Fontenelle: l'homme, l'œuvre, l'influence

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Librairie Plon, Plon-Nourrit et cie, imprimeurs-éditeurs, 1906 - Authors, French - 432 pages
 

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Page 414 - PÈRE, votre Sainteté voudra bien pardonner la liberté que prend un des plus humbles, mais l'un des plus grands admirateurs de la vertu, de consacrer au chef de la véritable religion un écrit contre le fondateur d'une religion fausse et barbare.
Page 267 - En 1593, le bruit courut que les dents étant tombées à un enfant de Silésie, âgé de sept ans, il lui en était venu une d'or à la place d'une de ses grosses dents.
Page 185 - Toute la question de la prééminence entre les anciens et les modernes, étant une fois bien entendue, se réduit à savoir si les arbres qui étaient autrefois dans nos campagnes étaient plus grands que ceux d'aujourd'hui.
Page 239 - Les habits changent; mais ce n'est pas à dire que la figure des corps change aussi. La politesse ou la grossièreté , la science ou l'ignorance , le plus ou le moins d'une certaine naïveté, le génie sérieux ou badin, ce ne sont là que les dehors de l'homme, et tout cela change : mais le cœur ne change point, et tout l'homme est dans le cœur. On est ignorant dans un siècle , mais la mode d'être savant peut venir ; on est intéressé, mais la mode d'être désintéressé ne viendra point.
Page 266 - Je ne suis pas si convaincu de notre ignorance par les choses qui sont, et dont la raison nous est inconnue, que par celles qui ne sont point, et dont nous trouvons la raison. Cela veut dire que non seulement nous n'avons pas les principes qui mènent au vrai, mais que nous en avons d'autres qui s'accommodent très bien avec le faux.
Page 193 - ... homme-là n'aura point de vieillesse; il sera toujours également capable des choses auxquelles sa jeunesse était propre, et il le sera toujours de plus en plus de celles qui conviennent à l'âge de virilité; c'est-à-dire, pour quitter l'allégorie, que les hommes ne dégénèreront jamais, et que les vues saines de tous les bons esprits qui se succéderont, s'ajouteront toujours les unes aux autres.
Page 186 - La nature a entre les mains une certaine pâte qui est toujours la même, qu'elle tourne et retourne sans cesse en mille façons, et dont elle forme les hommes, les animaux, les plantes; et certainement elle n'a pas formé Platon, Démosthène ni Homère d'une argile plus fine ni mieux préparée que nos philosophes, nos orateurs et nos poètes d'aujourd'hui.
Page 410 - Grecs ; mais c'est que nous ne sommes pas partis d'abord d'un point si absurde. Nous savons aussi bien qu'eux étendre et conserver nos erreurs : mais heureusement elles ne sont pas si grandes , parce que nous sommes éclairés des lumières de la vraie religion, et, à ce que je crois, de quelques rayons de la vraie philosophie.
Page 244 - Les frénétiques sont seulement des fous d'un autre genre. Les folies de tous les hommes étant de même nature, elles se sont si aisément ajustées ensemble , qu'elles ont servi à faire les / plus forts liens de la société humaine ; témoin ce désir d'immortalité , cette fausse gloire, et beaucoup d'autres principes, sur quoi roule tout ce qui se fait dans le monde ; et l'on n'appelle plus fous , que de certains fous qui sont , pour ainsi dire , hors d'oeuvre , et dont la folie n'a pu s'accorder...
Page 208 - Au-dessus des images, ou les plus nobles, ou les plus vives qui puissent représenter les sentiments et les passions, sont encore d'autres images plus spirituelles, placées dans une région où l'esprit humain ne s'élance qu'avec peine ; ce sont les images de l'ordre général de l'univers, de l'espace, du temps, des esprits, de la divinité : elles sont métaphysiques, et leur nom seul fait entendre le haut rang qu'elles tiennent ; on pourrait les appeler intellectuelles...

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