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faux en bonne philosophie et erroné dans la foi; en tout, qu'il était expressément contraire à la sainte Écriture. On lit sa rétractation dans Riccioli avec le décret de l'inquisition qui la précède ; on ne se borna pas à exiger de Galilée cette rétractation ; par une rigueur révoltanie on le condamna à une prison perpétuelle, en punition de sa rechute ; car il avait déjà subi une première condamnation. A la vérité on se réservait de lui faire grace. Mais ou le retint encore un an dans la prison de l'inquisition, et lorsqu'on le relâcha, on prit des mesures pour qu'il restât en quelque sorte toujours sous la main de l'inquisition, en lui ordonnant de ne point sortir du territoire de Florence :

Il était donc tout simple que Roberval, voulant soutenir le même système, craignit de s'exposer au même châtiment; et, dans l'ouvrage qu'il publia onze ans après, c'est-à-dire en 1644, il fit très-prudemment de se cacher sous le nom d'Aristarque de Samos; et Baillet aurait dû l'excuser, quoiqu'il eût raison de s'élever contre ces changements de noms qui peuvent produire des équivoques assez fâcheuses.

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1. Almagestum novum, tom. II, lib. ix.

2. Histoire des Mathématiques , par Montucla, tome II, page 295.

C'est saus doute l'ouvrage de Roberval, et non celui publié par Wallis, que Voltaire vou

, lait attaquer comme supposé, et l'édition que j'ai publiée en 1810 présente dans toute sa pureté, un ouvrage composé depuis vingt-un siècles.

On ne comprend pas sur quelle autorité M. Schoell, dans la seconde édition de son Histoire de la littérature grecque', a pu

dire

que le texte d’Aristarque avait été corrigé dans cette édition par M. de la Porte du Theil. J'ai la preuve matérielle que c'est à moi seul qu'est dû le succès de cette pénible entreprise , et la collation des huit manuscrits. Je n'avais aucune raison de placer mon nom en tête de l'ouvrage du vivant même de M. du Theil, si l'édition ne m'avait pas véritablement appartenu , et M. du Theil aurait eu lieu d'en étre surpris.

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NOTE 2, page 304.

L'abbé Barthélemy trouva le prélat Baiardi occupé à répondre à des inoines de Calabre, qui l'avaient consulté sur le système de Copernic. a Le prélat répondait longuement et savamment à leurs questions, exposait les lois de la gravitation, s'élevait contre l'imposture de nos seps, et finissait par conseiller aux moines de ne pas troubler les cendres de Copernic. » (Voyage en Italie.)

1. Histoire des Mathématiques, par Montucla, tome III,

pago 374.

Note 3, page 318.

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Sto L'auteur est un peu sévère ici sur les géomètres. Euclide , qu'il ne nomme point et qui ne passe point pour avoir été inventeur, a transinis son ouvrage à la postérité la plus reculée. Cet ouvrage a été traduit dans toutes les langues et a eu une infinité d'éditions. Lorsque Archimède, seul contre les Romains, défendit la ville de Syracuse avec le secours de ses machines, Polybe ne s'est-il

pas

honoré lui-même en transmettant à la postérité le souvenir de ce chefd'oeuvre de l'industrie humaine ? Lorsque Newton, en observant la chute d'un fruit détaché d'un arbre , y découvrit le principe par lequel les astres étaient mus dans le ciel, et calcula le mouvement des corps célestes, Voltaire n'a-t-il pas honoré la poésie par les beaux vers où il a célébré ce triomphe de l'astronomie? Dire qu’Archimède et Newton ne seraient rien sans Polybe et Voltaire, est-ce rendre justice aux savants qui sont la gloire de l'esprit humain? J'en appelle à l'auteur lui-même qui reconnaîtra que

Descartes et Pascal n'auraient pas écrit aussi bien qu'ils l'ont fait tous deux, s'ils n'avaient pas été géomètres. Les Épicuriens rejetaient les plaisirs que procure l'étude des mathématiques. Mais ils ont été combattus sans réplique par le judicieux Plutarque. Voyez le Traité où il soutient qu'on ne peut vivre, même agréablement, en suivant la doctrine d’Épicure ! C'est lui, bien plus que Polybe, qui a contribué à la gloire d'Archimède par ce qu'il dit de lui dans la Vie de Marcellus, et ailleurs. Cicéron s'est félicité avec raison d'avoir découvert le tombeau de cet habile géomètre, dont les ouvrages ont été imprimés aussi souvent que ceux de Polybe.

1. Voyez la traduction de ses auvres morales, par Ricard, tome XIV, pages 446 et suiv.

FIN DU TOME TROISIÈME.

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