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garde-robe , sous madame campan femme de chambre, avait dix-huit mille francs de trai. tement ; c'est trente-six mille aujourd'hui. Aussi tout le monde voulait être de la garderobe. Que de gens encore passent la vie à espérer de tels emplois ! Montaigne quelque part se moque de ceux qui, de son temps s'adonnaient à l'agriculture , et à ce qu'il appelle ménage domestique. Allez, disait-il, chez les rois, si vous voulez vous enrichir. Et Démosthènes : Les rois , dit-il, font l'homme riche en un moment, et d'un seul mot; chez vous, Athéniens , cela ne se peut et il faut travailler ou hériter. Qu'on mette à Genève un roi avec un gros budget, chacun quittera l'horlogerie pour la garde-robe ; et , comme les valets du prince ont des valets , qui eux-mêmes en ont d'autres, un peuple se fait laquais. De là l'oisiveté, la bassesse , tous les vices, et une charmante société.

Madame Campan fait de la reine un modèle de toute vertu ; mais elle en parlait autrement, et l'on voit dans O'Meara ce qu'elle en disait à Bonaparte; comme, par exemple,

, que la reine avait un homme dans son lit, la nuit du 5 au 6 octobre, et que cet homme, en se sauvant , perdit ses chausses qui furent trouvées par elle, madame Gam

pan. Cette histoire est un peu suspecte. M. de la Fayette ne la croit point. Bonaparte a menti, ou madame Campau.

Elle écrit mal, et ne vaut pas madame de Motteville, qui était aussi femme de chambre. Madame du Hausset, autre femme de chambre, va paraître. On imprime ses Mémoires très curieux. Ce sont là les vrais historiens de la monarchie légitime.

Quelqu'un montre une lettre de M. Ar. guelles où sont ces propres mots : Votre roi nous menace; il veut nous envoyer un prince et cent mille hommes pour régler nos affaires selon le droit divin. Voici notre réponse : Qu'il exécute la Charte, ou nous lui enverrons Mina et dix mille hommes avec le dra. peau tricolore; qu'il chasse ses émigrés et ses vils courtisans, parce que nous craignons la contagion morale.

Horace va faire un tableau de la scène de manuel. Mais quel moment choisira-t-il ? Celui où Foucault dit: Empoignez le député.

ou bien quand le sergent refuse ? J'aimerais mieux ceci. Car,

le mot empoignez ne se peut peindre (grand dommage sans doute), il y aurait là deux ignobles personnages , Foucault et le président, quià dire vrai n'y était pas, mais auquel on penserait toujours. Dans cette composition, l'odieux

outre que

non

au

dominerait, et cela ne saurait plaire , quoiqu'en dise Boileau. L'instant du refus, au contraire , offre deux caractères nobles, Manuel et le sergent qui tous deux intéressent, pas

même degré, mais de la même manière et par le plus bel acte dont l'homme soit capable, résister au pouvoir. De pareils traits sont rares ; il faut les recueillir et les représenter, les recommander au peuple. D'autre part, on peut dire aussi que Manuel, Foucault, ses gendarmes donneraient beaucoup à penser : et le président derrière la toile; car il est des objets que l'art judi. cieux......... La constance de Manuel et la bassesse des autres formeraient un contraste; ceux-ci servant des maîtres et calculant d'avance le profit, la récompense toujours proportionnée à l'infamie de l'action ; celui-là se proposant l'approbation publique et la gloire à venir.

Les fournisseurs de l'armée sont tous bons gentilshommes et des premières familles. Il faut faire des preuves pour entrer dans la viande ou dans la partie des souliers. Les femmes

у
ont de

gros intérêts; les maîtresses, les amants partagent ; comtesses, duchesses, barons, marquis, on leur fait à tous bon marché des subsistances du soldat. La noblesse autrefois se ruinait à la guerre,

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maintenant s'enrichit et spécule très bien sûr la fidélité.

Les bateaux venus de Strasbourg à Bayonne par le roulage, coûteront de port cent vingt mille francs et seront trois mois en chemin. Construits en un mois à Bayonne, ils eussent coûté quarante mille francs. Les munitions qu'on expédie de Brest à Bayonne, par terre, iraient par mer sans aucuns frai: . Mais il y a une compagnie des transpor! par terre, dans laquelle des gens de la cour sont intéressés, et l'on préfère ce moyen. Il faut relever d'anciennes familles qui relèveront la monarchie si elle culbute en Espagne. Les parvenus

imitent les

gens de bonne maison. Victor, sa femme, son fils , prennent argent de toutes mains. On parle de pots-de-vins de cinquante inille écus. Tout s'adjuge à hụis-clos et sans publication. Ainsi se prépare une campagne à la manière de l'ancien régime. Cependant Marcellus danse avec miss Canning

La guerre va se faire enfin malgré tout le monde. Madame ne la veut pas. Madame du Cayla y paraît fort contraire. Mademoiselle ayant consulté sa poupée, se déclare pour la paix, ainsi que la nourrice et toutes les remueuses de Monseigneur le duc de Bor

deaux. Personne ne veut la guerre. Mais voici le temps de pâques, et tous le confesseurs refusent l'absolution si on ne fait la guerre; elle se fera donc.

Le duc de Guiche l'autre jour disait dans un salon, montrant le confesseur de Monsieur et d'autres prêtres : Ces cagots nous perdront.

On me propose cent contre un que nos jésuites ne feront pas la conquête de l'Espagne, et je suis tenté de tenir. Sous Bonaparte , je proposai cent contre un qu'il ferait la cor.. quête de l'Espagne : personne ne tint; jaurais perdu ; peut-être cette fois gagnerai-je.

- Mille contes plaisants du héros pacificateur , pointes , casembourgs de toutes parts. Il crève les chevaux sur la route de Bayonne, fait, dit-on quatre lieues à l'heure, va plus vite que Bonaparte, mais n'arrive pas sitôt, parce que ses dévotions l'arrêtenten chemin. Îl visite les églises et baise les reliques. Le peuple qui voit cela, en aime d'autant moins l'église et les reliques.

Il n'y a pas un paysan dans nos campagnes qui ne dise que Bonaparte vit, et qu'il reviendra. Tous ne le croient pas, mais le disent. C'est entre eux une espèce d'argot, de mot convenu pour narguer

le

gouvernement. Le peuple haït les Bourbons, parce

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