quibusdam visumet , ar. duum in virtutes, & afperum iterelt,plano adeuntur. Sen, de irá lib. 2.c, 25.

tu pour elle même: les Epicuriens la Sénéque [i], fi vous sçavez perséconsidéroient, comme l'unique che- vérer dans le bien. Les hommes sont min par lequel le rage peut parvenir à insensés de faire des væux , & d'adrelUne véritable volupté..

ser au ciel des priéres , pour deman-
Homére [d], & plusieurs auteurs der ce qui ne dépend que d'eux.
prophanes rapportent toutes les vertus Horace recommande [k] de price
des hommes aux dieux. Jupiter , dic Jupiter , pour en obtenir les biens , que
Homére , augmente ou diminuë la ver- ce dieu peut accorder ou refuser aux
tu des hommes, comme il lui plaît. hommes, comme une longue vic, la
Bias [e] nous avertit de reconnoître santé, les richesses; mais de travail-
les dieux pour les auteurs de touts ler à se procurer soi-même les biens
bicus, & de les remercier de toutes nos de l'ame, la justice, la tranquillité, la
bonnes actions. Platon[f Jenseigne que fermeté. Cicéron est [1]du même avis.
dans les combats, que l'homme doit Ajax répond à son pére qui l'exhor-
foutenir, il ne peut vaincre , que par toit à attendre avec confiance la vic-
le secours de Dieu ou de les Anges: il toire, par le secours des dieux, que
ajoute [g], que toute la vertu qui se les plus lâches peuvent être victorieux
trouve dans les hommes, vient de Dieu; avec un tel secours; que pour lui, il
& c'est de ce passage, que saint Jerôme est bien assuré de vaincre sans eux.
& faint Clément d'Alexandrie ont in- Sénèque[m] contredit les sentiments
féré, que Platon avoit entrevû la né- que nous venons de rapporter, & il

n'est
pas

d'accord avec lui-même, lorsLes Scoiciens, & plusieurs autres qu'il donne pour précepte, de demanphilosophes & poëtes, tenoient un lan. der prémiérement la sagesse aux dieux, gage bien different. Lo sage , suivant & la bonne santé de l'ame, avant Sénéque [.6] avoit cet avantage sur celle du corps: & lorsqu'il dit [n], Jupiter, que dieu est vertueux par sa qu'on ne peut pratiquer & faire le nature, au lieu que le sage ne doit bien, ni s'élever au-dessus de la fortusa vertu qu'à lui-même. Vous êtes ne sans le secours de dieu.

Dineparvenu au véritable bonheur, ajoute Le vulgaire ne recconnoît la vertu rents juge

:

cellité de la grace.

ments de la

vertu par

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10

[d] Zous d cipszyn är speasuv opet u TE lese lam elevandæ manus.Sen.epist. 41:

[4] Sed fatis eft orare Jovem, Qui donat Οππας κεν είλησιν. Ηom.

& aufert, [e] Ο'τι αν αγαθόν πράττς, ως θεές Det vitam, det opes;æquum mianiKvament. Diog. Laërt. in Biant.

mum ipse parabo, Hor.l.1.epist. 18. [f] Plar, de legib. lib.

[1] Judicium hoc omnium mortalium [8] Ex ufi Toivu TÁTE TË Lylous, eft , fortunam a deo petendam, a le ipso Ο Μένον, θεία μοίρα ημίν φαίνεται παρα

sumendam effe fapienciam. Cic.de nar,door. γιγνομη ή αρετή ούς παραγίγνεται 1d, in lib.

. 3 Menon.

[m] Roga bonam mentem , bonam [b] Es aliquid , quo sapiens antecedat letudinem animi, deinde corporis. Sen. deum: ille naturæ beneficio , non luosa. epift. 10. piens eft. Sen. epift. 53.

[n] Bonus vir fine deo nemo eft. An po[i] Facis rem optimam, & tibi faluta- telt aliquis fupra fortunam , nisi ab illo ad rem, si, ut scribis, perseveras ire ad boc jutus exurgere? Ille dac conlilia magnifica nam mentem, quam ftultum est optare; & erecta . Sen, epift. 41. cùm pofsis à teimpetrare,non funt ad cæ.

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& Far les

La vertu

home vulgaire qu'aux actions' extraordinaires , aux avec le discernement, qui sçait placer
philora faillies de l'ame, pour ainsi dire , & les bienfaits; l'amour de la gloire avec
passe : aux efforts qu'elle fait , pour donner de la modestie.

grands exemples ; le philosophe ju- Suivant le même principe , la fidé-
ge différemment de la vertu [0]; il lité de rendre un dépôt doit s'accorder
la fait confifter dans une résolution avec l'utilité de celui qui le redeman-
constante, & dans une démarche égale: de , & l'observation d'une promesse
il l'examine dans une situation tran- avec des devoirs encore plus saints
quille, & lorfqu'elle croit n'être point & plus essentiels : car ce seroit un
apperçuë. Cicéron (p] préfére la clé crime inexcusable de remettre à un
mence de César à ses vertus militaires. homme transporté de colére , l'épée
Les officiers, les soldats , la fortune qu'il nous a confiée, & de se rendre
même , entrent en partage de la vic- complice d'une mauvaise action, par.
toire : mais l'humanité, la générosicé, ce qu'on auroic promis à celui qui la
la clémence acquiérent au héros une commet, de ne l'abandonner dans au-
gloire qui lui est propre & personnelle. cune entreprise.

Horace [9] mec la vertu dans le Les Stoïciens avoient plusieurs opiplacée par milieu de deux vices , & il place les nions singuliéres sur les verbus: que

Opinions

singuliéres mais dans le vices aux extrémités. C'est aussi le ne pouvant être exercées que par les des Stor

cicas.
sentiment d’Ariftote , qui définit la ver- facultés de l'amc, elles étoient de mê-
tuune perfection, qui ne péche ni par me substance que l'ame elle-même [s];
l'excès, ni par le défaut: & dans toute & que tout ce qui est de même subltan-
sa morale , il oppose à chaque vertu ce que notre ame étant animal, les
deux extrémités vicieufes, faisant le vertus par conséquent étoient des ani-
nombre des vices double de celui des maux qui habitoient au-dedans de
vertus. Ainsi la valeur est entre la lache. nous, de même que les vices. Ils sou.
té & la témérité, la prudence est égale- tenoient encore [1], que les vertus
ment éloignée de la pufillanimité & de étoient inséparables les unes des au-
la présomption. Pascal au contraire[r] tres, tendant toutes à une même fin;

place la vertu dans les deux extrémi. qu'ainsi celui qui posséde une vertu, a dans les ex: tés, observant que ce qui rend une nécessairement toutes les autres. Quel.

vertu vraiment digne de louange, c'est ques-uns n'admettoient qu'une seule
de posséder dans un même degré la vertu, qui reçoit différents noms, sui.
vertu qui lui eft opposée. Ainsi la va- vant les différents objets, ausquels elle
leur n'est une vertu, qu'autant qu'elle s'aplique. Le sentiment d'Aristote n'en
eft jointe avec la prudence; la libéralité étuit pas forc éloigné, lorsqu'il avan-
Tom. Il

LI

nilich.

Pard'autres

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[0] Decorum nihil magis est profecto, [9] Nam virtus medium est vitiorum,
quàm æquabilitas univerfæ vitæ, tum fin- & utrinque redu&um. Hor,
gularum actionum, Cic. de Offic. lib.i. [r] Pensées de Pascal, ch. 29.

[p] Nihil habet nec fortuna taa ma- [s] An virtutes fint animalia, itemque
jus , quam ut poflis, nec natura tua melius, vitia, & affectus. Sen. epift. 1. 3.
quam ut velis conservare quam plurimos. [1 ] Diog. Laërr, in Zen Citr.
Cic. orat. pro Ligario .

Quid fit virtus, una fit, an plures, se-
Equidem C. Cæsaris virtutes magnas paratæ, an annexæ:an qui unam habet ,
incredibilesque cognovi , &c. Cic. or at pro & cæteras habeat: quomodo inter fe dif.
Rabirio Pofthumo , n. 42. 43. 490 44. go or af. ferant, Sen. cpift. 95.
pro Marcello.

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re.

vices.

" çoit , qu'on ne peut pofféder aucune résultoit qu'il n'y pas plus de mat åttet vercu dans un degré parfait & éminents føn pére, qu'à voler un choux . i fans les posséder toutes. L'opinion de C'étoit encore une opinion Stoïcien- 7

Le Sage ne Chryfippe écoit , qu'on pouvoit perdre ne [*], que le Sage ne peut rece- peut rece la vertu, après l'avoir possédée : celle voir d'injare ; car ceux qui font ver. voir d'injede Cléanchés, que la vertu ne quittoit tueux , difoient ces philosophes, vivent jamais celui qui l'avoit euë en fa pof- en paix ; l'injure ne peut donc pas veseflion.

nir d'eux ; elle ne peut pas non plus
C'étoit une abfurdité générale de tou- venir de méchants, parce que ce qui
Egalité
tettus & des te la fe&e Scoicienne , qu'il y a une par- est plus fort, ne peut être oftensé pae

faite égalité dans les vertus & les vices: ce qui est plus foible: or la vertu ett
que la vertu & le vice ne sont pas plus plus forte que la méchanceté . De as
susceptibles du plus ou du moins, ou raisonnements ils concluoient [yl, que
de différents degrés, que le vrai & le les violences , les injures, les calami-
faux; & que comme ce qui est vrai u’est tés n'avoient pas plus de pouvoir de
pas plus vrai qu'une autre verité, & duire à l'homme de bico , qu’un nuage
que ce qui est faux n'est pas plus faux léger au Soleil.
qu'une autre faufseté; aussi une action Cette orgueilleufe Philosopbie, bien
vertueuse , ne peut l'être davantage loin de prendre la nature pour guide,
qu'une autre action vertueuse , ni au- lui étoit entiérement oppofée. Le dé.
cune action plus criminelle l'une que rangement de quelques fibres, un peu
l'autre [u]. Ils fe fervoient encore de de lalive d'un chico malade , la vûč
ces comparaitons : Etre éloigné d'Athé. d'un précipice , quoique le chemin
nes d'un seul stade , ou de cent ftades, foit affez large, les causes les plus foi-
c'est êcre également abfent d'Athénes. bles suffisent pour renverser la vertu
Le pilote qui brise fon vaisseau chargé la plus ferme, & pour jetter l'ame
de paille, ne montre pas moins d'igno d'un Socrate ou d'un Cacon hors de
rance, & ne péche pas moins contre son affiette.
fon art, que le pilote qui fait échouer Si l'on crouve dans les phidolophes
un vaisseau chargé d'or. Par ces compa- Payens tant de faux raisonnements fur Beaux traits
raisons les Stoiciens prétendoienc éta- la vertu, ils préfentent en même temps dans la phic
blir leur doctrine de l'égalité des bon le contraste de pluticurs sentiments lofophie

païcane. nes & des mauvaises actions, d'où it d'une morale épurée & fublime.

[u] Nec peccata , rerum eventu, fed [x] Validius effe debet quod lædit,
vitiis hominum metienda funt.In quo pec- co quod læditur . Non est autem for-
catur, id poteft aliud alio majus effe , aut tior nequitia virtute : non potest ergo
minus: ipsum quidem illud peccare , quo- lædi fapiens. Injuria in bonos non ten-
quo te vertas, unum eft. Auri navem ever- tatur , nifi à malis; bonis inter fe pax
fat gubernator

, an paleæ, in re aliquantu- eft. Quod fi lædi nifi infirinior non po-
lum, in gubernatoris inscitiâ nihil inter- teft , malus autem bono infirmior eft,
est una virtus est consentiens cum nec injuria bonis, nisi à difpari veren-
perpetuâ ratione & conftantiâ. Nihil huic da eft, injuri in fapientem virum non
addi poteft, nihil demi, ut virtutis no- cadit. Sex. Quod in fapient. non cadis
men relinquatur ... atque quoniam pares injuria 6.7.
virtutes funt, rectè etiam facta , quoniam [y] Adversùs virtutem hoc poffunt
a virtutibus proficiscuntur , paria efle de calamitates , & damna , & injuriæ ,
bent: itemque peccata, quoniam ex vi quod adversùs folem nebula. Sen. epift
tiis manant, fint æqualia neceffe eft, Cis.
para 3.

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