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PARIS
LIBRAIRIE CLASSIQUE EUGÈNE BELIN

BELIN FRÈRES

RUE DE VAUGIRARD, 52

1893

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AVERTISSEMENT

Nous donnions, il y a trois ans, à la librairie de MM. Belin, une première édition de Tartuffe, dans laquelle nous nous étions contenté de faire précéder la pièce d'un récit abrégé de la lutte excitée par l'apparition de ce chef-d'æuvre. Plus tard, dans nos éditions classiques de l'Avare et d’Andromaque, mieux instruit des nécessités du programme, nous avons développé davantage les Notices préliminaires, étudié l'organisme dramatique de chaque pièce, analysé les caractères, introduit quelques considérations générales sur le style. Notre peine n'a pas été perdue. C'est pourquoi, encourage et par les témoignages bienveillants de nos collègues et par l'inscription de notre édition d'Andromaque aux programmes de l'agrégation de grammaire, nous avons songé à reprendre notre Etude de Tartuffe, à la compléter, à la disposer sur le même plan que celle d'Andromaque.

Ce travail nous a conduit peu à peu à revoir notre premier commentaire, à l'augmenter, à y faire entrer les remarques qui depuis sa publication nous avaient été suggérées par nos lectures, à en marquer davantage le caractère philologique, à vérifier enfin, par un plus complet appareil de citations, l'usage constant et régulier de ces termes ou de ces tournures dont on a si souvent, et naguère encore, contesté à Molière l'exactitude, la précision ou la correction.

La librairie, à laquelle nous sommes fidèlement attaché et sincèrement reconnaissant, ayant bien voulu consentir aux frais toujours considérables d'une nouvelle mise en æuvre, c'est donc une édition absolument nouvelle, - sinon toujours bien neuve ! que nous offrons aux élèves comme aux professeurs, souhaitant que notre Commentaire rende plus facile aux uns, plus fructueux aux autres, le travail de la classe, et que notre Notice, d'où nous avons écarté tout délail d'éru

ou de trop ingénieuse curiosité, soit de quelque utilité pour l'étude ou l'enseignement de notre histoire littéraire, du moins en ce qui concerne Molière, son cuvre et son génie.

dition pur

NOTICE

SUR LE THÉATRE DE MOLIÈRE

Ce n'est point une biographie de Molière que nous nous proposons de donner ici ; mais, en rappelant quelques dates importantes de la vie de notre grand poète comique, nous voulons simplement marquer les moments principaux de sa carrière dramatique, mettre en relief ses æuvres les plus dignes d'admiration, montrer enfin les différents aspects et le développement progressif de son génie.

Pour rendre cette étude plus facile à nos jeunes lecteurs, faisons d'abord remarquer que ce développement offre trois périodes bien distinctes1. A la première appartiennent les débuts de Molière comme poète comique, comme acteur et comme directeur de théâtre, soit en province, soit à Paris; elle se prolonge jusqu'au moment où il entre en pleine possession de son génie, c'est-à-dire jusqu'aux représentations de l'Ecole des femmes (1662). Avec l'Ecole des femmes commence la série des grands chefs-d'œuvre, et aussi des difficultés suscitées par les rivalités jalouses des comédiens et des auteurs, et surtout par la cabale des faux dévots : c'est la période la plus féconde à la fois et la plus troublée; presque tout entière remplie par la grande lutte qui se livra autour de Tartuffe, elle se termine par le triomphe de ce chef-d'ouvre (5 février 1669). Dans la dernière période enfin, Molière revient avec une prédilection très marquée à la farce, mais à la farce singulièrement agrandie et relevée, mêlée de cheurs bouffons, de parodies, de mascarades, de scènes aristophanesques, au milieu desquelles les caractères se développent avec une vigueur, une précision, une nelteté vraiment dignes de la haute comédie.

Telles sont les trois époques de la vie de Molière que nous allons rapidement étudier, en donnant tout d'abord lez ren

1. La division ordinairement adoptée est peut-être plus simple, puisqu'elle n'admet que deux périodes très nettement séparées par l'établissement définitif de la troupe de Molière à Paris. Toutefois celle que nous proposons nous parait assez juste, parce qu'elle se fonde surtout sur les caractères principaux des cuvres de l'auteur que nous étudions et s'attache à mieux distinguer ces trois manières qu'on aime à chercher et à trouver dans lout poèle et toul artiste.

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