Système de la nature, ou, Des loix du monde physique et du monde moral, par m. Mirabaud [or rather by P.H. D. Holbach. Ed. by J.A. Naigeon].

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Page 442 - Mais, si nous examinons les rapports de l'homme avec la nature , nous verrons que leurs engagemens ne furent ni volontaires du côté de ce dernier, ni réciproques du côté de la nature. La volonté de l'homme n'a aucune part à sa naissance; c'est contre son gré qu'il finit. Toutes ses actions sont forcées. Il ne peut aimer son être, qu'à condition d'être heureux. Si nous considérons le pacte qui unit l'homme à la société, nous verrons qu'il est conditionnel et réciproque, qu'il suppose...
Page xiv - ... le baron d'Holbach devait croire sans peine à l'empire de la raison, car ses passions (et les nôtres sont toujours celles d'après lesquelles nous jugeons celles de nos semblables), ses passions étaient précisément telles qu'il les faut pour faire valoir l'ascendant des bons principes. Il aimait les femmes, il était fort sensible aux plaisirs de la table, mais sans être l'esclave d'aucun de ses goûts. Il ne pouvait haïr personne; cependant ce n'était pas sans effort qu'il dissimulait...
Page xvi - Je n'ai jamais vu d'homme plus simplement simple. Un des traits les plus estimables du caractère de M. d'Holbach était sa bienfaisance; on ne peut rien ajouter à l'exemple touchant qu'en a rapporté M. Naigeon dans le Journal de Paris; et nous nous bornons à le transcrire ici.
Page 488 - Sois juste, parce que l'équité est le soutien du genre humain. Sois bon, parce que la bonté enchaîne tous les cœurs. Sois indulgent, parce que, faible toi-même, tu vis avec des êtres aussi faibles que toi. Sois doux, parce que la douceur attire l'affection.
Page xiv - Lavater , on voudra bien me pardonner de partager un peu sa physiognomanie : j'ai toujours été frappé du rapport qu'il y avait entre le caractère de la figure de M. d'Holbach et celui de son esprit. Il avait tous les traits assez réguliers, assez beaux, et ce n'était pourtant pas un bel homme. Son front large et découvert , comme celui de Diderot , portait l'empreinte d'un esprit vaste , étendu ; mais moins sinueux , moins arrondi , il n'annonçait ni la même chaleur , ni la même énergie...
Page 6 - C'est donc à la physique et à l'expérience que l'homme doit recourir dans toutes ses recherches; ce sont elles qu'il doit consulter dans sa religion, dans sa morale, dans sa législation, dans son gouvernement politique, dans les sciences et dans les arts, dans ses plaisirs, dans ses peines. La nature agit par...
Page xii - On doit en grande partie au baron d'Holbach les progrès rapides que l'histoire naturelle et la chimie ont faites parmi nous il ya environ trente ans ; c'est lui qui traduisit les meilleurs ouvrages que les Allemands avaient publiés sur ces sciences, presque inconnues alors en France, ou du moins fort négligées ; ces traductions sont enrichies d'excellentes notes, on en profita dans le temps sans savoir à qui l'on en était redevable ; à peine le sait-on aujourd'hui.
Page xi - M. d'Holbach, je n'en ai jamais vu qui le fût avec si peu d'ambition, même avec si peu de désir de le paraître. Sans le sincère intérêt qu'il prenait au progrès de toutes les lumières, de toutes les connaissances ; sans le besoin véritable qu'il avait de communiquer aux autres tout ce qu'il croyait pouvoir leur être .utile, on aurait pu toujours ignorer le secret de sa vaste érudition. Il en était de sa science comme de sa fortune, elle était pour les autres comme pour lui, mais jamais...
Page 253 - ... des âmes abjectes, des pieux enthousiastes, des pénitents frénétiques, des fanatiques, qui pour des opinions ridicules, ont troublé des empires. La nature dit à l'époux d'être tendre, de s'attacher à la compagne de son sort, de la porter dans son sein : la religion lui fait un crime de sa tendresse, et souvent lui fait regarder le lien conjugal comme un état de souillure et d'imperfection. La nature dit au père de chérir ses...
Page xiv - Le Système de la nature est fort inégalement écrit, chargé de redites ennuyeuses et de vaines déclamations, mais il y règne en général un ton d'enthousiasme, de philosophie et d'éloquence assez imposant ; il ya des pages entières, et il y en a un grand nombre, où l'on reconnaît aisément la plume d'un écrivain supérieur, et cela est fort simple, car ces pages sont de Diderot. Il a eu beaucoup moins de part au Système Social et à la Morale Universelle, où l'on trouve la même prolixité...

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