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DE

LA FONTAINE

WITH BIOGRAPHICAL SKETCH OF THE AUTHOR

AND EXPLANATORY NOTES IN ENGLISH

BY

MME. BERTHE BECK,

of Brearley School,New York.

COPYRIGHT, 1892, WILLIAM R. JENKINS.

NEW YORK :
WILLIAM R. JENKINS,
ÉDITEUR ET LIBRAIRE FRANÇAIS,

851 & 853 SIXTH AVENUE.

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CHARLES HE: DIXT. THURBER

Mar. 5,1926

PRÉFACE.

L'Éditeur, en nous chargeant du choix des fables que contient ce volume, nous fit remarquer l'abandon où les laissent depuis quelques années les professeurs de français aux ÉtatsUnis. Nous nous rappelons de quel grand secours elles nous ont été dans le passé ; en s'en servant habilement on finira par reconnaître le profit que l'on peut tirer de cette mine inépuisable qui fait le fond des fables de notre poëte. Sa versification nous offre des exemples de tous les mètres possibles, depuis l'alexandrin jusqu'au vers d'un pied.

Personne n'a su comme La Fontaine manier la périphrase et faire un emploi ingénieux de la mythologie comme dans ses fables où nous voyons défiler Jupiter, les Parques, l'Amour, les Zéphirs, les noirs personnages du Styx et de l'Achéron, sans compter les nombreuses célébrités historiques de l'ancienne Grèce, et de l'Orient.

Au point de vue linguistique surtout notre fabuliste est appelé à nous rendre de grands services. C'est dans ses fables que nous retrouvons ce trésor de locutions familières telles que : “Attacher le grelot”; “c'est le chien de Jean de Nivelle”; “faire des châteaux en Espagne”; “c'est le pot de fer contre le pot de terre"; "faire la mouche du coche”; “le coup de pied de l'âne”; "prêcher pour son saint”; “tout chemin mène à Rome"; "il

ne faut jamais vendre la peau de l'ours qu'on ne l'ait mis par terre”; patience et longueur de temps font plus que force ni que rage”; “tirer les marrons du feu”; “le pavé de l'ours,” etc.; enfin une foule de lieux communs intraduisibles, de clichés, de phrases, de périphrases qui, à force de circuler ont passé à l'état de proverbes et que l'on soude bout à bout dans les articles de journaux, dans les romans, dans les pièces de théâtre et surtout dans la conversation journalière.

On objectera peut-être que toute cette phraséologie se trouve systématiquement recueillie dans des ouvrages spéciaux, D'accord. Mais est-il humainement possible d'emmagasiner dans une jeune tête cette enfilade de bouts de phrases, idiotismes ou autres, dépourvus de tout enchaînement d'idées, sans courir le risque de rendre idiote la cervelle la plus solidement encastrée ? Nous sommes d'avis à ne faire apprendre par coeur qu'une douzaine de fables, à en faire le choix d'après l'élève mais nous en recommandons la lecture répétée en ayant soin de faire remarquer expressions et proverbes d'usage.

BERTHE BECK.

BIOGRAPHIE.

JEAN DE LA FONTAINE naquit le 8 juillet, 1621, à ChâteauThierry, en Champagne.

Sa maison natale existe encore. Elle date du seizième siècle, et si nous en jugeons par son style et son ornementation nous pouvons en conclure que ses habitants étaient dans l'aisance. Le père, le grand-père et le bisaïeul du poète avaient exercé la charge de maîtres particuliers des eaux et des forêts en même temps que la profession de marchands drapiers. A cette époque les gros bourgeois se nommaient noble homme, les anoblis écuyers. La famille de La Fontaine faisait partie de cette première catégorie. La mère du fabuliste, Françoise Pidoux, descendait d'une illustre famille du Poitou. La Fontaine pensait descendre des Pidoux à cause des dimensions respectables de son nez. Il perdit sa mère de bonne heure, probablement vers l'année 1635. L'éducation de Jean fut assez négligée et il reste peu de traces sur son enfance et na vie d'écolier. L'abbé d'Olivet pense qu'il eut des maîtres de campagne avant d'entrer au collège de Rheims. On a découvert, il n'y a pas longtemps un exemplaire de Lucien sur lequel on lit: (de La Fontaine, bon garçon, fort sage, et fort modeste.) Puis sur le titre la signature de son ami Ludovicus Maucroix, un de ses condisciples. On sait en outre que La Fontaine fut deux fois parrain, à l'âge de trois ans et à l'âge de huit ans et

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