Page images
PDF
EPUB

sieurs années aux opérations de la taille, dont M. Dubreuil expose les principes généraux.

La taille, dans le jardin fruitier, se pratique en deux saisons : il y a la taille d'hiver et la taille d'été.

La première a pour but de conserver à l'arbre une forme déterminée, de faire développer tous les boutons, de manière à obtenir des rameaux à fruits régulièrement espacés, de maintenir ces rameaux très-courts, pour que les fruits profitent mieux de la sève, et enfin, d'éviter l'intermittence des récoltes en économisant la séve, pour qu'elle suffise å nourrir les fruits de l'année et à former des boutons à fleurs pour l'année suivante.

C'est pendant le repos de la végétation, de novembre en mars, que la taille d'hiver a lieu. La taille en automne, cependant, a quelques inconvénients : les gelées peuvent fendre l'extrémité des rameaux taillés et faire descendre la cicatrice jusqu'à 20 centimètres au-dessous de la section. Ce sera donc de la fin de février au commencement d'avril que cette opération devra se pratiquer de préférence, mais toujours avant que les boutons ne soient développés, pour ne pas épuiser les arbres par des pertes de sève.

La taille d'élé a pour but de faire développer en boutons à fleurs les boutons qui occupent la base des bourgeons : elle se pratique pendant tout le cours de la végétation. (A suivre).

E. Blondeau, membre fondateur.

[ocr errors]

APICULTURE.

[ocr errors]

Soins à donner aux Abeilles pendant l'hiver,

PAR M. BAUD, DU FIED (JURA), LAURÉAT ET CORRESPOND DE LA SOCIÉTÉ. 1° Ne les tenir enfermées que quand il y a de la neige; laisser un petit passage pour une abeille ou deux, afin que la souris ne puisse entrer dans la ruche. On bouche hermétiquement cette ouverture quand il y a de la neige, par le moyen d'une petite cheville en bois faite exprès, afin que les abeilles ne puissent sortir et se perdre sur la neige, sur laquelle elles ne sauraient se relever. Ce serait des ouvrières de moins pour le printemps, et précisément les plus actives, les plus laborieuses.

2° Maintenir sur chaque ruche une capote vide, en ayant eu soin d'ôter la bonde, afin que la transpiration de la ruche, pleine d'abeilles et de provisions, s'évapore à travers la capote. Il faut avoir soin de bien luter la capote sur le fond de la ruche, afin que les inscctes n'y pénètrent pas. Cette manière de capotage est la santé des bonnes et pesantes ruches.

Quant aux ruches que l'on craint de voir manquer de provisions pour l'hiver, on y place des capotes pleines à moitié, au tiers ou au quart, selon les besoins. Ruches et capotes servent à deux fins : aux nécessités de la ruche, pour nourriture, et en même temps à l'évaporation de la transpiration ou humidité. J'ai toujours choisi cette méthode depuis bien longtemps comme la plus avantageuse à la santé des abeilles, et à leur entretien et conservation.

[ocr errors]
[ocr errors]

3° Ne marchiez jamais fort et avec secousses auprès de vos rucliers quand la terre est gelée ou qu'il y a de la neige gelée, ainsi qu'en louf temps, lorsque les abeilles ne sortent pas, surtout en biver : car la moindre secousse óle les abeilles de leur état d'engourdissement; elles tombent alors sur le tablier, tremblottent un instant et meurent. Si le froid n'est pas assez intense pour occasionner la mort, il y a provocation à la famine, les abeilles se vengeant sur leur provision et mangeant trois fois autant. Excitez du mouvement, surtout en hiver; mettez l'oreille contre la ruche, vous entendrez un fort bruissement et espèce de rongement; c'est qu'alors les abeilles dévorent leurs provisions. Depuis quarante années que je m'occupe d'apiculture, j'ai toujours vu quc bien que très-pesantes à l'entrée de l’hiver, les ruc hes les plus exposées aux cahots ou secousses, ou dérangements, se sont hivernées très-rarement. C'est pourquoi, surtout en hiver, je me suis résigné à une grande prudence dans les visites que je rends á mes abeilles. A l'approche du rucher, je marche le plus doucement qu'il m'est possible; si je visite l'intérieur de l'abeiller, je tache que ce soit plutôt par le dégel ; j'évite le trop fort battement des portes et ne donne aucune secoussc au rưcher. Après avoir longtemps observé bon nombre de ruchers, l'exposition de ceux dans lesquels les abeilles prospéraient le mieux, j'ai acquis la certitude que dans les ruchers qui sont près des routes, des chemins, ressentent, quoiqu'un peu éloignés, les chaos des voitures, ou qui sont liés à d'autres corps de bâtiments, les abeilles s'en vont en gros. De même, pour les ruchers qui ne sont pas dans les mêmes conditions, quoique éloignés des grandes voics, et qui subissent des cahots, secousses de la part des gens qui les fréquentent, ou passent souvent autour; les abeilles s'en vont en détail. · Deux mots sur la liberté de l'abeille en hiver : laissez, tant qu'il n'y a pas de neige, le petit passage libre, afin que l'abeille soit toujours au courant de la température. Car alors il est rare qu'elle cherche à sortir pendant le grand froid; tandis que si elle est renferméc, elle cherchera toujours à sortir; étant trop échauffée en travaillant à se pratiquer un passage, elle massacrera sa provision

[ocr errors]

VITICULTURE.

Leçons de M. le Professeur DU BREUIL,

à Poligny, en 1862.

(Suite). La grelle s'emploie, en Maine-et-Loire et dans l'Hérault, par exemple, pour remédier à la lenteur de production de certains plants. A Poligny, clle devrait être pratiquée pour transformer le fin plant; au lieu de l'arracher, on aurait avantage à le greffer avec du maldoux qui ne convient pas au même terrain.

Pour greffer, on choisit en janvier les plus gros sarments, les plus vigoureux, armés d'un talon : on les enterre le long d'un mur, au Nord; ainsi couchés, leur végétation reste slationnaire. Dès que la vigne pleure, le cep á greffer est déchaussé à 30 centimèlres de profondeur et

à de largeur ; on le scie transversalement à 15 centimètres sous le sol, puis avec la serpe, on taille le sommet en biseau très-allongé. Au tiers supérieur de ce biseau, on pratique une fente parallèle au biseau. Le sarment couché est déterré; on en dénude un côté dans une étendue égale à la grandeur du biseau, et le bout est coupé obliquement. Dans la sente du cep maintenue ouverte à l'aide d'un petit coin, on introduit cette partie du sarment : une ligature et de la résine serrent et enveloppent ces deux pièces. Reste à reterrer et à tailler, cn ne laissant qu'un boulon au-dessus du sol. Celui-ci s'allonge ct les racines du sarment se développent au bas. C'est donc une greffe-bouture qui donnerait des raisins l'année même; mais mieux vant ne pas laisser ces fruits, de crainle d'épuiser le jeune plant (1).

Le choix des sarments de reproduction est fort important, car il peut arriver que sur un plant noir, un plant blanc donnera de mauvais produits. C'est pourquoi les chasselas de Fontainebleau sont toujours pris sur les plus beaux sarments, qui sont préalablement marqués, puis coupés ultérieurement. De cette façon, la race des raisius est bien conservée, au grand avantage de la fabrication des bons vins.

Plantation. Après un défoncement convenable, puis un dernier labour, le sol sera suffisamment nivelé, et on plante en lignes. La plantation ne devient confuse que par suite du provignage, et dans cette forme irrégulière, elle occupe un dixième de plants de moins. Des vides surviennent-ils dans le vignoble? on recouche. Cette méthode a l'avanlage d'entretenir une vigueur uniforme dans l'enscmble de la culture, mais clle a de graves inconvénients. 1° Les façons à donner au sol sont plus couteuses, le travail est moins facile, moins rapide; 2° les engrais sont appliqués au pied de chaque souche, alors qu'ils devraient être appliqués ailleurs; 3o la vendange est plus difficile, plus longue, plus couleuse; 4° le sol ne peut être largement et partout échauffé par le soleil, dont les ceps et les grappes sont également privés dès leur jeune age, car il ne leur faut qu'un petit ombrage. Il en résulte un tapis continuel de verdure qui devient nuisible au bois qui s'aoûte mal et ne donne pas un bon bois pour l'année suivante.

La culture en lignes n'a aucun de ces inconvénients; elle permet, sur une même surface de terrain, de planter plus de ceps. A Poligny, 10,000 ceps, à un mètre de distance, tiendraient dans un hectare; on en mettrait même facilement 12,560, qui augmenteraient la production et ne gêneraient en rien la culture à la charrue.

On plantera donc, comme ici, à un mètre de distance, par lignes dirigées du Sud au Nord. Si la forme du terrain, son inclinaison et sa tourmente habituelle par les grandes pluies ne permettaient pas cette orientation, on ferait les lignes en travers, dans le sens horizontal, et l'action de la charrue deviendrait encore possible sur un grand nombre de

a

(1) Plusicurs vignerons ont objecté que dans le greffage des plants de côte, le talon serait accroché par le bigot pendant le travail des façons. M. Du Breuil a répondu que pour obvier å cc léger inconvénient, il suffirait, la preunière annéc seuleinent, de cultiver le sol très-superficiellement.

[ocr errors]

points (1)

On ne doit point mélanger confusément les diverses sortes de cépages dans une plantation : placés isolément, il sera plus facile de les traiter convenablement, car les époques de maturité sont assez différentes et nécessitent des époques également différentes de leur vendange. Il va sans dire que les plants tardifs seront placés à l'exposition la plus chaude du terrain. (A suivre).

E. B.

Essais du système GUYOT. Le docteur Guilland, membre correspondant, écrit à la date du 13 décembre : « 180 pieds plantés en lignes, à 70 centimètres seulement en tous sens, vu la pauvreté du terrain, m'ont donné, en 1862, 150 ki). de vendange, tandis que le même nombre de souches, dans les deux vignes voisines, n'en ont donné que 90. Le sarment couché portait en moyenne une douzaine de raisins, et les sarments verticaux une huitaine. »

Des résultats analogues viennent d'être obtenus à la ferme des Chambois (près Champlitte), par un habile agronome, M. Lasnet, qui les a consignés dans le journal de la Haute-Saône, rédigé par notre distingué collègue, M. Suchaux : un pesage au pied de la vigne, dans un terrain cultivé par moitié et en mêmes cépages, d'une part à la façon du pays, de l'autre à la façon Guyot, a produit : méthode Guyot,

culture du

pays. Pineau, 629 kil.

220 kil. Gamet, 1096

909 1725

1129 Différence en faveur de la méthode Guyot : 596 kil., dont 409 pour le pineau et 187 pour le gamet.

SÉANCE GÉNÉRALE DU 14 DÉCEMBRE 1862. La réunion est ouverte à 2 heures par la lecture et l'adoption du procès-verbal de la séance agricole du 1er déceinbre,

La Société a fait des pertes douloureuses en : 1° M. Charles Magnio, de Salins, membre de l'Institut et membre honoraire de l'Association ; 2° M. Tissot, médecio-vétérinaire de l'arrondissement de Poligny et membre fondateur de la Société; 3o Sir Benjamin Brodie, chirurgien de la Reine d'Angleterre, membre honoraire.

M. Bousson de Mairet, bibliothécaire d'Arbois, membre fondateur et lauréat de la Société, vient d'étre nommé membre associé de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen.

Le docteur Chonncau-Dubisson, membre correspondant, a récemment oble

(1) A l'objection : e que dans les côtes, la plantation eu lignes serait peu commode pour le transport des engrais et des terres, » M. Du Breuil répond que tout au contraire, le' maintien en lignes contribuera puissamment à prévenir l'ébouledient du sol, et que d'ailleurs, à l'aide des chemins qui sillonnent la vigne, on remonlerait bien plus aisément les terres, comme on a l'habitude de de faire à Poligny.

[ocr errors]
[ocr errors]

ao une médaille de ire classe au Concours de la Société pharmaceutique de la Vieuse, pour son mémoire : Reflexions sur la Toxicologie.

M. Pasteur, d'Arbois, directeur des Etudes scientifiques å l'Ecole normale, et membre correspondant, vient d'être nommé membre de l'Académie des sciences de Paris.

La Nouvelle Théorie de l'Univers, de M. le docteur RoHande, est renroyée à Fexamen de M. Guillemin, membre correspondant: l'Avenir de l'Agriculture, de M. le baron Mertens, et Samuel Abram, de M. Fréd. Billot, à l'appréciation de M. Gjodre, wiembre fondateur.

La Société des seiences de l'Yonne fait connaitre qu'elle offre unc médaille d'or et 500 fr. à l'auteur du meilleur Eloge historique du maréchal Davoust. Envoyer les mémoires avant le 1er juin 1863.

M. Adolphe Huard, inembrc honorairc, est délégué par la Société près de l'Institut des Provinces, qui se réunira à Paris le 18 mars prochain. Il est offert i la Société, pour la Bibliothèque et le Musée, par :

MM. Paillard et MAITREJEA V, membres titulaires : 8 médailles, dont 2 de Louis XIV (1660) et de Louis XV (1718), ' monnaies de Chine, 1 suisse, I médaille religieuse ancienne et une autre trouvée à Montrond, près les Cinq-Chênes, sur l'emplacement de la vieille voie qui venait du Pont-de-Gratte-Roche.

M. Bouncin, membre correspondant : Ses ouvrages suivants : 1° Soyez bons pour les animaux, 1860, in-8.

Fables, 1860, in-8. 3. M. Lesage, ou les animaux utiles, 1862, in-8. - 4° Notice sur Geoffroy Saint-Hilaire, 1858, in-8.

M. Ed. Clerc, membre honoraire : Ses deux ouvrages : 1° Jean Boyvin, président du Parlement de Dolc, 1856, grand in-8; 2° la Franche-Comté à l'époque romaine, 2e édit., 1853, grand in-8.

M. Ed. GIROD, membre correspondant :
Sa relation de la Réception du général de Byans, 1861, in-8.

M. Narcisse Cler, de Poligny: Une médaille gauloise et un poignard à manche en cuivre, trouvés dans des fosses de vignes à Poligny.

M. Casimir BLONDEAU, membre correspondant : L'Histoire de Joseph , par Bitaubé, 1830, in-18.

M. Ad. Huard, membre honoraire : L'ouvrage qu'il vient de publier : les Fastes héroïques de la France, 1862, in -18 de 400 pages.

M. MAITREJEAN, de Montrond, membre titulaire : Les objets suivants qu'il a récemment mis à découvert au couchant du château de cette localité, à l'endroit dit Vic-Croisée : 1° unc défense de jeune sanglier; 2° un morceau de tuile antique ; 3. des débris de poterie verte; 4° des morceaux de serrure; 5° deux lames de faucilles rongées par la rouille.

MM. Maillard et le Bailly D’Inguem, membres correspondants : Leur ouvrage sur les Traités de Commerce, 1862, in-8.

M. Huguenin, de Poligny : 9 médailles et monnaies, dont une monnaie pontificale, 1850, une toscane, 1859, une médaille religieuse venant de Jérusalem, une médaille du pape, etc., une pipe autrichienne rapportée de Rome.

[ocr errors]
« PreviousContinue »