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RAPPORT

SUR LE

CONCOURS D'HISTOIRE

CONCOURS

FAIT A L'ACADÉMIE

DANS SA SÉANCE DU 4 MAI 1876

AU NOM D'UNE COMMISSION COMPOSÉE DE

MM. A. BELLEVOYE, E. de SAULCY, et l'abbé A. Ledain, rapporteur.

Messieurs,

Un seul travail vous a été adressé pour ce Concours, mais par son étendue il paraît avoir donné lieu à d'assez longues recherches. Le sujet choisi est l'un des sujets indiqués dans vos derniers programmes, et le titre qui y a été mis est celui de Notices historiques sur la ville et la collégiale de Hombourgl'Évêque.

Dans un court Avant-propos, l'auteur dit quelques mots de l'importance que dût avoir le château de Hombourg, par sa situation sur un immense rocher; aujourd'hui il n'en reste plus que des ruines. Il existe sur ce château des traditions populaires, et on en raconte certaines légendes; mais, sans s'arrê

ter à des histoires plus ou moins merveilleuses, l'auteur veut uniquement s'attacher à des données historiques qui ne puissent être révoquées en doute.

Le nom de Hombourg paraît avoir été formé de la réunion de deux mots, dont le premier signifie une élévation, une hauteur, et le second, bourg, ou plutôt burg, a le sens de château, de forteresse. Plus tard, il fut appelé Hombourg-l'Évêque, lorsqu'il eût passé dans le domaine des évêques de Metz.

Sans nous avoir fait connaître la famille des puissants seigneurs, auxquels avait appartenu ce domaine féodal, et sans aucune sorte de transition, l'auteur aborde la fondation de Hombourg-l'Évêque par Jacques de Lorraine. Ce prélat était fils de Ferri II, et frère de Thiébaut Ier et de Matthieu II, qui régnèrent en Lorraine. Quelques traits peignent le caractère et les grandes qualités de ce prince lorrain, qui reçut, en 1239, la consécration épiscopale dans la cathédrale de Metz, où il avait été chanoine et princier.

Entré en possession des domaines de l'Évêché, Jacques de Lorraine entreprend le rétablissement des châteaux qui servaient à leur défense. Celui de Hombourg est un des principaux. En 1254, des travaux considérables sont commencés et de grandes sommes sont dépensées. Avec la forteresse établie sur une montagne, une ville est aussi créée; des moulins sont contruits et des étangs creusés. Enfin, Jacques de Lorraine fonde un chapitre de treize chanoines, et place le moustier sous le vocable de la sainte Vierge et de saint Étienne, premier martyr. Pour la charte de fondation et l'organisation du chapitre, l'auteur a cité Meurisse, dom Calmet, et les archives de la Moselle.

Par suite des travaux de fortification exécutés à

Hombourg-l'Évêque, cette place est devenue trèsimportante. Ferri III, duc de Lorraine, qui a pris de l'ombrage de la puissance des évêques de Metz, vient, en 1263, pendant l'absence de Philippe de Florange, s'emparer de la forteresse de Hombourg, qu'il ne réussit pourtant à conserver que jusqu'en 1277. Hombourg et cette partie de l'Évêché deviennent encore la cause ou le prétexte de nouvelles attaques de la part du même duc de Lorraine ligué avec le comte de Bar.

Toutes les donations faites, et les priviléges accordés au chapitre de Hombourg, sont rapportés sous leurs dates respectives.

En 1260, Louis, comte de Hombourg, avait rendu hommage à l'évêque de Metz pour la forteresse de Hombourg.

En 1302, l'évêque Renaud de Bar reçoit, à Hombourg, le serment de fidélité des chanoines, du châtelain, des avoués, des sous-avoués et des principaux habitants. Il y fait aussi plusieurs ordonnances. En vertu de l'une d'elles, le doyen de la collégiale doit assister à l'élection des officiers civils de Hombourg, ils sont obligés à prêter devant lui et le châtelain, serment de fidélité à l'évêque.

En 1321, Henry Dauphin, soixante-dixième évêque de Metz, dans le but de faire face à certaines dépenses, engage Hombourg à Ferri IV, duc de Lorraine; mais, en 1325, l'évêque Louis de Poitiers rentre en possession du château et de la ville.

En 1337, la châtellenie passe au comte de Saverne, mais à la condition de rendre hommage pour cette place à l'évêque Adémar, et de réparer les fortifications qui tombaient en ruine. La lettre,

écrite à ce sujet par Adémar, est textuellement rapportée.

De nouveaux travaux de réparation et d'agrandissement de la ville et du château sont exécutés, en 1382, par l'ordre de Thierry V, de Boppart, et les droits, franchises et exemptions, précédemment accordés aux bourgeois, habitants et résidents, sont approuvés et confirmés par les évêques Jean de Vienne, en 1363, et Raoul de Coucy, en 1390.

Par un acte du 9 août 1396, et daté du château d'Albestroff, Raoul de Coucy engage, avec faculté de rachat, à Charles II, duc de Lorraine, la moitié du château et de la ville de Hombourg, et de plusieurs domaines qui en dépendent, mais sous la réserve expresse des libertés et franchises dont jouissent les habitants.

Pendant le XIVe siècle, Hombourg, pour la justice, est du ressort du bailliage de Boulay et de la GrandeCour de Saint-Avold. Suivent quelques détails sur cette organisation judiciaire.

En 1349, une cruelle maladie, la peste noire, avait fait invasion en Lorraine et dans cette partie du pays, à la suite des ravages causés par les guerres continuelles entre les seigneurs.

Ici, l'auteur rappelle et passe en revue les donations faites et les priviléges accordés, dans le cours de ce siècle, par les évêques de Metz au Chapitre de Hombourg.

En 1467, George de Bade rachète Hombourg, et les autres domaines engagés, moyennant 15000 florins, qu'il paie à René d'Anjou, duc de Lorraine.

L'auteur revient en arrière sur plusieurs événements du XVe siècle : les plus importants pour la collégiale de Hombourg sont la déclaration d'union

de la paroisse au Chapitre, et, en 1436, l'institution par le pape Eugène IV de la dignité de doyen au lieu de celle de prévôt. En 1486, l'évêque Henri de Lorraine donne aussi un règlement à la corporation des bouchers du domaine épiscopal. En 1494, le même prélat assigne encore au doyen et au Chapitre une rente de trois muids de sel, à prendre annuellement, au terme de Pâques, sur les salines de Marsal, mais à la charge de célébrer, chaque année, un service solennel pour les évêques de Metz.

Nous arrivons au XVIe siècle. A cette époque, les villes avaient pris un assez grand développement, et l'aisance régnait dans les campagnes. Cependant, dès le commencement, c'est-à-dire vers 1502, la Lorraine fut encore cruellement éprouvée par la peste et par la famine. La terrible maladie de la lèpre n'avait pas non plus disparu, et il devenait nécessaire, quelquefois, de retrancher de la société de ses semblables, et de reléguer dans la solitude l'infortuné qui en était atteint, en l'accompagnant du lugubre cérémonial alors en usage.

La châtellenie de Hombourg-l'Évêque, qui, ainsi que nous l'avons vu, avait été rachetée, en 1467, par l'évêque George de Bade, est de nouveau engagée, non plus au duc de Lorraine, mais à Philippe, comte de Nassau-Sarrebruck. Après avoir eu, sous l'autorité des évêques de Metz, plusieurs châtelains, Bernard de Sarrebruck, en 1508, un baron de Hunolstein, en 1515, et Jean de Helmstadt, en 1521, la châtellenie de Hombourg-Saint-Avold, avec tous les villages qui en dépendent, est engagée, en 1551, sous certaines conditions et réserves, par le cardinal de Lenoncourt au comte de Nassau-Sarrebruck, pour la somme de 15000 florins d'or, monnaie des quatre

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