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(15 centimes dans les départements et dans les gares de chemins de fer.)

LA

SEMAINE DES ENFANTS

MAGASIN D'IMAGES ET DE LECTURES AMUSANTES ET INSTRUCTIVES.

PUBLICATION DE CH. LAHURE ET Cio. IMPRIMEURS A PARIS.

On s'abonne à Paris : au Bureau du Journal, rue de Fleurus , 9; à la librairie de MM. L. Hachette et Cie, boulevard Saint-Germain, 77, et chez tous les Libraires. — Les abonnements se prennent du før de chaque mois. Paris, six mois, 6 francs ; un an, 11 fr. Départements, six mois, 8 fr.; un an, 15 fr. – Les manuscrits déposés ne sont pas rendus.

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SOMMAIRL.
RÉCITS HISTORIQUES : Entrée triumphale de Jésus dans Jérusalem;

Vengeance de Démétrius. · CONTES, HISTORIETTES, DRAMES :
Deux querelles en un quart d'heure, petit drame. — VARIÉTÉS :
La première communion de François-René de Chateaubriand;
Morale de l'enfance (suite); Le loup et le hérisson, fable, –
TABLE DES MATIÈRES.

RÉCITS HISTORIQUES.
ENTRÉE TRIOMPHALE DE JÉSUS

DANS JÉRUSALEM.
Le terme de la carrière mortelle du Sauveur appro-
chait; il n'avait plus que six jours à passer sur la terre.
Il voulut aller à Jérusalem, où le peuple, enthousiasme
par le bruit de sa vertu et de ses miracles, brûlait de le
voir.

En chemin, il s'arrêta à Béthanie, dans la maison de
ce Lazare que peu auparavant il avait rappelé du tom-
beau après quatre jours d'ensevelissement.

Jérusalem et ses environs étaient alors remplis d'une
multitude immense accourue de toute part pour célé-
brer la fête de Pâques.

Une foule considérable se rendit à Béthanie, non-seu-
lement à cause de Jésus, mais aussi pour s'assurer, en
voyant Lazare, de la réalité du plus grand des miracles
qu'il avait opérés.

Sur le soir, avant qne Jésus se mît à table chez ses
hôtes, une sæur de Lazare, nommée Marie, apporta un
vase rempli d'une huile parsumée très-précieuse; elle
lava les pieds de Jésus avec cette huile, dont l'odeur
délicieuse se répandit dans toute la maison, et, dé-
nouant ses longs cheveux, elle s'en servit pour lui es-
suyer les pieds.

Un des disciples présents (c'était Judas) dit :

« N'eût-il pas mieux valu vendre ce parfum, dont on
aurait tiré trois cents deniers d'argent, et les donner
aux pauvres? »

Jésus répondit avec douceur :

« Ce qu'a fait cette femme sera loué partout où sera
prêché mon Évangile. Car vous aurez toujours des pau-
vres parmi vous; mais moi, vous ne m'aurez pas tou-
jours.

Il passa la nuit à Béthanie; la foule qui était venue
pour l'y voir, se dispersa, résolue de le recevoir le len-
demain en triomphe dans Jérusalem.

Le lendemain, en effet, jour qui répond à notre di-
manche des Rameaux, Jésus partit de Béthanie avec ses
apôtres; il s'arrêta quelques instants à peu de distance
de la ville, sur une colline devenue depuis si célèbre
sous le nom de montagne des Oliviers.

Il ordonna à deux de ses disciples d'aller chercher,
dans un lieu qu'il leur indiqua, une ânesse avec son
poulain; il choisissait cette monture, soit par humi-
lité, soit parce que dans ce pays, où les chevaux étaient
anciennement très-rares, elle avait été celle des anciens
juges d'Israël; et une prophétie annonçait à Sion que
son roi viendrait vers elle ainsi monté et ne respirant
que la mansuétude et la clémence.

Sur cette monture, les disciples placèrent une housse
faite de leurs vêtements et l'y firent asseoir.

Au-devant de Jésus venait une foule immense com-
posée, non-seulement des personnes qui, la veille, l'a-
vaient vu à Béthanie, mais d'une infinité d'autres.

Sa marche vers Jérusalem fut une marche triom-
phale; quelques-uns étendaient leurs vêtements sur

son chemin; presque tous avaient apporté des palmes
et des rameaux et en jonchaient la route devant lui.

Tous s'écriaient :

« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Ho-
sanna au plus haut des cieux ! »

Ces acclamations redoublèrent quand Jésus entra
dans la ville. Les Pharisiens lui disaient :

« N'imposerez-vous donc pas silence à vos disci-
ples ? »

Jésus leur répondit :
« S'ils gardaient le silence, les pierres parleraient. »

Il entra dans le temple; là, des boiteux et des aveu-
gles lui furent amenés, et il les guérit.

Des jeunes gens, en grand nombre, témoins de ces
miracles, ne purent contenir dans le temple même les
élans de leur enthousiasme. Ils s'écriaient :

« Hosanna au fils de David !o
Les Pharisiens en courroux direut encore à Jésus :
a Entendez-vous ce que disent ces enfants? »
Il leur répondit :
á La vérité est dans la bouche des enfants. »

Ensuite, il fit entendre au peuple ses divins ensei-
gnements, surtout en paraboles, comme c'était son
usage.

Quand la foule se fut écoulée, il s'assit vis-à-vis du
tronc du temple, considérant ce que chacun y mettait,
et il vit des riches y verser des offrandes considérables.
Puis vint une pauvre veuve; elle mit seulement deux
petites pièces de la valeur d'un centime. Alors Jésus,
s'adressant à ses disciples :

a En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a
donné plus que tous les autres, car ceux-ci n'ont pris
que sur leurs richesses, et elle a pris, elle, sur sa pau-
vreté. »

Ce sont là les dernières paroles que Jésus ait pro-
noncées dans le temple.

L'anniversaire du jour de l'entrée triomphale de Jé-
sus dans Jérusalem est célébré par l'Eglise sous le nom
de dimanche des Rameaux; c'est le dernier du carême,
celui qui précède Pâques. On l'appelle ainsi, parce
que les fidèles porteni des rameaux bénits en com-
mémoration des branches d'arbres que portait la foule
qui alla au-devant du Sauveur. En France et dans les
pays du Nord, ces rameaux sont de buis. En Italie et
dans les autres contrées méridionales, ce jour s'appelle
le dimanche des Palmes, parce que pour cette solennité
on fait bénir non des rameaux da buis, mais des bran-
ches de palmier, et on en décore l'intérieur des habi-
tations.

A Rome, le pape distribue ce jour-là, à tous les di-
gnitaires de l'Église et de l'État des palmes de formes
diverses, tressées avec un art merveilleux.

Le dimanche des Rameaux est aussi appelé le jour
de Pâques fleuries.

A. LUCHANT.

VENGEANCE DE DÉMÉTRIUS.
Démétrius Poliorcète, qui régna quelque temps sur
la Macédoine, avait fait beaucoup de bier au peuple
d'Athènes, et lui était très-affectionné. En partant pour
combattre ses ennemis, il laissa sa femme et ses en-
fants dans cette ville. Il perdit la bataille et fut obligé
de prendre la fuite. Il crut d'abord qu'il n'avait qu'à se
retirer chez ses bons amis les Athéniens; mais ces in-
grats refusèrent de le recevoir : ils lui renvoyèrent

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ême sa femme et ses enfants, sous prétexte qu'ils ne Louis. « C'est ta faute! c'est ta faute! » Il n'a que raient peut-être pas en sûreté dans Athènes, où les cela à dire, monsieur Mentor. anemis pourraient les venir prendre.

GEORGES. Dame! tu cours toujours comme un fou, Cette conduite perça le cæur de Démétrius, qui s'é- sans jamais écouter personne. Père te le disait enuit cru aimé de ce peuple.

core.... Quelque temps après il rétablit ses affaires, et vint Louis, l'interrompant avec un mouvement d'irritavec une grande armée mettre le siége devant la ville tion croissante. Et parce que père a dit cela, il faut 'Athènes. Les Athéniens, persuadés qu'ils n'avaient que monsieur le répète dix fois le jour, en manière de ucun pardon à espérer de Démétrius, résolurent de

perroquet.(Il se promene vivement en frappant du pied.) nourir les armes à la main, et rendirent un décret qui GEORGES. Perroquet! perroquet toi-même! (Avec une condamnait à mort ceux qui parleraient de se rendre à intention taquine.) Ah çà i dis donc, Louis, ne te fåche e prince; mais ils ne faisaient pas réflexion qu'il n'y pas, mais permets à M. Mentor, dit Perroquet, de te avait presque point de blé dans la ville, et que bientôt rappeler que ton dessin pour ce soir n'est pas fini Is manqueraient de pain. En effet, après avoir sup- (montrant une grande feuille étalée sur la table); et porté très-longtemps la plus extrême disette, les plus voici le mien tout achevé. raisonnables dirent :

Louis. Laisse-moi tranquille, cela ne te regarde pas ! « Il vaut mieux que Démétrius nous fasse tuer tout GEORGES. C'est possible; mais M. Mentor a l'hon’un coup, que de périr consumés par la faim; peut-être neur et la bonté de rappeler à monsieur l'Étourdi que aura-t-il pitié de nos femmes et de nos enfants. » nous fêtons ce soir l'anniversaire de père (goguenar

Ils lui ouvrirent donc les portes de la ville. Démé- dant), et si tu ne te presses pas, mon pauvre gartrius commanda que tous les hommes mariés se ren- çon.... dissent dans une grande place qu'il avait fait environ- Louis, tout à fait en colère. Tu m'ennuies ! ner de soldats l'épée nue à la main; alors on n'entendit GEORGES, de plus en plus goguenard. Oh! (Imitant dans la ville que des cris et des gémissements. Les l'Anglais.) It is shoking ! Quel dommage d'ennuyer femmes embrassaient leurs maris, les enfants leurs monsieur! pères, et leur disaient le dernier adieu. Quand ils fu- (Louis accourt à ces mois, et d'un revers de main, bouscule tout rent tous dans cette place, Démétrius monta sur un ce qui est sur la table; fleurs, herbier, dessin, tout tombe à lieu élevé, et leur reprochá leur ingratitude dans les

lerre. Louis piétine sur le dessin comme sur tout le reste.

Georges veut retirer son dessin de la mêlée, il est tout matermes les plus touchants; il était si pénétré qu'il ver- culé.... Georges le regarde un instant avec stupéfaction, puis sait des larmes en leur parlant. Ils gardaient un morne

les larmes le gagnent.) silence, et s'attendaient à tout moment que ce prince

GEORGES. Ah! méchant!... Mon dessin, mon pauvre allait commander à ses soldats de les massacrer. dessin perdu!...

Quel fut leur étonnement et leur joie lorsqu'il leur dit: Louis, dont la colère s'est dissipée à la vue du cha

« Je veux vous montrer combien vous êtes coupables grin de Georges. Mon Dieu! mon Dieu! Georges, ne à mon égard; car enfin, ce n'est pas à un ennemi que pleure pas! j'ai eu grand tort!... (Georges continue de vous avez refusé du secours, c'est à un homme qui vous pleurer.) Je t’en prie, console-toi; mon dessin est préaimait et qui vous aime encore, et qui ne veut se ven- paré, les grandes lignes sont faites, prends-le, tu as ger qu'en vous pardonnant et en vous faisant du bien. encore le temps de le terminer. Je vais te tailler tes Retournez chez vous; pendant que vous êtes restés ici, crayons, t'apprêter tout ce qu'il te faut; j'ai de l'encre mes soldats, par mon ordre, ont porté du blé et du de Chine délayée. Je n'aurai pas de dessin à offrir ce pain dans vos maisons. »

A. L. soir à papa, ce sera ma punition.... et il me par

donnera quand je lui aurai tout dit.

GEORGES, ému, embrassant son frère. Merci, mon CONTES, HISTORIETTES, DRAMES.

petit Louis, merci; va, tu es meilleur que moi, et si tu

étais moins colère.... DEUX QUERELLES EN UN QUART D'HEURE. Louis, vivement. Et toi moins sermonneur....

GEORGES, continuant. Nous serions toujours les meilLouis, âgé de treize ans.

leurs amis du monde. Mais je ne veux pas te priver GEORGES, son frère, âgé de douze ans.

de ton dessin; je vais vite recommencer le mien; en La scène se passe dans la salle d'étude des enfants. ne prenant pas de récréation à midi, j'aurai le temps

de le finir. Louis et Georges reviennent de la promenade. — Louis entre en Louis, tout triste. Pourquoi ne veux-tu pas te servir essuyant son front tout trempé de sueur ; il est très-essoufflé.

du mien? Je te l'offrais de bon cœur! Il va déposer dans un coin son filet à papillons; Georges met sur la table d'étude une boîte de fleurs des champs, et va cher

GEORGES, amicalement. J'en suis bien sûr; mais il cher son herbier. Il s'installe tranquillement devant la table, ne faut pas attrister père aujourd'hui, il nous arrive choisit parmi les fleurs celles qu'il veut conserver et se met assez souvent de lui faire de la peine par nos maudites en devoir de les préparer. Pendant ce temps, Louis arpente querelles ! Allons! mettons-nous à la besogne, et surimpatiemment la chambre.

tout ne t'emporte pas.... Louis, d'un ton d'humeur. Ouf! que j'ai chaud !

Louis. Et toi, ne taquine pas! Est-ce ennuyeux de courir pendant une heure pour (Les enfants préparent papiers, crayons, règles, compas, etc., n'attraper que deux méchants papillons jaunes !

et se mettent en devoir de dessiner.) GEORGES, sanş lever la tête. Une autre fois, tu me GEORGES, passant à Louis un crayon qu'il vient de croiras, j'espère ! Je t'ai dit, avant de partir, que le tailler. Tiens ! voilà un crayon soigné! temps n'était pas favorable, que les papillons n'aiment Louis. Merci. Passe-moi le compas, que je mesure pas le vent; si tu es vexé, c'est ta faute.

ce carré.

PETIT DRAME.

GEORGES, se levant. Non, je vais te le mesurer, tu GEORGES. Oui. n'es jamais juste.

(Louis va tracer ses lignes, Georges ne lui en donne pa le temps. Louis, un peu vivement. Comme tu voudras. Mais Georges, saisissant le crayon. Tu vas tout de tracela te retarde.... laisse-moi auparavant tracer ces parallèles; travaille à ton dessin.

LOUIS. Mais non!

vers, écervele!

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& Kotnad

Que c'est ennuyeux de courir ainsi pour ne rien prendre ! (Page 411, col. 1.) GEORGES. Mais si! D'ailleurs, c'est toujours comme GEORGES. Oh! (Imitant l'Anglais.) That is the quesça, tu gâches la besogne.

tion! mon dessin était parfaitement fait. LOUIS, avec humeur. Occupe-toi donc de tes affaires, Louis, regardant Georges qui trace une ligne. C'est et laisse – moi tranquille ! Je dessine aussi bien que possible; mais voici une perpendiculaire qui ne ressemtoi, va !

ble pas mal à

mal à une oblique.

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& Kettais

Ah méchantmon dessin est perdu. (Page 411, col. 2.)
GEORGES, ironiquement et d'un ton piqué. Tu crois ? GEORGES. Je n'ai pas le temps
Cela te va bien, vraiment, de critiquer!...

Louis. Donne donc vite, voyons! (Louis dessine un instant sans répondre, absorbé par sa grande GEORGES, qui se tient gravement le menton en coilattention à bien faire, puis tout à coup.)

templant son modèle. Laisse-moi tranquille, je méLOUIS. Passe-moi la gros-e regle.

dite.

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