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trine d'Épicure, malgré ses raffinements, n'est toujours que l'égoïsme, c'est-à-dire un système également flétri par la nature et par la raison, où l'on échange des voluptés pour des voluptés, des tristesses pour des tristesses , des craintes pour des craintes, où la morale devient un calcul, la vertu une transaction, où il n'y a plus d'héroïsme parce qu'il n'y a plus de désintéressement.

(40) Actes des Apôtres, ch. XXIV. v. 27.

(41) Jean XII, élu pape en 956, à l'âge de 18 ans, fut déposé par un concile en 963, comme coupable d'épouvantables désordres, rentra l'année suivante à Rome où il se vengea cruellement de ses adversaires, et mourut cette année au milieu de nouveaux excès.

(42) Horace, Odes, liv. II, 10. (43) Id., ibid.
(44) Horace, Épitres, I, ir, v. 48. (45) Ethic. Nicom. IX, 9.
(46) Éneide, II, 79.

(47) Horace, Épitres, I, 17. (48) Pharsale, I, 451.

(49) Ce paradoxe a inspiré à Horace une de ses meilleures satires. Serm., II, ur,

(50) Horace, Serm., 1, x , v. 15. « La raison est peu pénétrante de sa nature et ne se fait pas jour aisément : il faut souvent qu'elle soit pour ainsi dire armée de la redoutable épigramme. La pointe française pique comme l'aiguille pour faire passer le fil. » De Maistre, Soirée's de SaintPétersbourg, tome 1, p. 436.

(51) Virgile, Géorg., III, v. 513. (52) Ibid., III, v. 490.

(53) Sénèque ne fait que traduire dans ce passage une pensée d'Héraclite citée par Platon, Cratyle, p. 402 A. de l'édition de Henri Estienne.

(54) Ce renouvellement perpétuel du corps fournit une belle preuve de la spiritualité de l'âme. L'âme en effet est identique ; j'ai la certitude d'être aujourd'hui ce que j'étais hier, il y a un mois, il y a des années ; mes idées changent, mes facultés se développent ou s'altèrent, mes goûts et mes penchants se modifient ; mais la substance qui est le fond même de mon être et en qui réside ma personnalité, demeure invariable. Or, puisque le corps n'a qu'une identité apparente de forme, il est bien clair qu'il ne peut pas être cette substance.

(55) Dans le traité de la Perpétuité de la Foi.
(56) Epist. ad Titum, I, 15. (57) Építres, ibid.
(58) Sermones, I, 3.

(59) Cetle remarque peut servir à résoudre le sophisme célèbre du Menteur, que voici sous sa forme la plus simple : « Épiménide a dit : les « Crétois sont menteurs : or Épiménide était Crétois : donc Épiménide « était menteur; donc Épiménide a menti en disant que les Crétois sont « menteurs ; donc les Crétois ne sont pas menteurs ; donc Épiménide qui « était Crétois n'a pas menti en disant que les crétois sont menteurs, etc. » si les Crétois sont en général menteurs, il ne s'ensuit pas que tous le

soient, et s'ils mentent le plus souvent, il ne s'ensuit pas qu'ils mentent toujours et sur toutes choses. (60) Epist, ad Rom., 5.

(61) Serm., II, 1. (62) Evang. sel. S. Matth., VII, 21. (63) Psaume 142. (64) Evay.sel, S. Mat., XXVI, 29. (65) Genèse, 41. (66) Prophétie de Daniel, 11. (67) Prophétie d'Ézéchiel, 37. (68) Genèse, XVII, 10.

(69) Evang. sel. S. Luc, XXII, 20. (70) Hist., I, 49.

(71) Le P. Buffier ( Cours de Sciences, p. 880) a critiqué ce passage et, suivant nous, avec raison. Toute opinion, comme il le remarque, est sans doute conforme ou non conforme à son objet, et par conséquent vraie ou fausse sans milieu. Mais si on considere nos pensées dans leur rapport avec l'âme elle-même, on reconnaitra que plusieurs ne nous paraissent pas assez évidentes pour les déclarer vraies, assez obscures pour les juger fausses, et qu'il convient de les appeler seulement vraisemblables ou probables.

(72) Voyez lArithmétique de Ramus.

(73) Jean Crassot, natif de Langres, mort en 1616, enseigna la philosophie pendant plus de trente ans dans l'Université de Paris. Il a laissé des Éléments de Physique et de Logique publiés après sa mort.

(74) « Rien n'est moins judicieux que de multiplier les classes au-delà du besoin... On veut éclairer les objets et l'on disperse les rayons de lumière. On veut soulager l'esprit, on le surcharge, on l'accable. Il y aurait ici inoins d'inconvénients à pécher par défaut que par excès En divisant trop peu, nous ne voyons pas tout, il est vrai ; mais du moins ce que nous avons sous les yeux nous le voyons. En divisant trop au contraire, tout 'échappe au regard, tout se perd dans la confusion. » Laromiguière, Lec. de Philos., part. II, leç. x.

(75) Métaph., XI, p. 229 de l'édit. de Brandis. (67) De Generat., II, 2.

(77) Philosophe italien, né en 1568 en Calabre, mort à Paris en 1639, un des esprits les plus originaux du xvio siècle. (78) De Gener., II, 2.

(79) Metaph., V, p. 92. (80) De Anima, II, 1.

(81) C'est Aristote qui a posé le premier dans les Premiers Analytiques, I, 2 et suiv., les règles de la conversion des propositions exposées dans ce chapitre.

(82) Les règles du syllogisme ont été formulées par les scholastiques en huit vers latins que voici :

Terminus eslo Triplex medius majorque minorque,
Lalius hunc quam præmissæ conclusio non vult.
Nequaquam medium cupiat conclusio sus est.

Aut semel aut iterum medius generaliter esto.
Utraque se præmissos neget nihil inde sequelur,
Nil sequitur geminis er particularibus unquam.
Ambæ affirmantes nequeunt generare negantein.

Pejorem sequilur semper conclusio parlem. (83) Voyez au sujet de cette discussion une note de M. Barthélemy Saint-Hilaire, de la Logique dAristote, tome II, p. 342 et suiv.

(84) On peut pousser la réduction des règles du syllogisme plus loin que ne le fait Arnauld dans ce chapitre. Le vrai principe du raisonnement, c'est que tout ce qui se trouve dans le contenu se trouve dans le contenant, et que tout ce qui est hors du contenant est hors du contenu. Leibnitz parait avoir entrevu cette vérité que le P. Buffier ( Cours de Sciences, p. 760 ) ct Euler ( Lettres à une Princesse d'Allemagne, part. II, lett. 35 et suiv., édit. de Cournot), ont mise dans tout son jour.

(85) Inéide, XI, v. 32 et suiv. (86) Essais, II, Xu.

(87) Ramus est l'auteur d'une logique qui était en usage dans les écoles avant l'Art de penser. Arnauld y renvoie dans ce passage et dans quelques autres.

(88) Jean Clauberg, né à Chartres en 1625, morl en 1665, est un des esprits les plus distingués de l'école cartésienne : Leibnitz a même poussé l'enthousiasme pour son mérile jusqu'à le placer au-dessus de Descarles. De toutes les parties de la philosophie la logique est celle qu'il paraît avoir le plus cultivée. Je ne sache pas qu'on ait approfondi davantage la classification des erreurs et de leurs causes, la nature des opérations de l'àme, la théorie de la définition, et le sens réel ainsi que la nécessité et les avantages du doule cartésien. Les æuvres de Clauberg ont été publiées à Amsterdam en 1691.

(89) Celle division célèbre appartient à Aristote qui l'a exposée dans plusieurs de ses ouvrages et entre autres au fer livre de sa Métaphysique.

(90) Refutations sophistiques, ch. V.

(91) Tous les fragments qui nous restent de Parménide donnent raison à Aristote contre Arnault. Voyez l'excellent travail de M. Fr. Riaux qui porte pour litre : Dissertation sur Parménide d'Élée.

(92) Pierre Bembo, né en 1470, mort en 1547, secrétaire de Léon X, puis cardinal, auleur de poésies latines, de sonnets à l'imitation de Pétrarque, et d'un grand nombre de lettres.

(93) Pic de la Mirandole, né en 1463, mort en 1494, un des promoteurs de la philosophie platonicienne au xv° siècle. Il laissa un neveu du mème nom qui marcha sur ses traces.

(94) Saint Augustin, De Lib. Arbit., II, 3. Arnauld a déjà cité ce passage dans les Objections contre les Méditations de Descartes. Voyez plus haut, p. 2.

(95) La certilude peut provenir de différentes sources, porter sur différents objets : mais elle n'admet pas de degrés. Celle des sens est postérieure

à celle de la conscience , mais sans y être inférieure, et les spiritualistes qui prennent exclusivement parti pour la seconde ne sont ni plus sages ni mieux avisés que les matérialistes qui n'admellent que la première, c'est ce qu'il est superflu de vouloir prouver après Thomas Reid et l'Ecole écossaise.

(96) On peut rapprocher de ce passage un admirable morceau de Pascal : « Qu'esl-ce que l'homme dans l'infini ? qui peut le comprendre ? etc. » Pensées, part. Ite, art. iv, 1.

(97) Ici s'arrête l'emprunt fait à Descartes. L'ouvrage d'où ce passage est tiré est le traité des Règles pour la direction de l'esprit.

(98) Discours sur la Méthode, part. irc.

(99) Ces règles sont empruntées à Pascal, dans le morceau intitulé : de lArt de persuader, qui est le troisième des Pensées.

(100) Cicéron, de Finibus, III, 25 et 26. (101) Euclide, Éléments, lib. I, déf. vii. (102) Ibid., V, déf. 111.

(103) Clavius, savant mathématicien, né à Bamberg en 1581, mort à Rome en 1612.

(104) Simon Stevin a vécu dans la dernière partie du xvie siècle et le commencement du xvii. On lui doit d'importants travaux qui ont enrichi la statique et l'hydrostatique d'un grand nombre de découvertes. Il a aussi laissé quelques ouvrages, entre autres un Traité d'Arithmétique d'où sont tirés les passages cités par Arnaud.

(105) C'est la thèse de Gassendi et de toute l'école empirique, celle que Locke a si longuement développée au jor livre de l'Essai sur l'Entendea ment humain.'

(106) Euclide, Éléments, liv. I, perp. 20.

(107) Ces Éléments sont d'Arnauld ; on les trouve au tome XL de ses OEuvres complètes.

(108) Montaigne, Essais, III, 11.

(109) A l'époque où parut l'Art de penser, il y avait peu d'années que Pascal et Fermat avaient appliqué l'analyse mathématique à l'appréciation des chances des jeux. Depuis, le calcul des probabilités a reçu des développements inespérés et acquis une importance considérable ; mais il s'est de plus en plus séparé de la logique, à laquelle il touche cependant par tant de côtés. Parmi le petit nombre de philosophes qui, à l'exemple d'Arnauld, y ont donné place dans leurs ouvrages, nous citerons : S’Gravesande, Introd. à la Philos. , liv. II, 27, 28, 29; Reid, Ess. sur les Facult. int., VII, ch. ir ; Prévost, Essais de philos., tome II, p. 56—109, Damiron, Logique, Ile section, ch. III.

DES VRAIES

ET

DES FAUSSES IDÉES

Où l'on croit avoir démontré que ce qu'en dit l'auteur du

livre de la Recherche de la Vérité n'est appuyé que sur de faux préjugés, et que rien n'est plus mal fondé que ce qu'il prétend: que nous voyons toutes choses en Dieu.

Je vous ai donné avis, Monsieur, du dessein que j'avais d'examiner le Traité de la nature et de la grâce, et de donner au public le jugement que j'en ferais. Je n'ai point douté que vous ne fissiez voir ma lettre à l'auteur du traité, et que vous ne jugeassiez bien, comme vous avez fait aussi, que c'était pour cela même que je l'avais écrite, m'étant persuadé qu'il était plus honnête et plus chrétien d'agir avec cette franchise, que d'attaquer un ami comme en cachette, et en lui dissimulant ce que je ne devais pas croire qui lui déplairait, puisqu'il aurait fallu pour cela que je l’eusse soupçonné de n'être pas sincère dans la profession qu'il fait d'aimer uniquement la vérité.

Je me sais bon gré de n'avoir pas eu cette pensée de notre ami, et j'apprends avec bien de la joie par votre réponse que je ne me suis pas trompé, quand j'ai cru qu'il était dans une disposition toute contraire à celle qui fait dire à saint Augustin, que celui-là s’aime d’un amour bien déréglé, qui aime mieux que les autres soient dans l'erreur, que non pas que l'on découvre qu'il y est luimême: Nimis perverse seipsum amat, qui alios vult errare, ut error suus lateat. Car vous m'assurez que lui ayant fait voir ma première lettre, que vous aviez bien cru que j'avais écrite pour lui être montrée, il vous a témoigné être dans les mêmes sentiments que moi, pour ce qui regarde la manière d'écrire contre les opinions de nos

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