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OUVRIERS ET DOMESTIQUES. for prix : couvert d'honneur à Mlle Anne Suty, de Lavans, depuis 60 ans chez N. Javel, à Dole; 2e prix : une médaille de 2e classe et une somme de 15 francs à M. Alexis Dupont, ouvrier cloutier depuis 32 ans chez M. Henri Cler, à Poligny; 3e prix : couvert d'honneur à Mile Lagalice, depuis 30 ans dans la même famille; 4° prix : couvert d'honneur à Mile Delphine Roy, depuis 25 ans chez Mme veuve Gauthier, à Poligny; je prix : un couvert d'honneur à Mme Constance Haut, veuve Bayoux. domestique de M. Max. Claudet, de Salins, depuis 22 ans dans la même maison.

BONS TRAITEMENTS ENVERS LES ANIMAUX. Médaille de 2e classe à M. Jean-Joseph Doigneaux, de Grozon.

BIBLIOGRAPHIE.

De la Chorée, PAR LE DOCTEUR ÉMILE QUANTIN, MEMBRE CORRESPONDANT (1). En médecine, quand on a parfaitement reconnu la nature d'une madie, ce qui importe le plus est d'établir son traitement. M. le docteur Quantin a compris cette importance dans l'ouvrage soumis à notre examen, et, après avoir défini la nature de la maladie et la maladie ellemême, il s'est livré à de sérieuses dissertations sur les formes de traitement tour-à-tour préconisées pour combattre l'affection dont il s'occupe.

L'art médical est tout entier dans les observations; ars medica tota in observationibus, a dit Baglivi; telle est la devise à laquelle M. le docteur Quantin est resté fidèle dans la complète étendue de son æuvre. Oui, certes, ce principe fondamental est d'une incontestable vérité : l'art médical est tout entier dans les observations, mais à la condition seule que ces observations seront bien prises, car à ce titre unique elles auront de la valeur.

Ce qui donne au livre dont nous nous occupons un intérêt tout particulier, c'est que les nombreuses observations qu'il contient sont puisées à des sources authentiques, rapportées et commentées avec la plus scrupuleuse exactitude, et que plusieurs d'entr'elles sont le résultat de l'expérience de l'auteur.

Dans le traitement de la chorée, M. le docteur Quantin n'est partisan d'aucune médication spéciale, à l'exclusion d'autres traitements; il est éclectique dans toute la force du terme, et il insiste même, et avec raison , pour qu'on le considère comme tel. Du reste, ses paroles nous démontreront mieux qu'une analyse succincte le but qu'il s'est proposé.

« Nous voici enfin arrivé, dit-il, à la dernière des questions que nous avons voulu résoudre : quelle est la part de confiance que l'on doit accorder à chacune des grandes médications générales, à chacun des agents thérapeutiques que l'on a tour-à-tour préconisés dans le traitement de l'affection qui nous occupe ? Nous croyons et nous le disons hautement, que comme pour toutes les maladies en général, le traile

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(1) Chez l'auteur, rue Mazagran, 14 , à Paris.

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mement doit être subordonné à l'état général du sujet, et varier selon son sexe, son âge, son temperament, la cause de sa maladie ; selon les diverses influences atmosphériques, la saison dans laquelle on se trouve; selon encore les complications, la forme de la maladie à laquelle on a affaire, eto. Ainsi, traiterons-nous la chorée d'un enfant comme celle d'un adulte, celle d'un malade au tempérament sanguin comme celle d'un malade au tempérament lymphatique, celle produite par la chlorose comme celle produite par le vice syphilitique? Ordonnerons-nous les bains froids pendant les rigueurs de l'hiver comme nous le ferions pendant les chaleurs de l'été? Adresserons-nous n'importe quelle médication à n'importe quelle forme de la maladie ? Non, certainement : notre médication variera, et à l'infini même.

« Avec M. Saudras, nous traiterons la chorée qui reconnaît la chlorose pour cause par le régime tonique, par les ferrugineux associés au quinquina, aux bains sulfureux et å l'électricité.

« Avec M. Trousseau, nous traiterons la chorée par la strychnine quand elle ne s'accompagnera d'aucun symptôme d'excitation cérébrale, mais quand il y aura, au contraire, une faiblesse intellectuelle el musculaire.

« Si le malade est jeune, cas le plus commun, nous suivrons le traitement actuellement en vigueur à l'hôpital des Enfants, c'est-à-dire que nous ordonnerons les bains froids et la gymnastique, si toutefois, et hàtons - nous de l'ajouter, ce dernier moyen n'est pas comme nous l'avons déjà dit, contre-indiqué par une maladie du cæur concomitante.

« Si le malade présente des acciden's syphilitiques, notre traitement sera subordonné à l'état du sujet, et nous prescrirons les antisyphilitiques, en meme temps que nous trailerons la chorée par des moyens appropriés.

« Si, ce qui est loutefois très-rare, nous avons affaire à une chorée de forme aiguë ou inflammatoire, nous ne craindrons pas d'appliquer, au début, les antiphlogistiques, et en particulier les saignées locales sur le trajet de la colonne vertébrale, à l'exemple de Sydenham, de Bouteille et de J. Franck.

« Telle sera, en général, notre médication. Pour les cas particuliers, pour les affections intercurrentes qui viendront compliquer la maladie principale, nous modifierons cette médication selon que le comporteront ces cas particuliers, selon que l'exigeront ces affections intercurrentes, en tenant compte toutefois des circonstances infinies qui donnent à la maladie qui nous occupe l'infinité des formes qu'elle revêt, et expliquent parfaitement le grand nombre de traitements différents que l'on a tour-à-tour employés pour la combattre. »

Voilà, certes, un raisonnement et une logique que nous voudrions voir suivre par beaucoup de médecins. Quoique l'auteur se soit plus spécialement appesanti sur la thérapeutique, il n'en a pas moins donné à la synonimie, à l'étiologie, à la nature de la maladie, au diagnostic différentiel et au pronostic, tous les développements désirables. L'historique est tracé de main de mailrc, et le style du livre a une couleur littéraire que l'on est peu habitué à rencontrer dans les ouvrages de médecine, ct qui ne sait qu'en rendre la lecture plus attrayante encore.

Docteur TISSEIRE.

LA GÉOLOGIE DU JURA,

ETUDE PAR M. JUST PIDANCET

(Suite). Les fossiles des marnes irisées du Jura sont très-peu nombreux, comme nous l'avons déjà fait pressentir, et tous ceux qui ont été signalés par les auteurs appartiennent à notre étage inférieur; aucune espèce n'ayant été rencontrée jusqu'ici dans les deux autres étages. Récemment, M. Chopard et moi avons été assez heureux pour récolter, dans les environs de Poligny, de nombreux débris d'un Saurien gigantesque, sur lequel nous avons envoyé à l'Académie des sciences la note suivante, qui peut susfire à faire connaître ses caractères.

10. In

Dimodosaurus Poligniensis.

PIED DE DERRIÈRE GAUCHE, 1,5.

Pio. et CHOP.

« Nous avons l'honneur d'adresser à l'Académic un dessin réprésentant, de grandeur naturelle, le pied de derrière, du côté gauche, d'un Saurien gigantesque, dont nous avons découvert un grand nombre de débris dans les marnes irisées des environs de Poligny (Jura).

« Ces restes fossiles nous ont semblé appartenir à une espèce toutà-fait nouvelle, et qui ne rentrerait même pas dans les coupes génériques établies jusqu'à ce jour; s'il en était réellement ainsi, nous proposerions pour elle la dénomination de Dimodosaure de Poligny (Dimodosaurus poligniensis).

« Les ossements que nous avons pu recueillir et observer semblent, au premier abord, appartenir à un de ces grands reptiles perdus, qui ont été groupés dans la famille des Dinosauriens.

« Comme dans ceux-ci, les vertèbres de notre espèce sont biconcaves, les os longs offrent tous une cavité médullaire considérable, et les côtes s'attachent aux vertèbres par deux articulations. Mais le sacrum, formé seulement par trois grandes vertèbres qui paraissent soudées

par leurs lames latérales, écarte immédiatement notre reptile de cette famille, en même temps qu'il le différencic suffisamment des autres Sauriens vivants ou fossiles qui ont été décrits jusqu'à présent.

« Ce caractère spécial nous a été fourni par une magnifique pièce déposée actuellement au musée de Poligny, ct qui est composée de cinq vertèbres lombaires articulées entr'elles, et avec le sacrum fixé luimême à l'os iliaque gauche.

« Dans cette pièce, plusieurs vertèbres lombaires portent encore des fragments de côtes qui sont articulées avec elles, et nous avons pu nous convaincre que la dernière lombaire était également munie d'une paire de ces appendices, qui protégeaient ainsi toute la région abdominale.

« Les trois vertèbres sacrées ont leurs apophyses épineuses en forme de grandes lames rectangulaires à peine inclinées en arrière. Les apophyses des vertèbres lombaires forment des lames plus inclinées, et dont les bords antérieur et postérieur ne sont plus parallèles.

« Le trou vertébral présente aussi une particularité remarquable; au licu d’ètre rectiligne, on observe dans sa partie inférieure une ou deux fosses profondes qui s'enfoncent dans le corps de la vertèbre.

« L'os iliaque est le seul os du bassin que nous connaissions; sa forme générale est semi-lunaire, et son bord inférieur, sensiblement rectiligne, présente deux grandes et fortes apophyses : l'une antérieure, inclinéc d'arrière en avant, ayant la forme d'un prisme triangulaire

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dont la face postérieure scrait creusée en gouttière ; l'autre apophyse, partant du milieu du bord inférieur, est plus courte que la précédente et descend verticalement. Toutes deux se rejoignent à leur origine par une surface cylindrique, et déterminent ainsi une assez grande échancrure dans laquelle vient se loger la tête du fémur.

« Celui-ci n'a pas moins de 0m,77 de longueur et une grosseur considérable. Sa tête, rejetée sur le côté, n'est pas séparée du corps de l'os par un col appréciable. Le trochanter se présente sous la forme d'unc crète allongée et assez saillante, qui est placée à peu près au tiers supérieur de l'os. La partie inférieure du fémur offre deux condyles saillants postérieurement, et séparés l'un de l'autre par une poulie. Les surfaces articulaires, comme toutes celles des os longs, sont gravées par des impressions digitaires qui les font paraitre tuberculeuses.

« Nous ne connaissons le tibia que par des fragments, mais nous avons été assez heureux pour rassembler les deux extrémités de l'os. Le péroné, que nous avons entier, a pu nous donner la longueur de la jambc, qui serait de 0w,515. La partie inférieure du tibia offre une apophyse en crochet qui s'engage dans une cavité creusée dans l'astragale que nous avons trouvé articulé avec lui.

« Les os du tarse sont généralement cunéiformes et de petite taille.

« Le croquis que nous avons l'honneur de communiquer à l'Académie nous dispense d'entrer dans de grands détails relativement au métalarse et aux phalanges. Nous ferons seulement observer que le nombre de celles-ci, dans chaque doigt, suit la proportion qui caractérise l'ordre des Sauricns, et que la grosseur des phalanges onguéales est en raison inverse du nombre de ces os qui entrent dans la composition du doigt. La phalange onguéale du gros orteil est donc la plus forte, elle est aussi plus arquée que les autres.

« Le membre antérieur présente des dimensions beaucoup plus considérables que celles du membre postérieur.

« L'humerus a Om,80 de longueur, et sa largeur à la base est de Om,22. Les os de l'avant-bras ont également d'énormes dimensions.

« Trois phalanges onguéales, beaucoup plus considérables et plus crochues que celle du pied de derrière, montrent que l'extrémité antérieure avait une destination spéciale. D'un autre côté, un grand nom-bre d’os plats non cncore déterminés, mais qui nous ont paru apparlenir à la région sternale, laissent supposer que le sternum donnait attache à des muscles puissants.

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