Cours élémentaire de philosophie, Volume 2

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Douxfils, 1850

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Page 188 - Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle ; c'est-à-dire d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention , et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute.
Page 189 - Non que j'imitasse pour cela les sceptiques, qui ne doutent que pour douter, et affectent d'être toujours irrésolus; car, au contraire, tout mon dessein ne tendait qu'à m'assurer, et a rejeter la terre mouvante et le sable pour trouver le roc ou l'argile.
Page 167 - La seule attention à cette idée porte un ridicule manifeste dans ma question. Il en est de même de certaines autres questions. Demandez à un enfant de quatre ans si la table de la chambre où il est se promène d'elle-même, et si elle se joue comme lui; au lieu de répondre, il rira. Demandez à un laboureur bien grossier si les arbres de son champ ont de l'amitié pour lui , si ses vaches lui ont donné conseil dans ses affaires domestiques , si sa charrue a bien de l'esprit, il répondra que...
Page 293 - ... qui se montre au premier coup d'œil, et qui découvre aussitôt l'évidence ou l'absurdité de la question, n'est-ce pas ce que j'appelle mes idées? Les voilà donc ces idées ou notions générales, que je ne puis ni contredire, ni examiner; suivant lesquelles au contraire j'examine et...
Page 320 - ... stupidité si monstrueuse? On dit hardiment qu'un villageois n'a pas assez d'esprit pour apprendre son catéchisme, pendant qu'il apprend sans peine toutes les chansons malignes et impudentes de son village ; pendant qu'il use des déguisements les plus subtils pour cacher ses débauches et ses larcins. L'esprit de chaque homme s'étend ou se raccourcit suivant l'application ou l'inapplication où il vit. L'esprit est comme un cuir souple qui prête : il s'allonge et il s'élargit à proportion...
Page 227 - L'origine de cette idée est plus près de nous, nous l'obtenons par une opération plus simple, plus immédiate, savoir : par l'aperception interne de notre existence individuelle. Le même acte réflexif par lequel le sujet se connaît et se dit MOI, le manifeste à lui-même comme force agissante , ou cause qui commence l'action ou le mouvement sans y être déterminé ni contraint par aucune cause autre que le MOI lui-même , qui s'identifie de la manière la plus complète et la plus intime...
Page 125 - ... méthode. La nécessité d'une méthode provient donc de la faiblesse de l'esprit qui est borné , dans sa capacité de sentir, dans sa faculté de penser, et dans sa mémoire. Les sensations trop fugitives sont inaperçues : un seul objet absorbe la pensée : la mémoire n'embrasse qu'un petit nombre d'idées ; et dans mille circonstances de la vie , dans l'étude des sciences surtout , nous éprouvons le besoin d'en retrouver un grand nombre, et de les avoir toutes présentes au même instant....
Page 303 - Ainsi, encore une fois, l'autorité est » pour nous un fait; et il est de fait encore qu'un » penchant naturel nous porte à juger de ce qui est ,• vrai ou faux d'après le consentement commun ou sur » la plus grande autorité ; que, pleins de défiance pour ,, les opinions, les faits dépourvus de cet appui, nous » attachons la certitude à l'accord des jugemens et des » témoignages; que, si cet accord est général, et, plus » encore, s'il est universel, on cesse d'écouter les » contradicteurs,...
Page 302 - ... possible, l'autorité de la raison universelle, il n'ya plus de base à la science, plus de principe aux connaissances humaines, plus de point fixe auquel on puisse attacher le premier anneau de la chaîne des vérités, plus de signe auquel on puisse distinguer la vérité de l'erreur, plus de raison, en un mot, au raisonnement. Il n'ya plus même de philosophie à espérer, et il faut se résigner à errer dans le vide des opinions humaines, des contradictions et des incertitudes, pour finir...
Page 95 - ... quelques questions nouvelles de logique, relatives à cette forme de raisonnement dont on a tant abusé au moyen âge, et que, depuis, par une réaction extrême, on a trop négligée, à savoir, la forme syllogistique. L'art syllogistique est tout au moins une escrime puissante, qui donne à l'esprit l'habitude de la précision et de la rigueur. C'est à cette mâle école que se sont formés nos pères : il n'ya que de l'avantage à y retenir quelque temps la jeunesse actuelle.

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