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caste) qui se permettait de s'asseoir à côté d'un homme de la première caste (un Brahmane), à être marqué au-dessous de la hanche qui avait souillé ses vêtements. Nous ne parlerons pas des lois pénales du moyen âge, non moins curieuses que celle-ci, etc.

La plupart des législations anciennes donnaient aux époux droit de vie et de mort sur leurs femmes, aux pères droit de vie et de mort sur leurs enfants, aux maîtres droit de vie et de mort sur leurs esclaves. Les droits du souverain sur ses sujets n'avaient quelques limites que relativement aux premiers personnages de l'Etat.

L'on voit donc, au premier coup d'oeil, que les législations des peuples ont été jusqu'ici à peu près partout confuses, incomplètes et toutes favorables aux premières classes de la société.

CHAPITRE V.

BUT DE LA FONCTION SCIENTIFIQUE D'HISTORIEN DES

MORALES DES PEUPLES.

Voyons maintenant, en deux mots, quelles étaient les morales des peuples passés en général,

La morale, comme tout le monde le sait, détermine les vertus et les vices concernant l'exercice des droits et des devoirs de la société.

Jusqu'à présent, la morale a été aussi arbitraire que la science et la législation. Ce n'était qu'exceptionnellement qu'on proclamait des vertus et des vices communs à tous les hommes ; les esclaves et les gens obscurs n'étaient point considérés comme ayant une valeur morale. Nulle part on n'avait spécialisé les vertus et les vices relatifs à l'exercice

des droits et des devoirs concernant chaque fonction et chaque autre état civil de la société, en sorte que la religion et la philosophie paraissaient leur être étrangères. Mais, au contraire, nous trouvons que c'était un vice abominable et même un crime ici de maltraiter tel ou tel animal divin, de ne pas lui sacrifier des victimes, là de laisser éteindre le feu sacré, de négliger certaines ablutions, de ne pas observer les jeûnes prescrits et tant d'autres pra. tiques mystiques, de manière qu'on ne tenait qu'un compte fort médiocre de la moralité qui s'adressait aux relations les plus essentielles de la société, et qu'on était d'une sévérité excessive relativement à l'inobservation des pratiques dont la valeur était très-hypothétique et pouvait, tout au plus, profiter à quelques privilégiés.

Cependant, en déplaçant la morale, on détourne le but que l'homme doit atteindre. Il est évident que nous avons été créés pour la société, que c'est la société qui développe nos facultés et donne satisfaction à nos besoins légitimes; que la pratique de la société est le problème le plus élevé que l'homme puisse se proposer, que rien n'est plus difficile ni plus noble que de pratiquer les prescriptions de la vie sociale sans faute, s'il m'est permis de m'exprimer ainsi; que c'est le seul moyen pour l'homme de se rapprocher de plus en plus de la Divinité. Voilà ce que les moralistes ne devraient pas oublier. Bien faire donc la morale, c'est mettre l'homme dans les meilleures conditions pour accomplir la mission que sa conscience lui révèle et que lui indique sa vocation. Sortir de la morale, c'est sortir de la réalité. C'est vouloir s'égarer et égarer nos semblables.

Il est vrai, les hommes tendent de plus en plus à moraliser les objets qui touchent de plus près à notre existence, leur foi et leur amour se rapprochent successivement des

institutions sociales. La philosophie moins vague ou moins abstraite quitte les régions idéales pour s'appliquer à l'examen et à la modération des habitudes relatives à nos divers états civils; mais que de cérémonies, que de mots inutiles qui nous font perdre de vue l'objet essentiel, savoir : le perfectionnement de notre nature par le développement de nos facultés et la satisfaction légitime de nos besoins sociaux suivant les lois de Dieu.

Telle est la différence qu'on aperçoit dès l'abord, entre la science des sociétés passées et celle de la société de l'avenir, entre leurs législations et leurs morales.

La méthode positive ne se bornera pas à indiquer la confusion communale et nationale, le défaut de lien international des peuples du passé, la confusion et l'oppression du plus grand nombre des états civils que leur société consacrait, par suite l'infériorité de leur législation et de leur morale; elle établira autant que possible la forme, l'action, les propriétés et les rapports naturels, physiologiques et médicaux, de toutes leurs institutions, afin qu'on puisse reconnaitre avec certitude quelles étaient celles qui se rap

prochaient le plus de l'organisation que nous recomman• dons à l'estime des hommes.

BILAN

DÉS

SOCIETĖS PASSÉES ET DE CELLE DE L'AVENIR.

En méthode

En science

Théocraties. Autorité de foi divine et de force armée. Autocraties. Autorité .de force armée et de volonté personnelle.

Positivisme. Autorité de science d'observation et de juridiction.

Théocraties. Systèmes personnels sur l'univers au nom de la Divinité.

Autocraties. Systèmes personnels sur l'univers au nom du souverain et de l'homme.

Positivisme. Détermination de la forme, de l'action, des propriétés et des rapports des divers mondes ou systèmes de l'univers.

Théocraties. Organisation des fonctions et de certains états civils des premières classes de la société par le pouvoir théocratique public et privé.

Autocraties. Organisation des fonctions et de certains états civils des premières classes de la société par le pouvoir autocratique public et privé.

Positivisme. Organisation de toutes les fonctions et des autres états civils de la société suivant la science par la prévision communale, nationale et internationale. Théocraties. Dogmes, morales et cultes du

polythéisme sentiment mystique suivant le veu du

monothéisme sacerdoce et du souverain.

En société

ou

En

b religion. Autocraties. Dogmes, morales et cultes du

(polythéisme sentiment mystique suivant le vou du

monothéisme souverain.

Positivisme. Dogme, morale et culte du sentiment, ou régularisation de la foi et de l'amour de Dieu et des bommes suivant la science.

rationalisme Théocraties. Dogmes, morales et cultes de la

individuel. raison mystique.

matérialisme Identité

Le plus souvent le rationalisme panthéisme philosophique a été un instruidéalisme

ment de la religion et du pouvoir.

Le plus souvent le rationalisme philosophie. Autocraties, panthéisme philosophique a été un instru

ment du pouvoir. Positivisme. Dogme, morale et culte de la raison, ou régularisation de l'examen et de la modération relativement à la science et à la société, suivant les lois providentielles.

Théocraties. La législation consacre des priviléges en faveur des premières classes de la société, impose des charges excessives aux classes inférieures, prive les esclaves de tout droit et réprime brutalement les infractions aux lois.

Autocraties. Idem, sauf exception.

Positivisme. La législation précise les droits et les devoirs relativement à tous les états civils de la société, établit des avantages et des charges équivalents, et réprime les infractions légales en vue de corriger le coupable.

Théocraties. La morale exalte les vertus qui facilitent l'observation des priviléges des premières classes de la société, et les pratiques du culte national, et met à exécration les vices qui y portent obstacle.

Autocraties. Sauf exception, idem.

la législation

in morale.

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