Page images
PDF
EPUB

Société à essayer une exposition de l'industrie du département de la Moselle en 1825, qui fut suivie d'une autre en 1828, celle que visita le roi Charles X. L'Académie en fit une institution périodique, et la Moselle eut son exposition industrielle en 1837, en 1843, en 1849.

L'industrie mosellane, qui avait fait ses preuves à Paris en 1855, ne craignit pas de se mesurer avec les contrées voisines, et eut lieu en 1861 l'exposition internationale que nous ont chantée MM. F. Munier et Collignon.

Notre Société a provoqué d'autres concours, mais spéciaux à l'agriculture. Déjà en 1758 on lui présentait un semoir mécanique dont l'essai eut lieu dans les plaines de Cuvry, à côté de trois autres inventés par les membres de la Société : Pieronnier, Lepayen, Morel de Chevillon. Notre Compagnie semble avoir eu peu de tendance à pousser le paysan mosellan vers l'emploi des mécaniques agricoles, si ce n'est la machine à battre. Elle constatait avant la Révolution le dépérissement de notre agriculture et elle l'attribuait à la division extrême des héritages, à l'insuffisance des règlements de police rurale et à la funeste pratique de la vaine pâture. Il faut avouer que la question en est au même point aujourd'hui où l'a laissée notre ancienne Société. Nous devons néanmoins à celle-ci de grandes améliorations. Ainsi, un de ses membres, Parmentier, nous a fait connaître le précieux tubercule qui est devenu la base de notre nourriture, la pomme de terre; Commerell, Buchoz racontèrent leurs expériences sur la betterave qui prouvaient qu'on pouvait extraire de cette racine une substance capable de remplacer le sucre de canne. Disons bien haut que si le pays mosellan est riche aujourd'hui en prairies artificielles, c'est à notre Société qu'il le doit, et principalement au baron de Tschoudy qui, le 19 décembre 1763, communiquait ses expériences sur la culture de la luzerne à Colombey, et le 26 novembre 1770 celles sur le trèfle.

Barbé Marbois, au retour d'Amérique, préconisa le plàtrage du trèfle qu'il avait vu opérer par Franklin, et M. de Humbepaire commençait ces essais de l'emploi du plâtre sur son domaine de Borny, tandis qu'à côté de lui, à Plantières, Dominique Sirnon créait des pépinières devenues célèbres et fondait la réputation de l'arboriculture messine.

Dans cette région, en 1826, à Grimont, l'Académie de Metz procédait à des expériences comparées sur la charrue Dombasle et sur les charrues de la vallée de la Nied, expériences qui furent continuées à Montcel avec les charrues de la Woivre. En 1832, l'Académie assistait à l'expérimentation de la charrue de Grangé, un simple paysan vosgien, et en 1834 elle faisait l'essai de la charrue Chardard.

En 1861, nous fùmes témoins de la mise en cuvre de la charrue à vapeur. Cette expérience provoquée par la commission agricole de l'Exposition de Metz, en partie composée de nos membres, s'accomplit très-heureusement sous les yeux d'une foule immense dans les champs du château de Frescati. Cet épisode émouvant de l'agriculture mosellane a été fidèlement reproduit par le burin d'un de nos collègues, M. Etienne, graveur. Les juges du concours furent accueillis de la façon la plus gracieuse par la famille de M. Emilien Bouchotte, notre collègue, secrétaire de la Commission. La discussion sur l'avenir du labourage à la vapeur, et des faucheuses et des moissonneuses mécaniques eut lieu dans le salon où dix ans plus tard devait se signer la capitulation de Metz.

Capitulation de Metz! ces trois mots tracés en caractères ineffaçables au fond de nos caurs, nous avertissent qu'une ère nouvelle s'est ouverte pour nous. Est-ce une ère de prospérité matérielle et morale? Dieu seul le sait.

Quoi qu'il advienne, l'Académie ne faillira point å sa tâche civilisatrice; ce qu'elle a fait dans le passé est un sûr garant de ce qu'elle est capable de faire dans l'avenir pour le bien de notre patrie.

COMPTE RENDU

DES

TRAVAUX DE L'ACADÉMIE DE METZ, ,

PENDANT L'ANNÉE 1875-1876,

PAR M. SCHUSTER, SECRÉTAIRE.

En iceluy temps rengnoit à Mets une manière de confrairie ou de chappistre, dont étoient aulcuns, qu'on disoil estre gens sçawans en plusieurs airts et en plusieurs sciences...... Et nommoit-on icelle confrairie Akadémie, sans que le commun puple sceut le pourquoi.....

(Chronique du XVI siècle.)

Messieurs,

On a plus d'une fois reconnu que les hommes de talent et de mérite sont précisément ceux qui pardonnent le plus facilement à la faiblesse et à l'insuffisance d'autrui. Pénétré de cette vérité d'observation, je devrais donc être parfaitement tranquille et rassuré en prenant en ce moment la parole devant vous. Je devrais me répéter que je puis compter sur un grand fonds d'indulgence de votre part, que je ne trouverai point en vous des juges sévères. Cependant quand je considère l'étendue et la difficulté de la tâche que vous m'avez confiée, je ne puis me désen

« PreviousContinue »