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dre! et je me plaignois !_" Mon fils, me dit-il

, vous n'êtes pas bien, ne sortez pas aujourd'hui, votre père

vous en prie.”—Il s'en alla sans attendre ma réponse ; et je restai comme attaché dans cette chambre: il m'auroit été impossible de sortir,

Accablé d'idées sombres je sentois sans regret mes forces diminuer, ma jeunesse se flétrir. “Près de ma fin,

me disois-je, il permettra que la main “ d'Athénaïs presse la mienne.”

Foible, fatigué, je m'étois jeté sur un canapé, et m'y étois endormi. En m'éveillant je vis mon père assis près de moi. Des larmes couloient de ses yeux: je me relevai presque console: mon père me plaignoit ..... Je pris sa main; il me l'abandonna, et sans me regarder, et bien bas, comme s'il eût

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me

craint de s'entendre :-“ Mon fils,

dit il, je ne puis consentir, encore moins contribuer, au mariage

que vous désirez; partez pour Pa“ ris, arrangez votre bonheur comme

vous l'entendrez; envoyez-moi les

papiers où mon nom sera nécessaire; " je les signerai sans les lire;" et il trembla en ajoutant: “ La femme que

vous m'amenerez sera ma fille. Je me précipitai à ses pieds. “ sez-moi à ma douleur, lui dis-je,

ou consentez sans réserve. Peut“ être qu'Athénaïs accepteroit aujour« d'hui la condition que vous im

posez; mais le temps viendra où elle “ la trouvera offensante, et me repro“ chera sa foiblesse. Mon père, je vous “ en conjure, prenez pitié de mon r6 avenir." Il

essaya

doucement

“ Lais

de m'éloigner; je l'entourai de més bras. " Mon père, voulez-vous que

j'aille à l'autel sans être béni par vous ?

que mes enfants l'apprennent un jour? et autoriserez-vous d'a

vance leur manque d'attachement, " de respect pour moi?-Ah! Eugène, "reprit-il tristement, ne seroit-il pas “ juste que vos enfants vous punissent “ des chagrins que vous me causez?

- Oui, s'ils ignorent que, ne pouvant vivre sans Athénaïs, j'aimois “ mieux mourir que de vous déplaire; “ s'ils ne voient que votre fils aban“ donné par vous dans l'action la plus “ solennelle de sa vie; mon père, vos

vertus mêmes me condamneroient." " --Eugène,” me dit-il, et il se pencha vers moi, comme pour adoucir ses reproches, "croyez-vous remplir tous vos

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devoirs, en forçant ma volonté ?"« Loin de la forcer je m'y soumets; “ défendez-moi d'être heureux, je souf“ frirai et me résignerai.”-“ Ingrat! “ S'écria-t-il, pensez-vous donc que

j'aie oublié qu'on peut s'éteindre et “ mourir de douleur ?..... Chaque jour

je vous examine avec inquiétude. « Mon fils ! vous êtes pâle de la mala“ die de votre mère.... Tout à l'heure

encore, pendant votre sommeil, je “ regardois votre jeune tête inclinée, " souffrante, et me disois : faudra-t-il “ revoir une seconde fois la fin lente " du malheur?”—“Si j'avois su que de " si cruelles pensées vous déchirassent, “ n'en doutez pas, mon père, je me se“ rois contraint et vous aurois dissi« mulé mes peines.”—Hé bien ! me demanda-t-il avec l'accablement d'un homme qui renonce à lui-même,

Eugène, que faut-il que je fasse?"“ Venez avec moi, voyez, connoissez “ Athénaïs; ensuite, quelle que soit " votre volonté, je m'y soumettrai.”' Il céda à ma prière ; le jour d'après nous partîmes pour Paris. A la dernière poste j'ordonnai d'aller à l'hôtel d'Estouteville : il étoit loin de le prévoir; mais je connoissois trop la violence qu'il se faisoit pour retarder cette visite promise et nécessaire.

Il s'aperçut de mon dessein lorsque nous étions près d'arriver. Mon fils ! s'écria-t-il, sans pouvoir prononcer une seconde parole : la voiture entroit dans la cour; nous montâmes chez madame de Rieux. — “ Je ne vous “ amène pas encore un père, lui dis

je, mais un ami.” - Ne s'attendant

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