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du collatéral gauche, le service de la paroisse, qui s'étendait sur les villages de Vaux et de Chaussenans. L'église de Molain, autrefois paroissiale, sous le titre de Saint-Viard, en élait devenue une annexe. Cette église, vendue avec les biens nationaux , a été démolie.

Le prieuré de Vaux fut supprimé en 1791; à cette époque, le nombre des religieux était de douze.

Les anciens cloitres de Vaux furent acquis, en 1817, au moyen d'un legs fait par M. Blanchard, curé du Frasnois, pour servir d’école secondaire ecclésiastique; ils appartiennent, depuis 1824, à l'évèché de SaintClaude. Le petit séminaire qui y est placé actuellement a été dirigé, á son origine, par M. Chavériat, de Moirans, plus tard, curé à Buvilly; puis par M. Mornay, de Charnod, vicaire général de Saint-Claude; et, en ces derniers temps, par M. Saint-Dyant, auquel vient de succéder M. Petit.

En 1824, lorsque M. de Chamont, évêque de St-Claude, vint prendre possession de son diocèse, il réclama, pour y placer son grand séminaire, les bâtiments du collége d'Orgelet, qui ne comptait pas alors moins de 500 élèves. Ce collége était un établissement mixte, dirigé tout à la fois par M. Cailliat, principal, et M. Mornay, directeur ecclésiastique. C'est alors que la direction du petit séminaire de Vaux fut confiée à M. Mornay, qui amena avec lui tout le personnel des professeurs et des élèves ; et le collège d'Orgelet se trouva réduit à une cinquantaine d'enfants.

Les bâtiments se composent de quatre ailes, formant un parallelogramme entouré d'arcades bordant une cour, de deux corps de logis isolés, et de plusieurs moulins, construits par les soins de M. Saint-Oyant. A l'est se trouve un jardin anglais assez vaste, qui mérite d'être visité. On remarque une porte ornée de sculptures en pierre, du style ogival, et dans l'aile du midi, un escalier en pierre, très-large, très-massif et d'une grande hardiesse. Au-dessus de cet escalier, le plafond est recouvert de peintures sur toile, représentant différents sujets religieux encadrés dans des arabesques.

Le petit séminaire jouit d'un air très-salubre, il possède des sources d'eaux vives abondantes.

Au sommet de la montagne de Champvaux est une maison de campagne à l'usage des élèves, d'où l'on jouit d'une des plus belles perspectives du Jura. Les environs de Poligny se présentent sous les aspects les plus variés. A l'ouest, s'étendent ces belles et riches plaines qui se prolongent jusqu'au-delà de la Saônc, à l'est la gorge de Chamole, puis le vallon de Vaux s'élance pour se perdre au cæur des monts Jura.

INSTRUCTION PUBLIQUE.

Nouveau Syllabaire å l'usage des Écoles

primaires, PAR J.-B. PRUDENT, INSTITUTEUN A RANS (JURA). Ouvrage couronné au Concours de la Société des sciences et arts de Poligny, en 1862.

C'est une question débattue, de savoir si c'est un service réel à rendre à l'enfance, que de la tromper sur la peine qui l'attend dans le travail et dans l'étude, que d'affaiblir ainsi les efforts qu'elle aura à tenter, d'énerver d'autant le courage dont elle aura besoin, en entourant de fleurs mensongères les bords du calice des premières leçons, et en cachant sous ses yeux, par de faux brillants, les épines des premières épreuves.

Mais ici point de moyen forcé, point de charlatanisme, comme celui, par exemple, de faire cadrer la forme des lettres avec la figure de certains animaux : tout le mécanisme pédagogique consiste dans la variation des lettres, dans leur combinaison, dans l'agencement gradué des voyelles et des consonnes; tout l'art se borne, comme dit l'auteur, à implanter la racine de la lecture dans un terrain qui, sans se parer d'un attrait factice et éphémère, sache captiver l'attention de l'enfant par des leçons courtes, distinctes et régulières, la soutenir par la vue de syllabes qui, prises en tout sens, lui disent un mot que, par ceur, il a souvent à la bouche.

Pour opérer cette connaissance salutaire, qui est la clef et la condition sine quà non, de toutes les autres, la méthode dont il s'agit se divise en huit tableaux, échelonnés d'après les leçons plus ou moins avancées dont ils doivent présenter les éléments.

Le premier tableau est consacré à l'épellation des lettres;
Le second forme, avec des syllabes simples, des mots en tout sens;
Le troisième est relatif aux sons composés, aux dyphthongues ;

Le quatrième rassemble les syllabes apprises dans les exercices précédents, pour en composer des mots de plus en plus compliqués;

Le cinquième tableau, prenant l'élève déjà instruit à lire en regard des syllabes-mots, de petites phrases où sont renfermées en tout ou partie ces mêmes syllabes-mots, le conduit à en faire des applications plus étendues;

Le sixième apprend à l'élève l'orthographe d'usage, à discerner le singulier du pluriel;

Le septième parcourt diverses difficultés grammaticales;

Enfin, le huitième et dernier renvoie l'enfant muni, pour le reste de ses jours, du plus précieux des viatiques.

Rien donc de plus sacré que la mission de l'instituteur; rien n'appelle davantage les récompenses et les encouragements.

H.-G. Cler, professeur émérite.

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Éléments de Grammaire Anglaise,

PAR M. AUGUSTE HATZFELD,

Membre correspondant, professeur de langue anglaise à l'Ecole professionnelle

cl au Collège de Mulhouse. (Editeur : P. Banet, Mulhouse). Les Eléments de Grammaire Anglaise que M. Auguste Hatzfeld vient de faire paraitre à Mulhouse, chez MM. Baret, père et fils, éditeurs de l’Industriel Alsacien, se recommandent par leur simplicité, leur clarté et leur caractère essentiellement pratique. Un vocabulaire vsuel, suivi

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d'un vocabulaire commercial, de quelques lettres de commerce et d'un recueil de termes techniques, forme le complément de ce petit ouvrage qui, nous n'hésitons pas à le dire, facilitera singulièrement la lecture des textes et la conversation aux élèves de nos établissements, ct aux personnes désireuses d'apprendre une langue qui devient tous les jours, au point de vue des intérêts industriels et commerciaux, d'une utilité indispensable.

Cet ouvrage a été généralement adopté à Mulhouse à l'Ecole professionnelle, au Collége et dans toute les Institutions.

Léon BOURGEOIS.

POÉSIE.

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Super flumina,
INITATION PAR M. J.-E. PETIT, DE SALINS, MEMBRE CORRESPONDANT.

Sur les fleuves lointains de la Babel impie ,
Nous nous sommes assis et tous pris à pleurer :

Malheureux de nous rappeler
Les beaux jours de Sion, les Bols de la palrie!
Aus saules suspendus, pos instruments divins,
Les harpes d'Israël s'abaissaient vers les ondes,

Et sur nos misères profondes,
Au gré des vents poussuient des sons tristes et vains !
De pos soyers déserts, de nos sillons antiques,
Les barbares ! ceux-là qui nous ont arrachés,

Qui nous ont conduits enchainés,
Nous disaient : chantez-vous quelqu'on de vos cantiques!
Hélas ! quaud tant de maux font fléchir nos genoux!
Etendus dans la poudre et flétris par la guerre,

Hélas ! comment chanterons-nous
Les hymnes du Seigneur sur la terre étrangère !
Cité du Dieu vivant, sou lemple, ses aulels,

Jérusalem ! si jamais je t'oublic,
Si je cesse un scul jour, dans mes væux immortels,
Dc saluer de loin ta splendeur rétablie !

Qu'en ce jour funeste, ô Sion !
Mon bras, soudain séché, laisse tomber ma lyre,
Ma langue, avec effort, essaie un dernier son,
Et que de tous mes sens s'empare un noir délire
Souviens-toi d'Israël, de ton peuple brisé,
Seigneur, quand Esaü, dans ce jour plein d'alarmes,

Jour de cris, de sang et de larmes,
Ballail, battait des mains sur tou temple embrase !

Dans l'excès affreux de leur rage,
Abiinez, criaient-ils, cette vile cité,

El qu'aux casers, par cet orage,
Culle, liyanes, habitants, loul soil précipilė!
Ah! fille de Babel, lu cumblas la mesure !
Qui pourra, malheureuse, égalanl tes forfaits ,

Pourra le rendre, avec usure,
Tous les inaus que tu nous a fails :

Que le même walbeur retombe
Sur loi, sur Babylone, e que tous les enlapis
Brisés contre la pierre et privés d'une tombe,
Soicnt foulés sous les pieds des coursiers triomphants !

Hosannah,
PAR MADAME L.-M. GAGNEUR, DE BRÉRY.

Cæli enarrant gloriam Dei.

I.
Le jour s'éteint, la nuit tombe el répand ses voiles,
Au ciel monte la lunc et brillent les étoiles.
Dans ce vallon désert, sur ces rocs nus, tout dort ;
Nul mouveinent, uul souffle.... un silence de mort....
Mais recueillons nos seus, écoulous. O mystère !
Des profondeurs du sol j'entends un bruit sortir,
Bruit étrange, d'abord faible comme un soupir,
Un murmure de vaguc, un baltement d'artère:
Puis il s'clcnd, grandit sans cesse, éclatc cnfiu
En lyriques accords, en large symphonie.

Ce sont les ferments de la vie
Que la terrç élaboro, organise cu son seja;
C'est le sou Me inconon par lequel tout s'attire,
Se repousse, se meut, s'aimnc, vit et respirc.
Vers l'atôme j'entends latôme graviter,
Le feu central, ce cæor du globe, palpiter ;
J'entends le grain germer, l'wus éclore, la source
Se former goulle à goutte, et la lerre, en sa course
Malelante, chercher les baisers du soleil.
Ce bruit s'accroit encor, dans les plaines profonde's
De l'élher il s'clance; ct ces milliers de inondes
Composent un concert immeuse et sans parcil.
Quelle est celte musiqac incffable, infinie?
C'est le saint Hosannah qui s'élève en lout licu ;
C'est l'hymue universel chantant la loi de Dieu :
Amour, luxe, bonheur, essor libực, harmonie!

. ll.
Uu soleil printanier link dc riches couleurs
Ces monts, ces verts côlcaux, celle fertile pline ;
ha brise nous apporte, avec sa liċde haleine,
Des bruits barinonicus, d'enivrantes senteurs;...
Mais recucillous nos seus : les soupirs de la brise:
Les arbres ulurmurant d'une voix indécise ;
Ce frissun nime qui court sous le gazon ;

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Cet oiseau qui fend l'air et jette à l'horizou
D'un cri vif et joyeux les potes fugitives ;
Ce ruisseau qui chucholle en caressant ses rives;
Le grand ciel bleu, des fleurs le calice entr'ouvert;
Bruils, parfums el couleurs sorment un dous concert.
Quelle est cette éloquente et fraiche symphonic ?
C'est le saint Hosannah qui s'élève en tout lieu,
C'est l'hymne unirersel chaplant la loi de Dieu :
Amour, luxe, bonheur , cssor libre, harmonic.

Hl.
Une épaisso almosphère écrase la poitrine,
S'appesantit sur l'âme : à travers un brouillard
De miasmes, de gaz, uu soleil gris, blafard,
Laisse à peine entrevoir sa Ggure chagrine ;
Entre de sombres murs à peinc un coin du ciel
S'offre aux regards de l'homme; un luse artificiel,
Un luxe effréné heurte unc horrible misère :
C'est une villc.... boule humaine, fourmilière
Entasséc ct confuse.... Ecoulons ! quels savglots,
Quels blasphèmes, quels cris de baine et de démence!
Une joie insultante y mêle ses grelots.
C'est un bruit infernal, une mêlée immense.
En vain je cherche un homme en ce ramas hunain,
L'hommc, type achevé de beauté, d'harmonie.
- Pourquoi ce désaccord dans le concert divin?
O douleur! de l'Eden l'humanité bapnic
Gémit, victime encor Ju mal originel.
Cucillons, cucillons les fruits de l'arbre de science :
Cherchons la loi de Dieu , le

royaume

du ciel:
Le péché, le serpent, le mal, c'est l'ignorance,

IV.
O merveilles des cieux, soleils, vastes lambeaux,

Foyers de vic et de lumière :
Brisc , fleur parfumée, oiseaux des bois, ruisseaux,
Admirable uature, ô spleudeurs de la lerre,
Célébrez l'Hosannah à toute heure, en tout lieu,
Pour que l'humanité, sanvée et rajeunie,
Apprenne el réalise enfin la loi de Dieu :
Amour, luxe, bonheur, essor libre, harmonic,

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ARCHÉOLOGIE.

Les Clés du Jura,

PAR M. GINDRE, DE MOLAIN, MEMBRE FONDATEUR. On trouve, sur le premier plateau du Jura, des réservoirs d'eau appelés, suivant les localités diverses, clès ou abreuvoirs. Ces clès ne se rencontrent guère que dans les lieux privés de cours d'eau, de lacs ou de fontaines en nombre suffisant pour tous les besoins domestiques; ainsi, il en existe à Lamare, aux Faisses, à Champvaux, à Chamole, à

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