La Bruyère dans la maison de Condé: Études biographiques et historiques sur la fin du XVIIe siècle, Volume 2

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Firmin-Didot et cie, 1886 - France

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Page 278 - II ya des misères sur la terre qui saisissent le cœur; il manque à quelques-uns jusqu'aux aliments; ils redoutent l'hiver, ils appréhendent de vivre. L'on mange ailleurs des fruits...
Page 322 - Giton a le teint frais, le visage plein et les joues pendantes, l'œil fixe et assuré, les épaules larges, l'estomac haut, la démarche ferme et délibérée. Il parle avec confiance; il fait répéter celui qui l'entretient, et il ne goûte que médiocrement tout ce qu'il lui dit. Il déploie un ample mouchoir et se mouche avec grand bruit; il crache fort loin, et il éternue fort haut.
Page 323 - Phédon a les yeux creux, le teint échauffé, le corps sec et le visage maigre : il dort peu et d'un sommeil fort léger; il est abstrait , rêveur, et il a avec de l'esprit l'air d'un stupide ; il oublie de dire ce qu'il sait , ou de parler d'événements qui lui sont connus : et , s'il le fait quelquefois , il s'en tire mal ; il...
Page 138 - L'on voit certains animaux farouches, des mâles et des femelles, répandus par la campagne, noirs, livides et tout brûlés du soleil, attachés à la terre qu'ils fouillent et qu'ils remuent avec une opiniâtreté invincible ; ils ont comme une voix articulée, et quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine, et en effet ils sont des hommes.
Page 107 - Depuis que dans la tête il s'est mis d'être habile, Rien ne touche son goût, tant il est difficile. Il veut voir des défauts à tout ce qu'on écrit, Et pense que louer n'est pas d'un bel esprit, Que c'est être savant que trouver à redire, Qu'il n'appartient qu'aux sots d'admirer et de rire, Et qu'en n'approuvant rien des ouvrages du temps, II se met au-dessus de tous les autres gens.
Page 405 - La peine que j'ai sur les filles de Saint-Cyr ne se peut réparer « que par le temps et par un changement entier de l'éducation que « nous leur avons donnée jusqu'à cette heure ; il est bien juste que « j'en souffre puisque j'y ai contribué plus que personne, et je serai « bien heureuse si Dieu ne m'en punit pas plus sévèrement. Mon « orgueil s'est répandu par toute la maison, et le fond en est si « grand qu'il l'emporte même par-dessus mes bonnes intentions. « Dieu sait que j'ai voulu...
Page 256 - ... et il ne revient de ce grand fracas , que pour bredouiller des vanités et des sottises : il a si peu d'égard au temps , aux personnes , aux bienséances , que chacun a son fait sans qu'il ait eu intention de le lui donner : il n'est pas encore assis, qu'il a, à son insu , désobligé toute l'assemblée.
Page 299 - J'entends corner sans cesse à mes oreilles: L'homme est un animal raisonnable. Qui vous a passé cette définition? sont-ce les loups, les singes et les lions, ou si vous vous l'êtes accordée à vous-mêmes? C'est déjà une chose plaisante que vous donniez aux animaux, vos confrères, ce qu'il ya de pire, pour prendre pour vous ce qu'il ya de meilleur. Laissez-les un peu se définir eux-mêmes, et vous verrez comme ils s'oublieront et comme vous serez traités.
Page 498 - ... fortement attaquées ; lui faisant blâmer les scandales du siècle d'une manière extravagante ; le représentant consciencieux jusqu'à la délicatesse et au scrupule sur des points moins importants, où toutefois il le faut être, pendant qu'il se portait d'ailleurs aux crimes les plus énormes ; le montrant sous un visage de pénitent, qui ne...
Page 490 - Pourquoi s'en prendre aux hommes de ce que les femmes ne sont pas savantes? Par quelles lois , par quels édits, par quels rescrits, leur at-on défendu d'ouvrir les yeux et de lire, de retenir ce qu'elles ont lu...

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