Page images
PDF
EPUB

fit périr ceux qu'il avoit admis à ses orgies, dans la crainte qu'un propos qui lui étoip imprudemment échappé, ne reçît une pue blicité dangereuse et contraire à ses desszins : téinoin l'assassinat de la femme Şainte · Amarante et de sa fille qui venoit d'épouser le fils de l'ancien ministre Sartine; mais avant que de dire un mot de ce fait, il est bon de parler de la mort de la fille Renaud avec laquelle il se trouva lié.

Le mitrailleur de Lyon, le comédien et farouche Collor-d'Herbois étoit revenu à Paris, siéger au comité de salut public, et après avoir , dans le Midi, appaisé une partie de sa soif sanguinaire , cherchoit i l'éteindre entièrement dans la capitale , en présidant, pour sa part, aux égorgemens commandés à Fouquier par son comité (1),

(1) Ce misérable Collot-d'Herbois , qui ap. peloir les massacres une transpiration du corps politique, pourroit-être peint par un seul crait , si l'on n'en avoit pas cent mille non moins fé. roces à lui reprocher. Parmi les soldats que l'on forçoit à fusiller les proscrits sur la place des Broteaux à Lyon , il s'en trouva un à qui l'idée qu'il alloic fusiller des frères, fic détourner

lorsqu'un certain Lamiral, són ancien favori, mais brouillé avec lui, depuis qnelque tems, pour des motifs d'intérêt pécuniare, tenta de l'assassiner fe 4 prairial. Le tigre Collot écoit, à cette époque, un étie si important, que cet événement fir beaucoup de bruit, excita beaucoup de rameur et fixa sur lui l'attention particulière de l'a multitude. On regarda comme une faveur du ciel, que le comédien Collot , qui déjà commençoit à rivaliser de puissance avec l'incorruptible Robespierre, eût échappé aux coups que lui avoit portés son'assassin ; ön ne se borna pas à lui donner des mar. que's stériles de l'intérêt qu'il inspiroit. Un

mau

la tête ; Collor s'en aperçur, lui arracha son arme et lui dit, en fixant les victimes et en la déchargeant sur elles avec tranquiilité, voilà comme tire un républicain. Ce monstre , vais histrion de profession et dans la plus profoinde misère avant la révolution, n'avoit été *i acharné à dépeupler Lyon , que parce qu'il avoit été autrefois hué et conspué dans cette ville , lorsqu'il y jouoit la comédie pour gagner đu pain, Inde mali labes. Il rendit au centuple des coups de poignards pour des coups do sik

homme aussi brave que généreux , nommé Geoffroy, avoit reçu deux coups de feu en volant à sa défense ; la convention lui fic sur·le-champ une pension de isoo livres ; les honoraires des chirurgiens qui pansoient les blessures de ce Geoffroy, furent payés par le trésor national, et de plus, le bulletin de sa santé étoit lu, chaque jour, à l'ouverture des séances de l'assemblée. A ces soins rendus par la convention au défenseur de Collor, se joignirent des adresses de toutes les communes qui environnoient Paris , des adresses de beaucoup de sections de la capitale, qui venoient féliciter l'assemblée , de ce qu'un de ses membres les plus estimés avoir échappé au fer d'un assassin payé par les rois, pour anéantir les colonnes de la république : il n'en fallut pas davantage pour donner de l'ombrage à i Robespierre, on ne parloit plus que de Collot, on ne félicitoit plus que Collot, on ne formoit des veux que pour la conservation de Collot, les rois étoient ligués contre Collor ; et, comme depuis le décret sur l'Etre suprême , il étoit permis de parler de Dieu , il y avoir des communes qui

poussoient

poussoient la stupidiré et la dépravatiou du bon sens, jusqu'à dire et à écrire à la con, vention, qu'elles reconnoissoient bien maintenant qu'il y avoit un Étre-suprême et que la conservation de Collot-d'Herbois en étoit une preuve. Robespierre donc, jaloux de ces honneurs, et craignant d'être bientôt éclipsé par un rival, que son assassinar avoit rendu si intéressant , imagina , pour partager l'encens qu'on lui prodiguoit , de se faire assassiner aussi , sans néanmoins qu'il y eût du risque pour sa personne, car le scélérat avoir toute la férocité du crime , sans aucune énergie.

Les sicaires dont il avoit grand soin de de se faire escorter depuis quelque tems, et qui étoient dévoués à ses fureurs, n'eussent pas manqué, en ramenant Robespierre chez lui, d'assommer, la nuit , quelqu'un dans les rues ,

de crier au meurtre et de dire qu'ils n'avoient tué cer individu que parce qu'il avoit voulu attenter à la vie du grand homme, si, quatre jours après l'assassinat de Collot-d'Herbois, une circonstance ne leur eût épar

Ce

gné là peine de chercher plus long-temš une victiine.

Une jeune fille qui, retirée dans le seió de sa famille , entendoit peut-être ses patens gémir sur les horreurs dont se souilloit Robespierre , exalcée sans doute par les imprécations secrères que ce monstre inspiroit, se présenta à son domicile, de manda à lui parler ; sur la réponse qu'on lui fit que Robespierre éroit absent, elle répliqua, avec humeur, qu'érant fonctionnaire púb'ic, il étoit fait pour répondre à tous ceux qui se présentoient chez lui. Elle avoit à peine achevé ces mots , que les nombreux satellit'es à moustaches, dont l'antichambre da týran étoit toujours remplie , enveloppent cer en fant, et la conduisent à un comité févolutionnaire, en disant qu'elle a voulu assassiner Robespierre.

Il étoit possible que ce fût l'intention de cette jeune fille, qu'elle eut été gagnée, entrainée par l'exemple de Charlotte, Corday , qui s'étoit fait un genre d'immortaJité en frappant le tigre Marat; il étoit pos. sible que Cécile Rénaud fùc mụe par le fid

« PreviousContinue »