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Vous serez seul de votre parti, peut-être ; mais vous porterez en vous-même un témoignage qui vous dispensera de ceux des hommes. Qu'ils vous aiment ou vous haïssent, qu'ils lisent ou méprisent vos écrits, il n'importe. Dites ce qui est vrai, faites ce qui est bien ;

qui est bien ; ce qui importe à l'homme est de remplir ses devoirs sur la terre ; et c'est en s'oubliant qu'on travaille pour soi. Mon enfant, l'intérêt particulier nous trompe ; il n'y a que l'espoir du juste qui ne trompe pas.J. J. Rousseau.

B.

Le Café.
Le Café vous présente une heureuse liqueur
Qui d'un vin trop fumeux chassera la vapeur.
Vous obtiendrez par elle, en désertant la table,
Un esprit plus ouvert, un sang-froid plus aimable.
Bientôt, mieux disposé par ses puissants effets,
Vous pourrez vous asseoir à de nouveaux banquets.
Elle est du Dieu des vers honorée et chérie;
On dit

que du poëte elle sert le génie,
Que plus d'un froid rimeur, quelquefois réchauffé,
A dû de meilleurs vers aux parfums du café.
Il peut du philosophe égayer les systèmes ;
Rendre aimables, badins, les géomètres mêmes.
Par lui l'homme d'état, dispos après dîner,
Forme l'heureux projet de nous mieux gouverner.
Il déride le front de ce savant austère,
Amoureux de la langue et du pays d'Homère,
Qui, fondant sur le grec sa gloire et ses succès,
Se dédommage ainsi d'être un sot en français.
Il peut, de l'astronome éclaircissant la vue,
L'aider à retrouver son étoile perdue.
Au nouvelliste enfin il révèle parfois
Les intrigues des cours et les secrets des rois;
L'aide à rêver la paix, l'armistice, la guerre,
Et lui fait, pour six sous, bouleverser la terre.

Berchoux.

III. Translate into French :

The first of our society is a gentleman of Worcestershire, of an ancient descent, a baronet; his name Sir Roger de Coverley. His great-grandfather was inventor of that famous country-dance which is called after him. All who know that shire are very well acquainted with the merits of Sir Roger. He is a gentleman that is very singular in his behaviour ; but his singularities proceed from his good sense, and are contradictions to the manners of the world; only, as he thinks, the world is in the wrong. However, this humour creates him no enemies; for he does nothing with sourness or obstinacy, and his being unconfined to modes and forms makes him but the readier and more capable to please and oblige all who know him. When he is in town, he lives in Soho Square. It is said he keeps himself a bachelor by reason he was crossed in love by a perverse beautiful widow of the next county to him. Before this disappointment, Sir Roger was what you call a fine gentleman, had often supped with my Lord Rochester, fought a duel upon his first coming to town, and kicked bully Dawson in a public coffee-house for calling him a youngster; but being ill-used by the above-mentioned widow, he was very serious for a year and a half; and though, his temper being naturally jovial, he at last got over it, he grew careless of himself and never dressed afterwards. He continues to wear a coat and doublet of the same cut that were in fashion at the time of his repulse, and which, in his merry humours, he tells us has been in and out twelve times since he first

He is now in his fifty-sixth year, cheerful, gay, and hearty; keeps a good home both in town and country; a great lover of mankind; but there is such a mirthful cast in his behaviour, that he is rather beloved than esteemed. --Addison.

wore it.

IV.

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Translate into idiomatic English:

Vous n'êtes rien moins que généreux.'

Vous en passerez par où je voudrai.'
'Ne me poussez pas à bout.'
"Je t'en veux. Je m'en prends à toi.'

J'en ai pris mon parti.'
• Je suis au fait.'
Cela est de votre crû.'

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Translate into idiomatic French:

'I cannot help it. I cannot afford it.'
•What is the matter?'
I don't care, I shall do without it.'
'Never mind I shall make the best of it.'
• He lived from hand to mouth.'

V.

[NOTE.—The following questions may be answered in French.)

Questions grammaticales. 1. Ecrire la 2e pers. sing. passé défini, la 2e pers. plur. de l'impératif, des verbes obtiendrez, pourrez, ouvert, asseoir,chérie, sert, dit, , rendu, fondant, perdu, fait.'

Ecrire le participe passé de obtiendrez, pourrez, asseoir, sert, fondant;' et le participe présent de 'obtiendrez, pourrez, asseoir, chérie, dit, fait.'

2. Former les adverbes en ment qui viennent des adjectifs puissant, nouveau, amoureux, sot.

3. Dire pourquoi souffrant est invariable, et souffrantes variable, dans les phrases suivantes :

* J'ai vu des personnes souffrant cruellement.' J'ai vu des personnes souffrantes et résignées.'

4. Dire pourquoi les verbes enseignait et mit sont, l'un à l'imparfait, et l'autre au passé défini, dans cette phrase: Socrate enseignait la sagesse, lorsqu'on le mit sur la scène.'

5. Expliquer la différence entre le futur et le conditionnel dans les phrases suivantes :

"Je vous avertirai, s'il part demain. Je vous avertirais, s'il partait demain.'

Dire pourquoi les verbes part et partait ne sont pas mis au futur et au conditionnel.

6. Dire pourquoi les verbes s'agit et trahisse sont, l'un à l'indicatif, et l'autre au subjonctif, dans ces deux vers :

* Pensez-vous qu'il s'agit d'un forfait exécrable ?' * Pensez-vous qu'en effet Zaïre me trahisse ?!

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ROYAL NAVAL COLLEGE.

MARCH 1861. Pendant cette scène, une nouvelle catastrophe venait de se déclarer: le navire avait pris feu; et les flammes partant de l'intérieur se faisaient déjà jour sur le pont. Le reste des matelots firent les signaux de détresse et se déclarèrent ainsi prisonniers des Anglais, qui dès lors, cessant le feu de leurs canons, vinrent au secours des malheureux qui, dans quelques instants, allaient peut-être expirer dans les flammes après avoir échappé aux boulets. Déjà les Anglais étaient montés sur le na. vire, où un second matelot français, mais un matelot gravement blessé, appelait Jean sans pouvoir le décider à lâcher prise. Les Anglais eux-mêmes, touchés de compassion à la vue de cet enfant presque enveloppé de flammes et appelant toujours son père, lui crièrent de venir et de ne rien craindre. L'officier anglais n'eut pas le courage de laisser son embarcation, s'éloigner sans avoir tenté un dernier effort pour sauver l'enfant. Viens,' lui crie-t-il,

viens,'te dis-je; “le bâtiment va sauter, la poudrière est sous tes pieds et le feu à tes côtés.' Non, j'attends mon père,' répliqua l'enfant.--(Naval Cadets.)

JUNE 1861. Mon grand-père m'a parlé ce matin de son état, sans me rien déguiser. Toutes ses paroles retentissent encore à mon oreille. Quelle douceur et quelle sagesse! Je serais impardonnable si je n'en profitais pas, tout jeune que je suis. Mon enfant,' m'a-t-il dit, après m'avoir fait asseoir à son chevet, ‘je ne peux plus me le dissimuler, le terme de ma vie n'est pas éloigné. Pourronsnous enchaîner assez long-temps inon âme à cette poussière, pour que je voie le jour de ta délivrance? Je l'ignore, mais je n'ose guère l'espérer; ma faiblesse augmente avec une rapidité qui m'étonne, et il est à présumer que je te laisserai achever seul nos tristes quartiers d'hiver. Tu seras, je n'en doute point, plus affligé de notre séparation que troublé de ton isolement, et tu ressentiras plus de douleur que de crainte; mais je compte assez sur ton courage, et ta piété, pour être persuadé que tu ne tomberas point dans un coupable abattement; tu te souviendras de ton

père, que tu dois revoir sans doute, et cette pensée te soutiendra. Tu reconnaîtras bientôt, qu'après ma mort, les dangers que tu peux courir dans ce châlet ne seront point aggravés. Au contraire, j'étais plutôt un obstacle pour toi : tu n'auras plus à craindre la disette, et peut-être, au moment de quitter la montagne, seras-tu moins embarrassé.'-(Naval Cadets.)

JUNE 1861. Nous n'avons séjourné que huit jours à Tocat: après trent-cinq jours de marche, nous sommes arrivés à Smyrne. De Tocat à Smyrne, on ne trouve pas une seule ville qui mérite qu'on la nomme. J'ai vu avec étonnement la faiblesse de l'empire des Os. manlis. Ce corps malade ne se soutient pas par un régime doux et tempéré, mais par des remèdes violents, qui l'épuisent et le minent sans cesse. Les Pachas, qui n'obtiennent leurs emplois qu'à force d'argent, entrent ruinés dans les provinces, et les ra- ' vagent comme des pays de conquête. Une milice insolente n'est soumise qu'à ses caprices. Les places sont démantelées, les villes désertes, les campagnes désolées, la culture des terres et le

entièrement abandonnés. L'impunité règne dans ce gouvernement sévère : les chrétiens qui cultivent les terres, les juifs qui lèrent les tributs, sont exposés à mille violences. La propriété des terres est incertaine, et, par conséquent, l'ardeur de les faire valoir ralentie: il n'y a ni titre, ni possession, qui vaillent contre le caprice de ceux qui gouvernent. Ces barbares ont tellement abandonné les arts, qu'ils ont négligé jusques à l'art militaire. Pendant que les nations d'Europe se raffinent tous les jours, ils restent dans leur ancienne ignorance, et ils ne s'avisent de prendre leurs nouvelles inventions qu'après qu'elles s'en sont servies mille fois contre eux. -(Assistant Clerks.)

SEPTEMBER 1861. L'histoire des nations présente peu de règnes plus glorieux que celui d'Edouard III. ; c'est aussi celui sur lequel les Anglais s'arrêtent avec une complaisance plus particulière, comme

commerce

ma

toi ;

étant l'époque à laquelle ils commencèrent à acquérir une certaine supériorité sur la France, par les étonnantes victoires de l'Écluse, de Créci et de Poitiers ; mais l'administration prudente et vigoureuse par laquelle cet habile monarque maintint la tranquillité intérieure en Angleterre, pendant un plus long intervalle qu'elle ne l'avait été auparavant, et qu'elle ne le fut long-temps après, est encore plus admirable que tous les exploits militaires, dont le plus grand avantage, et peutêtre le principal motif, fut d'éloigner de l'Angleterre ces barons puissants et inquiets qui, étant occupés à combattre des ennemis étrangers, n'avaient pas le temps de fomenter dans leur propre pays ces commotions civiles auxquelles ils étaient naturellement si enclins.-(Naval Cadets.)

DECEMBER 1861. Les états-généraux s'ouvrirent le mai 1789, dans la salle des Menus, Versailles. Les députés furent appelés à la séance royale et introduits suivant l'ordre établi en 1614; mais le temps n'était plus où le tiers-état, parlant à genoux et découvert, reconnaissait son humiliante infériorité en présence des autres ordres : il se hâta de témoigner qu'il se regardait comme leur égal; et, lorsque, à l'exemple du roi, les députés des deux premiers ordres se furent couverts, ceux du troisième, contre l'usage des anciens états, imitèrent sur-le-champ la noblesse et le clergé. Ce geste faisait suffisamment comprendre qu'une révolution s'était accomplie dans les esprits et dans les meurs. Les députés du tiers-état auraient peu gagné cependant à se proclamer euxmêmes les égaux des députés des autres ordres s'ils n'avaient pu faire reconnaître cette égalité en l'établissant sur des faits.-(Naval Cadets.)

MARCH 1862. Je n'eus jamais l'humeur très-belliqueuse;

la seule pensée de tuer un homme, fût-ce mon plus grand ennemi, et sur un champ de bataille, m'a toujours paru épouvantable. Toutefois j'aimais la profession militaire pour ses brillants costumes, sa musique, ses coups de canon et sa cavalerie. Un cuirassier, un hussard, enfin un cavalier me paraissaient ce qu'il y avait de plus beau dans le monde, et comme j'avais la manie de me comparer avec tout ce

qui me plaisait, je m'informais quelquefois si moi, comme les autres, je ne pourrais pas être hussard ou cuirassier? Comme je n'avais alors que dix ans,

me dis que j'étais peut-être encore bien jeune. Cependant, je cherchais parmi tous les corps militaires s'il n'en était aucun où se trouvaient des militaires aussi jeunes que moi.-(Naval Cadets.)

JUNE 1862. O France, ô ma patrie! que ma droite s'oublie elle-même, que langue s'attache à mon palais, si jamais ton souvenir sort de mon sein, s'il ne fait pas toujours battre mon cœur, si tu n'es pas le premier objet de mes affections! Je t'aime comme on aime une mère, une seur et une fille, car tu es la terre de mes aïeux, de mes frères et de mes enfants. Je t'aime pour le pain dont tu m'as nourri, pour la lu. mière dont tu m'as éclairé, pour le spectacle dont tu as réjoui mes regards ! Je t'aime pour les souvenirs de mon enfance, qui tous se rattachent souvenirs presque aussi doux et aussi purs que mes espérances du ciel. Je t’aime, parceque tu es libre et forte, grande et généreuse, éclairée et vertu. euse. Je t'aime, parceque je puis de. meurer au milieu de toi avec gloire et avec bonheur, et en sortir sans craindre d'avouer d'où je viens. Donc, à jamais, glorieuse et respectée ! et que mes derniers regards soient témoins de ta paix, de tes progrès et de ton bonheur, ô France, ô ma patrie!-(Naval Cadets.)

SEPTEMBER 1862. Pour me rafraîchir un peu, j'allai m'asseoir à l'une des extrémités du bâtiment, et là, en face de cette vaste mer où notre bateau à vapeur semblait perdu comme la coquille de noix que vous faisiez naviguer, cet été, dans l'étang, à la campagne, je contemplai le spectacle le plus émouvant que j'aie jamais vu: la pointe du bâtiment qui me faisait face, s'élevait et s'abaissait tour à tour; tantôt elle semblait près de plonger dans la mer, tantôt s'élever à cent pieds au-dessus de ma tête : quand elle montait, je descendais; quand elle descendait, je montais à mon tour: et rien ne peut mieux vous donner une idée de ces balancements, que celui de votre cheval à bascule; avec cette différence, que si votre cheval de bois

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