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11.11

DE MONSIEUR

DE FONTENELLE, Des Académies, Françoise, des Sciences, & des Belles-Lettres, & de la Societé

Royale de Londres. NOUVELLE EDITION AUGMENTÉE

TOME SECOND

A PARIS, AU PALAIS, Chez BERNARD BRUNET ,Fils , &

l'Envie.

M. DCC. XLII. AVEC PRIVILEGE DU ROI.

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E suis à peu près dans le même

cas se trouva Ciceron , lorfJ

qu'il entreprit de mettre en sa Langue des matieres de Philo

Sophie , qui jusques-n'avoient été traitées qu'en Grec. Il nous apprend qu'on difoit que ses Ouvrages fercient fort inutiles, parce que ceux qui aimoient la Philosophie s'étant bien donné la peine de la chercher dans les Livres Grecs , négligercient après cela de la voir dans des Livres Larins , qui ne seroient pas Originaux , & que ceux qui n'avoient pas de goût pour la Philosophie , ne se soucioient de la voir ni en Latin, ni en Grec.

A cela il répond qui'il arriveroit tout le contraire , que ceux qui s'étoient pas Philosophes seroient tentés de le devenir par la facilité de lire les Livres Latins; ego que acux qui l'étoient déja par la Lecture des LiTome II.

А

vres Grecs, seroient bien-aises de voir com, ment ces choses-avoient été maniées en Larin.

Ciceron avoit raison de parler ainsi. L'excellence de son génie, de la grande réputation qu'il avoit deja acquise , lui garantisoient le succès de cette nouvelle forte d'ouvrages qu'il donnoit au Public;mais moi, je suis bien éloigné d'avoir les mémes sujets de confiance dans une entreprise presque pareille à lufienne. J'ai voula Înt traiter la Philosophie d'une maniere qui ne fût point Philosophique ; j'ai tâché de l'amener à un point , elle ne fût ni trop seche pour les Gens du monde , ni trop badine pour les sçavans. Mais si on me dit à

on me dit à peu près comme à Ciceron, qu'un pareil Ouvrage n'est propre ni aux sçavans qui n'y peuvent rien apprendre, ni aux gens du monde qui n'auront point d'envie d'y rien apprendre, je n'ai garde de répondre ce qu'il répondit. Il se peut bien faire qu'en cherchant un milieu la Philosophie convint à tout le Monde , j'en aye trouvé un elle ne convienne à personne; les milieux font trop difficiles à tenir, do je "ne croi pas qu'il me prenne envie de me mettre une seconde fois dans la même peine.

Je dois avertir ceux qui liront ce Livre, da qui ont quelque connoissance de la Ph"fique , qu? je n'ai point du tout prétendu les

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