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le texte ou la version. Dans un pareil travail, ce serait la perfection qui ne se peut non plus atteindre en cela qu'en toute autre chose; mais on en approche beaucoup, surtout lorsque l'auteur a, comme celui-ci , un caractère à lui, quoique véritablement si naif et si simple, qu'en ce sens il est moins imitable qu'un autre. Par malheur, il n'a eu long-temps pour interprètes que des gens tout-à-fait de la bonne compagnie, des académiciens , gens pensant noblement et s'exprimant de même, qui, avec leurs idées de beau monde et de savoir vivre, ne pouvaient goûter ni sentir; encore moins représenter le style d'Hérodole. Aussi n'y ont-ils pas songé. Un homine séparé des hautes classes, un homme du peuple, un paysan sachant le grec et le français , 'y pourra réussir si la chose est faisable; c'est ce qui m'a décidé à entreprendre ceci *, où j'emploie, comme on va voir, non la langue courtisanesque, pour user de ce mot italien, mais celle des gens avec qui je travaille à mes champs, laquelle se trouve quasi toute dans La Fontaine, langue plus savante que celle de l'académie, et comme j'ai dit, beaucoup plus grecque : on s'en convaincra en voyant, si on prend la peine de comparer ma version au lexte, combien j'ai traduit de passages littérale

* Ce morceau servait de préface au premier fragnient de la traduction d'Hérodole, publiée en 1823, et donné comme Prospectus de la traduction complète que Courier annonçait.

ment, mot à mot, qui ne se peuvent rendre que par des circonlocutions sans fin dans le dialecte académique. Je garantis cette traduction plus courte d'un quart que toutes celles qui l'ont précédée; si avec cela elle se lit, je n'aurai pas perdu mon temps : encore est-elle plus longue que le texte; mais d'antres, j'espère , feront mieux , et la pourront réduire à sa juste mesure, non pas touiefois en suivant des principes différens des miens.'

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FIN.

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