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infantes. La conquête de la Péninsule va se faire sans fâcher personne, et notre armée sera comblée de bénédictions. Là dessus M. Calelan a pris la parole et a dit: Je ne sais pas comment vous ferez lorsque vous serez en Espagne; mais en France votre conduite est assez mauvaise. Vous paierez là, dites-vous, et ici vous prenez. Voici une réquisie tion de quatre mille bæufs pour conduire de Toulouse à Pau votre artillerie, qui a ses chevaux; mais ils sont employés ailleurs. Ils mènent les équipages des ducs, et des marquis, et des gardesdu-corps. Le canon reste là. Vous y attelez nos baufs au moment des labours. Vous serez sages en Espagne, à la bonne heure; je le veux croire, et vous agirez avec ordre; mais je ne vois que confusion dans vos préparatifs.

Guilleminot a fait un rapport dont la substance est que l'armée a besoin de se recruter d'une ou de deux conscriptions, pour être en état, non de marcher, car il n'y a nulle apparence, mais de garder seulement la frontière; que l'état-major est bon et fera ce qu'on voudra; mais que les offi. ciers de fortune, et surtout les sous-officiers semblent peu disposés à entrer en campagne, pensent que c'est contre eux que la guerre se fait. Guillemirot est rappelé pour avoir dit ces choses-là, et son aide-de-camp arrêté comme correspondant de Fabvier. Victor part pour

l'armée. - A l'armée une cour ( voir là-dessus Feuquières, Mémoires ), c'est ce qui a perdu Bonaparte, tout Bonaparte qu'il était. La cour de son

frère Joseph sauva Wellington plus d'une fois. Partant, où il y a une cour, on ne songe qu'à faire sa cour. Le duc d'Angoulême a carte blanche pour les récompenses; et l'on sait déjà ceux qui se distingueront. Hohenlohe sera maréchal; c'est un Allemand qui a logé les princes dans l'émigration. Il commandera nos généraux, et pas un d'eux ne dira mot. La noblesse de tout temps obéit volontiers même à des bâtards étrangers, comme était le maréchal de Saxe. Les soldats, quant à eux, font peu de différence d'un Allemand à un émigré; ils l'aimeront autant que Coigny ou Vioménil. Personne ne se plaindra. Jamais, en Anglerre, on ne souffrirait cela. Nous aurons tout l'ancien régime; on ne nous fera pas grâce d'un abus.

PROCLAMATION.

Soldats, vous allez rétablir en Espagne l'ancien régime et défaire la révolution. Les Espagnols ont fait chez eux la révolution; ils ont détruit l'ancien régime, et à cause de cela on vous envoie contre eux ; et quand vous aurez rétabli l'ancien régime en ce pays-là, on vous ramènera ici pour en faire autant. Or, l'ancien régime, savez-vous ce que c'est, mes amis ? C'est, pour le peuple, des impôts ; pour les soldats, c'est du pain noir et des coups de bâton; des coups de bâton et du pain noir, voilà l'ancien régime pour vous. Voilà ce que vous allez rétablir, là d'abord , et ensuite

chez vous.

Les soldats espagnols ont fait en Espagne la révolution. Ils étaient las de l'ancien régime, et ne voulaient plus ni pain noir, ni coups de bâton ils voulaient autre chose, de l'avancement, des grades; ils en ont maintenant, et deviennent of. ficiers à leur tour, selon la loi. Sous l'ancien régime, les soldats ne peuvent jamais être officiers sous la révolution, au contraire, les soldats deviennent officiers. Vous entendez; c'est là ce que les Espagnols ont établi chez eux, et qu'on veut empêcher. On vous envoie exprès, de peur que la même chose'ne s'établisse ici, et que vous ne soyez quelque jour officiers. Partez donc, battez-vous contre les Espagnols; allez, faites-vous estropier, afin de n'être pas officiers et d'avoir des coups de bâton.

Ce sont les étrangers qui vous y font aHer; car le roi ne voudrait pas. Mais ses alliés le forcent à vous envoyer là. Ses alliés, le roi de Prusse, l'empereur de Russie et l'empereur d'Autriche suivent l'ancien régime. Ils donnent aux soldats beaucoup de coups de bâton , avec peu de pain noir, et s'en trouvent très-bien, eux souverains. Une chose pourtant les inquiète. Le soldat français, disent-ils, depuis trente ans ne reçoit point de coups de bâton, et voilà l'Espagnol qui les refuse aussi ; pour peu que cela gagne, adieu la schlague chez nous, personne n'en voudra. Il y faut remédier, et plus tôt que plus tard. Iis ont donc résolu de rétablir partout le régime du bâton , mais pour les soldats seulement; c'es

vous qu'ils chargent de cela. Soldats, volez à la victoire, et, quand la bataille sera gagnée, vous savez ce qui vous attend : les nobles auront de l'avancement, vous aurez des coups de bâton. Entrez en Espagne, marchez tambour battant, mêche allu. mée, au nom des puissances étrangères ; vive la schlague; vive le bâton; point d'avancement pour les soldats, point de grades que pour les nobles.

Au retour de l'expédition, vous recevrez tout l'arriéré des coups de bâton qui vous sont dus depuis 1789. Ensuite, on aura soin de vous tenir au courant.

La police va découvrir une grande conspiration qui aura, dit-on, de grandes ramifications dans les provinces et dans l'armée. On nomme déjà des gens qui en seront certainement. Mais le travail n'est pas fait.

DU LIBRAIRE.

(1823.)

Nous possédons en manuscrit, et publierons, quand la censure sera rétablie, différentes brochures de Paul-Louis, toutes excessivement utiles et prodigieusement agréables, comme on le peut voir par ces titrès :

1° La Lanterne de Rovigo , ou Considérations sur la nouvelle noblesse.

De l’Indifférence en matière de B.... V....

Vue sur la Septennalité, ou l'an climatérique de la Charte constitutionnelle.

4° Obligations d'un Député ministériel, avec cette épigraphe de l'ami Paul ; LA VIANDE EST POUR LE VENTRE , LE VENTRE EST POUR LA VIANDE.

150 De l’Influence de la Russie sur le chien du gardechampêtre de la commune de Bagnolet.

6o Thèses contre les Hérétiques, où l'on démontre à priori que le célibat des jeunes p...... et la c....... des j.............. sont principalement cause de la pureté des meurs dans tous les états catholiques.

7° De la PORNOCRATIE en France, depuis Brennus jusqu'à nos jours, avec une dissertation sur le prin

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