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FAUTES à corriger dans ce Volume.

Pag. 10. lig. 16 & 17. les avanture lis. les avantures.
Pag. 11. lig. 37. pencant. lif, pendant.
Pag. 32. lig. 25. autres. lif. autre.
Pag. 43. lig. 10. d'un d'un homme. lis. d'un homme.
Pag. 56. lig. 9. Et-ce là. lis. Eft-ce là.
Pag. 92. lig. 1. fanglors. lis. sanglots.
Pag. 101. derniere lig. par, lif. pas.
Pag. 124. lig. 21 & 22. de de peine. lif, de peine.
Pag. 129. lig. 7. ce. lifces..
Pag. 151. lig. 32. Commes. lis. Comme.
Id lig. 36. fait. lif fait.
Pag. 171. lig. 4 & 5. d'esftime. lis, d'estime.
Id. lig. 29. de ceux. lif. de celle.
Pag. 190. lig. 27. mavaise lif. mauvaise.
Pag. 197, lig. s. O ne, lif. É ne-

AVANT
125

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UAND j'appris qu'on imprimoit en Hol.

laude un Recueil de mes Ouvrages, j'é. crivis au Libraire pour le prier de n'y point insérer mes Dissertations imprimées dans les Mémoires de l'Académie des Belles-Lettres, parce que j'avois dessein d'y faire quel. ques changemens. La Lettre arriva trop tard, & le Libraire avoit déja fait usage de trois de ces Dissertations: ce qui m'obli. gea à donner une nouvelle attention aux au. tres.

En examinant ces Piéces que j'avois ou. bliées depuis vingt-cinq ans, je sentis qu'a, près un si long intervalle, on étoit capable d'être le censeur de soi-même : je remarquai tant de choses à réformer dans mes productions, que non content d'y faire des corrections considérables, j'en ai changé la forme, & je les ai mises dans un ordre qui compose une suite de Réflexions générales fur la Poësie.

Je prens mes principes dans les sources qui me paroissent les meilleures, dans Aril tote, Horace, Ciceron, Quintilien, Boi. leau, &c. & je tire mes exemples, le plus qu'il m'est poflible, des Poëtes de l'Antiquité, surtout d'Homere, le maître de la Poësie.

Je me trouve quelquefois obligé de parler, & même de cicer les Vers d'un autre Poëte très-connu parmi nous: je ne crains Tom. V.

А

point

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point qu'on me fasse des reproches, lorsque je n'en parle que quand mon sujet m'en préTente naturellement les occasions , puisqu'on pourroit me pardonner de les chercher : & fi même j'entreprenois , par un Ouvrage particulier, de le défendre contre tant de critiques dont nos Ecrivains modernes l'honorent tous les jours, on pourroit seulement me dire , lorsque je le défendrois avec plus de zéle que de raison, fallit te incautum pietas tua; mais en même tems on excuseroit mon zéle. Je ne me livrerai cependant à ce zéle si permis, que quand les matieres que je vais traiter m'y engageront: & de quelque maniere que ses Ouvrages soient attaqués, je n'entreprendrai ja. mais un écrit qui ait pour unique objet la défense d'un Poëte, qui indifférent pendant sa vie aux divers jugemens qu'on portoit de fes Piéces, recommandoit à son fils la même indifférence. Quand vous trouvea rez dans le monde, lui disoit-il, des personnes qui ne vous parottront pas estimer mes Tragédies, & qui même les attaqueront par des critiques injustes, pour toute réponse", contentezvous de les assurer que j'ai fait tout ce que j'ai pu pour plaire au Public, & que j'aurois voulu pouvoir mieux faire. C'étoit à mon frere aî. né que cet avis s'adressoit : lorsqu'un pere fi modeste nous fut enlevé par la mort, j'é. tois encore dans cet âge, où, quoiqu'on soit proaigue de ses larmes, on n'a pas assez de raison pour en donner aux véritables malheurs,

RE.

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'ENTREPRENS d'abord de réconci. lier la Poësie avec ces personnes respectables, mais trop feveres , qui la condamnent comme dangereuse

pour les meurs, ou qui du moins la méprisent comme toujours frivole. Je n'entreprens pas de justifier les Poëtes, je me chargerois d'une mauvaise cause. Je ne veux que jus tifier la Poësie. Si elle est devenue semblable à cette terre dont parle Homere, terre qui étoit fé. conde en plantes salutaires & en poisons; & fi les poisons y font devenus plus communs que les bonnes plantes, c'est la faute de ceux qui ont lemé dans son sein, ce qu'elle n'étoit pas destinée à produire. Les Poëtes qui y ont transporté des

plan.

A 2

plantes pernicieuses & étrangeres, font d'autant plus coupables, qu'ils se sont vantés -(1) d'être les favoris du Ciel; (2) d'être inspirés par un Dieu qui bahitoit toujours en eur; (3) d'être enfin des bommes Sacrés, dont les Dieux avoient un soin particulier. Horace nous atteste le soin que les Dieux prenoient de lui. Lorsqu'il doit être écrasé par la chute d'un arbre, (a) l'arbre prêt à tomber eft soutenu par le Dieu Faune, le protecteur des Poë. tes. (b) Quand à la sanglante journée de Philippes, il prend la fuite en abandonnant son bou. clier, (c) Mercure, autre Dieu protecteur des Poë. tes, l'enléve dans un nuage. Dans son enfance il s'endormit au milieu des serpens & des ours sans aucun danger, parce que des pigeons vinrent le couvrir de myrthes & de lauriers. (d) En. fin, lorsqu'il se promenoit seul dans une forêt, un loup plus terrible que tous les monstres de l'Afrique, s'enfuit dès qu'il le vit..

Malgré tous ces protecteurs que les Poëtes ont dans le Ciel, ils se sont attiré sur la Terre beaucoup d'ennemis. Le plus respectable de leurs anciens adversaires est Platon. Il les bannit de la République sans faire grace à Homere dont il étoit l'admirateur & l'imnitateur. Homere, à la vérité, sera congédié avec de grands honneurs : on le con duira aux portes de la ville, couvert de parfums, & couronné de fleurs; mais enfin il sera renvoyé comme les autres. Ce réglement de Platon est app prouvé par Ciceron, à qui les Poëtes paroissent d'autant plus dangereux, que leurs Vers qui restent,

dit

Sunt & commercia cæli. Ovide. (2) Eft Deus in nobis : agitante calescimus illo. Id. (3) At sacri vates, & Divûm cura vocamur, Id. (a) Ode 17. 1. 2. (O) ode 7. 1. 2.

4: 1. 3. Ode 22. 1. 1.

(c) Ode

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