Mémoires pour servir à l'histoire de la philosophie au xviiie siècle, Volume 2

Front Cover
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Other editions - View all

Common terms and phrases

Popular passages

Page 280 - Comme je fais un long voyage, et que j'ignore ce que le sort me prépare, s'il arrivait qu'il disposât de ma vie, je recommande à ma femme et à mes enfants de remettre tous mes manuscrits à M. Naigeon, qui aura pour un homme, qu'il a tendrement aimé, et qui l'a payé de retour, le soin d'arranger, de revoir et de publier tout ce qui lui paraîtra ne devoir nuire ni à ma mémoire, ni à la tranquillité de personne : c'est ma volonté et j'espère qu'elle ne trouvera pas de contradiction.
Page 9 - L'ouvrage que nous commençons (et que nous désirons de finir) a deux objets : comme Encyclopédie, il doit exposer autant qu'il est possible, l'ordre et l'enchaînement des connaissances humaines; comme Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, il doit contenir sur chaque science et sur chaque art, soit libéral, soit mécanique, des principes généraux qui en sont la base, et les détails les plus essentiels qui en font le corps et la substance.
Page 183 - Qu'il ne s'agit que de. le développer ; Que nous ne sommes heureux qu'autant que nous observons les règles établies par la nature dans le but de notre conservation ; Et que toute sagesse, toute perfection, toute loi, toute vertu, toute philosophie, consistent dans la pratique de ces axiomes fondés sur notre propre organisation : Conserve-toi; Instruis-toi ; Modère-toi; Vis pour tes semblables, afin qu'ils vivent pour toi.
Page 148 - Vous avez appris qu'il a été dit : Vous aimerez votre prochain et vous haïrez votre ennemi. « Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent...
Page 24 - Tout, jusqu'à notre sort commun, semblait fait pour nous réunir. Tous deux sans parents, sans famille, ayant éprouvé, dès le moment de notre naissance, l'abandon, le malheur et l'injustice, la nature semblait nous avoir mis au monde pour nous chercher, pour nous tenir l'un à l'autre lieu de tout, pour nous servir d'appui mutuel, comme deux roseaux qui, battus par la tempête, se soutiennent en s'attachant l'un à l'autre.
Page 323 - Il n'appartient qu'à l'honnête homme d'être athée. Le méchant qui nie l'existence de Dieu, est juge et partie; c'est un homme qui craint et qui sait qu'il doit craindre un vengeur à venir des mauvaises actions qu'il a commises. L'homme de bien, au contraire, qui aimerait tant à se flatter d'un rémunérateur futur de ses vertus , lutte contre son propre intérêt.
Page 197 - C'est dans cet équipage que Sa Majesté, armée d'une grosse canne de sergent, faisait tous les jours la revue de son régiment de géants. Ce régiment était son goût favori et sa plus grande dépense. Le premier rang de sa compagnie était composé d'hommes dont le plus petit avait sept pieds de haut : il les faisait acheter aux bouts de l'Europe et de l'Asie.
Page 310 - Prisant peu la tolérance , Messieurs La Harpe et Naigeon ? Entr'eux il s'élève un schisme : L'un étant grave docteur , Ferré sur le catéchisme ; L'autre athée , inquisiteur.
Page 361 - On dit : Le parfait n'est pas ; le parfait n'est qu'une idée de notre esprit qui va s'élevant de l'imparfait qu'on voit de ses yeux jusqu'à une perfection qui n'a de réalité que dans la pensée. C'est le raisonnement que l'impie voudrait faire dans son cœur insensé, qui ne songe pas que le parfait est le premier, et en soi, et dans nos idées, et que l'imparfait en toutes façons n'en est qu'une dégradation.
Page 41 - ... heure. Cette facilité lui a laissé le temps de cultiver encore les belleslettres avec quelque succès: son style serré, clair et précis, ordinairement facile, sans prétention quoique châtié, quelquefois un peu sec, mais jamais de mauvais goût, a plus d'énergie que de chaleur, plus de justesse que d'imagination, plus de noblesse que de grâce.

Bibliographic information