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Joigneaux, Gasquin, Chaverondier.

La séance est levée à 3 heures 172.

renom

Séance agricole publique du 8 janvier 1863.

Présidence de M. VIONNET, Vice-Président. A 2 heures moins un quart, la séance s'ouvre par la lecture et l'adoption du procès-verbal de la réunion agricole du 1er décembre.

A propos des pommes-de-lerre suisses introduites avec tant de succès par la Société dans l'arrondissement de Poligny et d'Arras, M. Clerc-Outhier pro

1 pose l'importation des raves ou navets de Cuiseau, que signalent le bon goût, la bonne conservation pendant l'hiver. L'assemblée décide qu'une demande de graines sera faite à ce sujet.

Distribution est faite d'un gracieux envoi de la Société d'agriculture d'Arras, consistant en semences de carolles longues et de carottes courtes, si mées dans le Pas-de-Calais par leur grande productivité, leur précocité et leur bonne garde.

M. Baud, du Fied, présente quelques observations sur la culture de l'æillelte dans le Jura; il y joint un spécimen de l'huile qu'il a obtenue, et dont tous les membres reconnaissent la limpidité et l'excellente saveur. Distribution de graines de pavol, de lin et de colza sera faite le mois prochain.

Le docteur Pactet transmet son 3me mémoire sur l'influence de l'alimentation sur le lait.

Lecture est donnée : 1° d'un article de M. Faivre d'Esnans, sur la maladie des pommes-de-terre: 20 d'une note de M. Baud, sur l'apiculture; 3° de nouveaux faits relatifs à la cullure de la vigne, par le système Guyot.

Le Secrétaire perpétuel communique une lettre du Conseil municipal de Souvans, remerciant la Société d'avoir eu la généreuse pensée d'élever un monument à la mémoire de l'agriculteur Brune, et promettant son concours à l'exécution de ce projet.

Les viticulteurs présents sont invités à tenter de retiter de leurs marcs une grande quantité du tartre qu'ils contiennent. Pour cela, il suffit, après chaque cuite, de faire rebouillir, une à deux heures, le marc avec une quantité d'eau égale à celle que l'on introduit dans l'alambic avant la distillation; on obtient ainsi la dissolution du tartre dans l'eau bouillante, et celle-ci, en se refroidissant dans des baquets, dépose les cristaux salins. Le liquide est décanté, et le résidu séché au soleil ou à l'étuve. Cette opération très-simple serait assez rémunératrice, au dire de M. le docteur Guyot, pour payer dans la CharenteInférieure, les frais de distillation.

En raison des nouveaux rapports commerciaux que le chemin de fer va introduire dans le Jura, l'assemblée décide qu'il y a lieu de réunir pendant la prochaine Exposition annuelle, à Poligny, un Congrès de viliculleurs franccomtois, qui s'occupera de tout ce qui concerne la vigne, au quadruple point de vue des questions théoriques de culture et de vinification, des produits, des instruments et appareils.

Le Secrétaire perpétuel appelle l'attention sur la découverte de truffes constatées à Arbois, Poligny, Montchauvrot, et propose de faire venir des glands de chêne-truffier pour être semés dans les sols convenables. L'assemblée accède à cette idée et décide qu'une note concernant cette culture sera publiée dans le Bulletin.

Communication est donnée du programme des prochains Concours annuels, et la séance est levée à 3 heures 112.

POLIGNY, IMP. DE MARESCHAL.

OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES RECUEILLIES A POLIGNY, — (Janvier 1863).

ÉLÉVATION : 338" AU LIEU D'OBSERVATION.

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6. 30 Om743m S V

8° Fa H 2 6

S V P 8 Fa H 6 » 737 S V

8 Fa H 4 6

S V P 7 Fa H 5 PL

S V P 6 Fa H 6 12

S V PN 6 Fa H » 724

S-E V PN 10 Fa H 8

» 736

E V N 10 Fa H 9

E V

6 Fa H 10

E С PN 7 Fa Ho 11

S-E С P 10 Fa Ho 12

S V

10 Fa H 13 DQ

» 743
E V P 6

Fa 14

3
» 741

E с PN 8 Fa H2 16

3
» 742
S-O с

8 Fa H 16

3
» 742
S-E V

9 Fa 17

3
» 740
S-E V

9 Fa 18

3

S-O V N 9 Fa 19 NL

4

S V P 9 Fa H 20

6
» 737

S с P 9 Fa H 6 » 739

S-0 с P 9 Fa H 22

8 5
» 740
S B

8 Fa
23
10 5
S B

7 Fa 24 9 5

S V P 8 Fa 25 8 5

S V P 8 Fa H 26 PQ

6.
» 750

S V P 8 Fa
27
9 5
S-E V

7 Fa 28 10 3 S-E B

7 Fa D 29 10 5 S-E B

7 Fa D 30 10 6 S-E B

4

Fa D 31 10 6

S-E2 V P 3 Fa D Nota.– Les températures au-dessous de zéro sont précédées du signe celles au-dessus ne sont précédées d'aucun signe.

Le signe B signifie beau temps; V temps variable ou demi-couvert; C ciel couvert; Br brouillard; P pluie; N neige; 0 orage avec tonnerre.

OZONOMÈTRE. - Le chiffre 0 signifie la négation de l'ozone dans l'atmosphère, et le chiffre 21 le plus haut degré auquel on puisse le rencontrer.

IMPRESSION DE L'AIR. – A signifie apre, C chaud, D doux, F froid, Fa frais, G glacial, H humide, L lourd, S sec. Le signe 2 en surmontant un autre, exagère sa valeur ordinaire, la lettre a la diminue.

Récapitulation.- La plus haute température de janvier a été de 120, la plus basse de 0°; le barom. est monté à 752m et descendu à 724; les vents sont soufflé 14 fois, le S-E 9 fois, le S-03 fois, l'E 5 fois; le ciel a été 5 fois beau, 6 fois couvert et 20 fois variable; il y a eu 16 jours de pluie et 6 de neige.

Dr GUILLAUMOT.

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SCIENCES

ID:

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11:111: SCILLAS,

BIOGRAPHIE.

DELLE ???.
LE GÉNÉRAL SAURIA,

de Poligny (Jura),
( Notice couronnée, en 1862, par la Société des sciences et arts de Poligny).

PAR M. LE PROFESSEUR HENRI CLER,
Archiviste de la Société, correspondant de la Société des sciences et lettres de Blois.

CHAPITRE Jer.
ORIGINE ESPAGNOLE DE LA FAMILLE DU GÉNÉRAL SAURIA,

SES AIEUX, SES FRÈRES.
SAURIA, Jean-Charles, naquit à Poligny le 4 novembre 1753. Son
père, Claude Sauria , et son aïeul, Philibert, figuraient honorablement
parmi les bourgeois et les notables de la cité. Il avait pour frères, Jean-
Baptiste Sauria, prêtre de l'Oratoire, et Jean-Marie, mort de bonne heure
à la frontière, avec le titre de commissaire des guerres.

Cette famille, unique en France, et dont le nom s'écrivait primitivement Soria, était originaire d'Espagne, comme l'attestent la province et la ville homonymes dans la vieille Castille. Non moins ancienne que distinguée, c'est probablement alors que la vaste puissance fondée par Charles V possédait encore notre contrée, et avant sa conquête définilive par Louis XIV, vers la fin du XVIIme siècle, qu'elle avait dû y transporter ses pénates. De nombreux témoignages viendraient, au besoin, servir de caution et de garantie à cette opinion. Il suffira de citer les documents suivants :

1• Certificat délivré, à Rome, à l'un de ses membres, à la date de 1682.

« Nous, soussignés, gardiens et vénérable camerier de l'hôpital du St-Sauveur, à Rome.

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« En conséquence, comme Claude Soria, de Poligny, ville de Franche-Comté, province de Bourgogne, a déployé un zèle au-dessus de tout éloge, non seulement en soignant pendant quinze mois les malades du grand bôpital de Rome, mais encore en donnant, au milieu de ses collègues , pendant tout ce temps, des preuves fréquentes et non équivoques de sa science, particulièrement en anatomie et en chirurgie, nous pensons que ce serait faire tort à ce jeune homme qui, par ses bons offices, a bien mérité de notre hôpital, qu'il quilte de son plein gré, que de ne pas lui donner tous les témoignages dont il est digne.

« En foi de quoi nous lui avons donné ce témoignage et ces présentes scellées du sceau public de l'hôpital général de notre ville. A Rome, ce 10 mars 1682, et la sixième année du pontificat d'Innocent, occupant le s-Siège, par la divine Providence. (Suivent les signalures ).

2. Pièce relative à la concession d'une tombe, en 1686 (l'orthographe conservée).

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« Nous, soussignés, prieur et religieux du couvent des FFres prescheurs de Poligny Emens de bonne volonté pour le sieur Philibert Sauriat et pour le sieur Claude Sauriat, M're chirurgien son fils, pour eux et les leurs, leurs avons accordé droit de sépulture sous une tombe, proche du pilier de la chaise de l'église

« En reconnaissance de quoy le dit sieur Sauriat a donné une pistole d'or pour les réparations de l'église dont nous le remercions le septième décembre 1786.

Nicolas Isabeau, prieur, etc. » 3• Un acte notarié concernant l'investiture de l'aumônerie d'une chapelle, en 1733.

« Cejourd'huy mercredy 3 juin 1733 avant midy en vertu de la signature apostolique de provision de la chapellerie de Sainte Catherine érigée en la chapelle de Seignelay (diocèse d'Auxerre) accordée par illustrissime et révérendissime Evecque d'Auxerre à M. Claude-Anatoille Sauria de Gaudry prestre du diocèse de Besançon

« Par moi notaire royal et apostolique du baillage et diocèse d'Auxerre, et a été lue et publiée à haute voix la prise de possession de la dite chapelle, etc. »

(Suivent les signatures ). Ainsi né, comme sous l'influence bienfaisante d'un astre tutélaire au milieu de cette atmosphère doctrinale, littéraire et scientifique, fils d'un maitre ès-chirurgie, frère d'un religieux parvenu, par ses talents et ses vertus, au supériorat de l'oratoire de Baume, parent d'un chapelain seigneurial, ami futur et fidèle de l'inspecteur de l'Académie de Besançon, l'estimable feu M. Répécaud, de Salins, - ainsi né, dis-je, et dans ce cortège formé aulour de son berceau, le jeune Jean-Charles dut recevoir une instruction en rapport avec ces données et ces conditions.

a

CHAPITRE II.

PREMIERS ACTES DE LA VIE DU JEUNE SAURIA.- SON GOUT POUR LES LETTRES

ET SON APTITUDE AUX EMPLOIS CIVILS ET MILITAIRES.

Il avait à peine dix-sept ans, c'est-à-dire , en 1770 (1er mai), qu'il entra au service et s'engagea dans le régiment Bourbon-Cavalerie , depuis 3e de dragons, alors en garnison à Dole.

Mais cette vie de garnison, en temps de paix, avec ses loisirs monolones et son inaction forcée, exclusive de toute chance d'avancement, ne pouvait longtemps convenir au besoin d'activité du jeune volontaire, à cette époque surtout, lorsqu'à la veille d'un cataclysme imminent, une inquiétude indéfinissable pesait sur les esprils, ainsi qu'un calme lourd et plat, précurseur de la tempête.

C'est dans ces circonstances que le jeune Sauria rentra dans ses foyers, pour s'y occuper de l'exploitation de ses propriétés, bien entendu après s'être fait racheter par ses parents, ainsi que l'atteste le certificat de l'intendant de la province.

Mais devenu libre, les soins de la terre et les travaux de la ferme ne pouvaient être dans le cas d'absorber son intelligence. Il y aurait eu grandement lieu de s'étonner, a-t-il été remarqué à l'occasion du goût pour l'étude des parents du jeune Sauria, que l'instruction de celui-ci n'eut pas reçu des développements analogues, et qu'il ne se fût pas rencontré quelque part, en réserve, une ou plusieurs preuves à l'appui d'une probabilité empreinte, en quelque sorte, des caractères de la certitude. Cette prévision facile trouve sa justification dans les pièces suivantes :

1. Un diplôme de membre de l'Académie de Besançon, à lui accordé à titre d'érudit.

2. Un diplôme de membre correspondant de l'Athénée de la langue française.

3. Un diplôme de membre honoraire de la Société française de statistique universelle.

4• Enfin un diplôme de membre titulaire de l'Académie de l'industrie française, agricole, manufacturière et commerciale.

Monuments authentiques de ses dispositions littéraires. Mais ces tendances de son esprit, la culture mème de la poésie à laquelle il se livrait aux heures des douces rêveries, ainsi qu'en font foi ses correspondances et ces maximes d'Horace, qu'il avait prises pour devises et pour règles de conduite :

Nihil cupere, parvo consentum esse , summa felicitas est.

Diligenda mediocritas, quanimitas retinenda (1). Cette aptitude, disons-nous, aux arts de la paix, tous ces liens, tous ces moyens d'attache au foyer ne servent qu'à mieux faire ressortir et à rendre plus méritoire l'acte de patriotisme et de dévouement dont il fit preuve par son ardeur à répondre, un des premiers, à l'appel fait par la patrie en danger, au courage de ses enfants.

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CHAPITRE III.

PREMIERS GRADES, PREMIÈRES MISSIONS DU GÉNÉRAL SACRIA. DÉLIVRANCE

DU CHATEAU-FORT DE LIECHTEMBERK. COMMANDEMENT DE LA CITADELLE DE SAVERNE.

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Donc l'agriculteur quittant la bêche, l'agrégé à l'Université de Besançon, déposant la plume, se décida à y substituer l'épée, et son titre d'an

y cien militaire le fit élire, le 7 avril 1791, capitaine au 2e bataillon du Jura. Ce corps ne tarda pas à rejoindre l'armée du Rhin, cette armée placéc en face de l'ennemi campé sur l'autre rive, et chargée de défendre le pays contre ses projets et ses tentatives journalières d'invasion, et dès lors, investies des opérations les plus importantes.

Employé à l'état-major, en juillet 1793, il fut, le 18 octobre de la même année, désigné par les représentants du peuple pour visiter les châteaux de la Petite-Pierre et de Liechtemberk, en vertu d'un arrêlé qui commence par ces mots :

« Les représentants du peuple près l'armée du Rhin, arrêtent : « Le citoyen Sauria , capitaine au 2e bataillon du Jura, duquel nous con« naissons le civisme, partira de suite de Strasbourg, etc., etc. . Strasbourg, 18 octobre 1793, l'an 11 de la République française, une et indivisible. « Signés : Malharmé, Boric, Guyardin, Niou et J.-B. Lacoste. »

(1) Ne rien désirer trop, se contenter de pou,
De la félicite telle est la loi suprême;
Comme des passions de se soustraire au jeu ,
Et d'éviter en tout les excès et l'extrême.

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